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Commémoration du 23e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo : Le programme des activités dévoilé

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Publié le mardi 7 décembre 2021 à 22h25min

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Commémoration du 23e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo : Le programme des activités dévoilé

En prélude de la commémoration du 23e anniversaire de l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et de ses trois compagnons le 13 décembre 1998, deux organisations ont animé une conférence de presse ce mardi 7 décembre 2021 à Ouagadougou, au Centre de presse Norbert Zongo, pour annoncer le programme des activités. Il s’agit du Collectif des organisations démocratiques de masse et des partis politiques (CODMPP) et de la Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC).

La commémoration du 23e anniversaire de l’assassinat de Norbert et compagnons est placée sous le thème « Face aux velléités ambiantes de blocages et contre toute consécration de l’impunité au nom d’une quelconque réconciliation nationale, poursuivons avec la même détermination la lutte pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo et ses compagnons et pour toutes les victimes de crimes de sang ».

A l’occasion, plusieurs activités seront menées. Il s’agit, entre autres, d’un dépôt de gerbe de fleurs au cimetière de Gounghin suivi d’un recueillement, un meeting à la place de la Nation de Ouagadougou, un hommage à Norbert Zongo, aux martyrs de l’insurrection populaire et de la résistance au putsch du 16 septembre 2015. La commémoration sera marquée aussi par une assemblée générale, des conférences, meetings, marches-meetings au tour du thème de la commémoration dans les régions, provinces, départements et autres localités du pays.
Pour le président du Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), Chrysogone Zougmoré, la lutte doit se poursuivre jusqu’à l’éclatement de la vérité.

Le président du MBDHP, Chrysogone Zougmoré, a appelé à la mobilisation pour ce 23e anniversaire

Sur cet aspect de vérité, Me Prosper Farama, avocat chargé du dossier Norbert Zongo, a laissé entendre que justice sera faite, en présence ou en absence du principal accusé dans cette affaire, François Compaoré, exilé en France. Relativement à l’évolution du dossier en justice, l’avocat a indiqué que les regards sont braqués sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui a suspendu provisoirement l’extradition de l’accusé après autorisation de la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’Etat français. Ce blocus, selon Me Prosper Farama, ne saurait empêcher un procès. « On pourra le juger comme on est en train de faire avec son grand-frère au procès Thomas Sankara », a laissé entendre Me Farama, puis lance : « c’est une famille qui a l’habitude de fuir ses responsabilités ».

« Nous lançons un appel à la jeunesse et à l’ensemble des populations de nos villes et campagnes à faire des activités de ce 13 décembre 2021, un succès d’étape dans la lutte contre l’impunité », a appelé Chrysogone Zougmoré, président du MBDHP.

Me Prosper Farama a rassuré que justice sera faite pour Norbert Zongo et ses compagnons

La gestion de la crise sécuritaire passée au crible

La question de la gestion de la crise sécuritaire au Burkina a également été abordée par les conférenciers, qui estiment qu’elle est chaotique. Pour eux, le régime en place a perdu le contrôle. Et comme pour ne rien arranger, fustigent-ils, ils s’évertuent à ramener les pratiques des régimes d’exception d’antan à travers des interpellations abusives sur des personnes hostiles à leur manière de gérer. Ces arrestations, selon Chrysogone Zougmoré, ravivent la colère des citoyens.

« Ils disent que ce n’est pas le MPP qui a envoyé le terrorisme ou que c’est un phénomène mondial. Ce qu’ils oublient, c’est que dans ces pays, on n’abandonne pas les soldats au front, il n’y a pas de millions de déplacés là-bas », a répliqué Chrysogone Zougmoré pour souligner "l’incapacité du pouvoir en place" dans la gestion de cette crise sécuritaire.

Les conférenciers ont salué la mobilisation de la presse

Me Prosper Farama de renchérir : « Quand l’activiste Naïm Touré avait dénoncé la mauvaise gestion au sein de l’armée, il a été arrêté pour tentative de démoralisation des troupes. Mais aujourd’hui la réalité est là », a-t-il conclu.

En rappel, le journaliste burkinabè d’investigation Norbert Zongo a été assassiné avec ses trois autres compagnons sur la route de Sapouy, dans la région du Centre-ouest, le 13 décembre 1998. Parmi ces trois compagnons d’infortune, il y avait son frère Ernest Yembi Zongo, son ami Blaise Ilboudo et son chauffeur Abdoulaye Nikièma dit Ablassé. Après avoir commencé une enquête sur la mort mystérieuse de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère cadet du président Blaise Compaoré, Norbert Zongo est assassiné le 13 décembre 1998.

Serge Ika Ki (stagiaire)
Lefaso.net

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Messages

  • Mesdames et Messiers, faites vos jeux. Les paris sont lancés : entre les insurgés d’octobre 2014 (ou ce qu’il en reste) et les ultra-communistes, qui remportera la bataille qui s’annonce en ces jours sombres pour le BF ? A moins qu’un troisième larron ne surgissent de nulle part pour rafler la mise !
    Pauvre Haute Volta, le colon n’avait-il pas raison d’avoir supprimé ce pays du concert des nations ?
    Honte aux insurrrescrocs en faso dan fani et au anarcho-syndicalistes qui se croient plus intelligents que tout le monde !!!

    • À ce que tous les burkinabè sachent (sauf les malhonnêtes), ces organisations ont toujours, depuis 22 ans, commémoré la date anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons d’infortune. Alors, question : qu’est-ce que la commémoration de cette année (comme elles en ont l’habitude) a à voir avec de piètres élucubrations ? Si le ridicule tuait !

  • Ah repose en paix.Ceux qui ont mis fin à tes jours payeront tot ou tard.

  • Bonjour
    Honneurs et courage à ceux qui luttent depuis ce funeste jour où un clan mafieux avec des soutiens présents à décidé de tuer un Burkinabè !
    Honte à ceux qui n’ont rien d’autre que la haine de ceux qui ont mis fin au régime mafieux et criminel du clan de Ziniare !
    Escroc ou pas, anarchistes ou pas, on sait où se trouve la peur actuellement !!!
    À Abidjan et à Paris, où la honte mouille ceux qui se prenaient pour des invincibles
    Quant à leurs soutiens locaux, la démence les guette !

  • "...une famille qui a l’habitude de fuir ses responsabilités "
    Quel résumé pathétique ! En très peu de mots le profil de François Compaore et de Blaise Compaore est explicitement établi. Et quand je me souviens que le fond du programme d’un candidat présidentiel (Eddie Komboigo) était : "dès que je suis, je prends l’avion et je fonce chercher Blaise Compaore..." et autres inepties du genre ! Quelle honte, même si je sais que pour certains cela n’a jamais figuré dans leur ’éducation’.

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