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Lassané Bandaogo, banquier à la retraite : « Je suis fier du Bilan des Burkinabè en 50 années d’indépendance ».

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso • • vendredi 10 décembre 2010 à 01h16min

Lassané Bandaogo est un ancien fonctionnaire de la Banque internationale du Burkina (BIB) admis à la retraite. C’est à cœur ouvert que le septuagénaire (73 ans) aborde, dans l’interview qu’il nous a accordée le 29 octobre dernier à son domicile de Ouagadougou, l’avenir du pays et son évolution en 50 ans années d’indépendance.

Lefaso.net : A quel moment avez-vous appris que notre pays devait accéder à l’indépendance ?

Lassané Bandaogo : Nous étions encore jeunes à l’époque. En 1958, nous avions appris de bouche à oreille que la France voulait accorder l’indépendance à huit de ses colonies d’Afrique occidentale. Ainsi, à l’exception de la Guinée, tous les autres Etats avaient voté non au référendum de la même année. Et il a fallu attendre le 5 aout 1960 pour que notre pays accède à la souveraineté. Ce jour là, nous étions très contents de voir le pays libéré. Jeunes, nous avions dansé, bu, et circulé dans les rues jusqu’au petit matin.

Je me rappelle, à cette époque encore, la bière coûtait quarante cinq francs et elle nous venait de la société ivoirienne BRACODI. Il n’y avait pas encore de brasserie en ex- Haute Volta.

Quel souvenir gardez-vous de ces instants chargés d’histoire ?

Avec l’accession aux indépendances, j’ai été frappé par le rapatriement des fonctionnaires français ? Les commandants blancs ont été remplacés par des voltaïques. C’est ainsi que j’ai été engagé quelques années plus tard, en 1962 par la CFCI et je percevais 19 883 Francs CFA comme salaire mensuel. Et lorsque, j’ai perçu ma première paie, je n’y ai pas touché. Mon oncle l’a emportée au village pour la partager à mes parents afin que je reçoive leur bénédiction.

Vous avez vu le Burkina d’aujourd’hui naître. Quel bilan faites- vous de l’évolution du pays après cinquante années d’indépendances ?

Le pays a connu un progrès notable en 50 ans. Quand nous accédions à l’indépendance, là où nous sommes assis actuellement, c’était la brousse. La ville de Ouagadougou se limitait à l’ex- Présidence du Faso et il n’y avait que quatre grands quartiers, Laarlé , Dapoya , Koulouba et Goughin.
Le bilan est donc positif. Imaginez, Ouagadougou n’était pas goudronnée et les routes reliant les chefs- lieux de région ne l’étaient pas aussi. Les indépendances nous ont été profitables puisqu’elles nous permis de construire nos pays. Au regard de tout cela, je suis vraiment fier et content des burkinabè qui se sont rapidement mis au travail.

Un mot sur le domaine dans lequel vous avez servi, la banque .Y’a-t-il eu progrès ?

Bien évidemment. A l’époque, le pays ne comptait que trois banques, la Banque de l’Afrique occidentale (BAO), la BNP /Paris Bas et la Banque nationale de développement (BND). Regardez maintenant, le nombre de banque qu’il y’a. J’ai été embauché le 7 Février 1964 à la BAO, connue plus tard et successivement sous la dénomination de Banque Internationale de l’Afrique de l’Ouest (BIAO) ; Banque internationale et Banque internationale du Burkina (BIB). Quand j’entrais dans cette banque, il y avait moins de noirs que de blancs. Sur un personnel d’environ 75 personnes, les noirs ne dépassaient pas 30 personnes. D’ailleurs, j’ajoute que la banque n’avait pas ses propres locaux. Elle les avait loués.

Les premières installations appartenaient à Bernard Ilboudo. La société a dû par la suite se relocaliser et poser ses installations dans un site, face au grand marché de Rood Woko, parce que le bâtiment de M. Ilboudo était devenu exigu. Le nouveau site aurait été acquis par l’entremise de Fadoul qui lui même l’aurait obtenu d’Ousmane Sibiri. C’est finalement, cinq ans, après mon départ à la retraite, autour des années 1997 que la BIB a construit son siège actuel, un bâtiment, beaucoup plus moderne doté d’équipements que nous, nous ne disposions pas.

Comment envisagez vous l’avenir, à partir du bilan que vous jugez, on ne peut plus positif ?

Il y’a de l’espoir et je reste optimiste que demain sera mieux qu’aujourd’hui. Le maître mot, c’est d’encourager et de sensibiliser la jeunesse et l’amener à se mettre au travail, car c’est elle qui va prendre les rênes du pays.

Adama Bayala, stagiaire

Lefaso.net

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