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Affaire Norbert Zongo : « Même si le bon Dieu venait témoigner... »

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Norbert Zongo • • jeudi 1er février 2007 à 08h27min

Contrairement au parquet, les avocats des familles des victimes estiment que les déclarations de Moïse Ouédraogo dans L’Evénement sont nouvelles, graves, crédibles et suffisantes pour la réouverture du dossier Norbert Zongo. Convaincus que le procureur n’ouvrira jamais cedossier « même si le bon Dieu venait témoigner... », ils ont donné une conférence de presse le 31 janvier 2007 à Ouagadougou.

Le 18 juillet 2006, le juge d’instruction Wenceslas Ilboudo rendait une ordonnance de non-lieu en faveur de l’adjudant-chef Marcel Kafando, l’unique inculpé dans le drame de Sapouy. Malgré cette ordonnance, l’affaire Norbert Zongo est plus que jamais revenue sous les feux de l’actualité burkinabè.

Çà et là, des actions sont menées pour obtenir la réouverture dudit dossier. On a en mémoire celles de Reporters sans frontières (RSF) et du Collectif des avocats des familles des victimes. La dernière en date émane de Moïse Ouédraogo, un cousin de David Ouédraogo (1).

Dans un entretien accordé au bimensuel L’Evénement, Moïse a mis en cause François Compaoré, le frère cadet du président Blaise Compaoré, qui lui aurait déclaré en substance de « ne pas avoir peur des écrits de Norbert Zongo car d’ici là, ça prendra fin... ».

Moïse était allé jusqu’à demander à être entendu par le procureur du Faso, Adama Sagnon. Cela a été fait. Le parquet a même poussé les investigations en entendant également certaines personnes citées par le requérant. Il s’agit notamment de François Compaoré, de Dieudonné Sobgo (un coussin de Moïse) et de Mahamadi Sanoh.

Lors d’une conférence de presse le 25 janvier 2007, le procureur du Faso et le procureur général, Abdoulaye Barry, avaient soutenu que les déclarations de Moïse n’étaient pas crédibles car elles étaient démenties par Dieudonné Sobgo et François Compaoré.

Comme une réponse du berger à la bergère, le Collectif des avocats des familles du dossier Zongo a donné à son tour une conférence de presse pour soutenir le parfait contraire des thèses du parquet.

Les avocats ont fustigé ce qu’ils ont qualifié d’attitude de « procureurs courtiers et courtisans qui, au lieu de s’intéresser au contenu des déclarations de Moïse, l’ont traité de tous les noms. Confondant ainsi leur rôle à celui des VRP (Voyageurs Représentants Placiers) de François Compaoré ».

« François Compaoré qui dit qu’il remplace Emmaüs »

S’adressant aux journalistes, Me Bénéwendé Sankara a déclaré : « Le parquet connaît bien les assassins de votre confrère. Mais il a décidé de ne point poursuivre parce que le dossier Norbert Zongo est clos d’autorité et de fait par la volonté de procureurs qui ont le dos large pour faire ce qu’ils veulent ».

Pour les avocats, aux termes de l’article 189 du code de procédure pénale, les déclarations de Moïse constituent des charges nouvelles de nature à fortifier les charges que le juge d’instruction avaient trouvées trop faibles. On doit donc ouvrir le dossier sinon il y a « déni de justice ».

Ils ont précisé qu’aux termes de l’article 190 du même code, le procureur du Faso est le seul juge de l’opportunité de la réouverture du dossier en fonction des charges nouvelles dont il viendrait à prendre connaissance.

Mais il y a peu de chance que ce dossier soit à nouveau ouvert puisque « le procureur dit qu’il n’y a rien. Qu’il a entendu Moïse et Dieudonné. Il déclare aussi avoir entendu François Compaoré qui dit qu’il remplace maintenant Emmaüs, en faisant dans l’humanitaire. Donc il n’y a rien ».

Pour Me Prosper Farama, « c’est toute la démocratie burkinabè qui est en jeu dans ce dossier ». Puis il a battu en brèche les arguments juridiques avancés par le parquet concernant la non-confrontation entre Moïse, Dieudonné, François et les autres.

Pour lui, on est en enquête préliminaire et cette confrontation peut se faire comme on le fait d’ailleurs dans les services de police et de gendarmerie. Me Seydou Nyanpa à son tour a soutenu que ce dossier est bloqué « parce qu’il y a des personnes qu’on veut protéger ».

Enfonçant le clou, Me Farama a déclaré que le parquet a déjà verrouillé ce dossier et rejettera toute nouvelle charge qu’on viendrait lui communiquer ; et de conclure : « Même si le bon Dieu venait témoigner, le procureur n’ouvrira pas ce dossier ».

Et cette volonté du parquet est tangible selon Me Sankara qui a soutenu que le procureur du Faso a dit à Moïse, lorsqu’il s’est présenté au palais pour faire sa déposition : « Vous êtes courageux ! ».

Une chose est sûre, le quadruple assassinat de Sapouy n’est pas prêt de s’estomper avec le temps. Au contraire. D’ailleurs, ce samedi 3 février 2007, le Collectif d’organisations démocratiques de masse et de partis politiques tient à Ouagadougou une marche-meeting pour protester contre l’ordonnance de non-lieu et pour exiger la réouverture du dossier Norbert Zongo.

San Evariste Barro

Notes : (1) David était le chauffeur de François Compaoré. Accusé de vol, il trouvera la mort suite aux tortures et autres sévices infligés par des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Norbert Zongo enquêtait sur la mort de David quand il a été lui-même assassiné le 13 décembre 1998

Observateur Paalga, San Evariste Barro

Vos commentaires

  • Le 2 février 2007 à 00:04 En réponse à : > Affaire Norbert Zongo : « Même si le bon Dieu venait témoigner... »

    Toi FARAMA, as-tu peur de Dieu pour galvauder son nom comme tu le fais dans ta pseudo conférence de presse. Les croyants, les vrais, les purs, sont ceux qui n’avancent des choses que si la preuve est juridiquement justifiable. Me SANKARA, ton accolyte prétend que les magistrats du parquet savent bien qui a assassiné Norbert ZONGO. ça c’est fort de café et le parquet ne peut pas laisser passer une telle déclaration tonutriante. Si le parquet laisse passer une telle chose, il ne sera plus crédible. Me SANKARA doit être immédiatement convoqué par le Conseil de l’Ordre des Avocats pour s’expliquer sur ses déclarations et, le cas échéant, traduit devant les juridictions pénales burkinabé pour outrage à magistrat. Si le parquet laisse passer une telle forfaiture en pensant ne pas "victimiser" Me SANKARA, c’est la porte ouverte à toutes les dérives et une entorse à notre démocratie qui passe par le respect des institutions judiciaires. Me SANKARA n’est point au dessus des lois et doit exercer sa profession dans le strict respect de la loi burkinabé. Il n’y a pas de faiblesse à avoir dans cette hypothèse. Alors je sais que SAGNON prendra ses responsabilités. A suivre !!! Ange, ouaga.

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