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Elisabeth Condé, maire : "Dédougou doit sortir de ses contradictions"

Publié le mardi 10 février 2004 à 14h24min

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Dédougou, agglomération d’environ 40 000 habitants, est le chef-lieu de la province du Mouhoun et de la Boucle du Mouhoun à l’Ouest du Burkina. Commune de plein exercice depuis la relance de la décentralisation dans le pays, Dédougou, originairement Bankuy, est à son deuxième conseil municipal élu.

Depuis décembre 2000, elle est l’unique commune de plein exercice du Burkina Faso à être dirigée par une femme. Cette femme, Mme Kondé née Dayo Hakani Elisabeth, succédant à M. Michel Tamini, premier maire élu de la ville, tente, dans un contexte fait de préjugés négatifs à l’égard de la femme, de donner une impulsion nouvelle à la ville. Tâche pour le moins difficile, eu égard aux limites objectives des recettes fiscales de la commune. Mme Kondé que l’opinion qualifie de volontarisme, a bien voulu répondre à nos questions, entre deux cérémonies du jumelage retour que Dédougou vient de sceller avec la ville française de Douai, le 27 décembre 2003.

Mme le maire, quel bilan pouvez-vous faire de votre mandat à mi-parcours ?

 ? Grand merci d’abord à l’Observateur Paalga de me doner cette opportunité de faire un bilan partiel et rapide de l’action du conseil municipale et d’informer l’opinion nationale que Dédougou vient de sceller un jumelage coopération avec la ville française de Douai. Celà dit j’avoue que je suis quelque peu mal à l’aise face à votre question ; en effet, il est toujours difficile de faire un bilan à mi-parcours. Beaucoup de chantiers sont en cours : la finition du marché central, l’élaboration du plan communal de développement, l’expérimentation de la gestion de l’abattoir communal, le tracer des voies du nouveau lotissement au secteur n¡2. Nous devons attendre d’être au bout du parcours pour faire une appréciation plus objectif de tout cela. Sans doute, beaucoup d’autres dossiers ont connu des issues heureuses ; c’est le cas de l’assainissement du ficher domanial, le règlement des conflits liés au dernier lotissement, l’équipement de la mairie d’un véhicule opérationnel, l’ouverture d’un CSPS au secteur n¡6, la mise en ?uvre d’un mode de gestion efficient du lycée municipal, l’apaisement du climat social dans la ville et le renforcement de la sécurité par le recrutement et la formation de dix (10) agents de police municipale et bien sûr, la signature d’un jumelage-coopération avec la ville de Douai. Mais je reste insatisfaite parce que les besoins de la ville sont énormes.

Quels sont les grands domaines, Mme le maire, qui marqueront le reste de votre mandat ?

 ? Le Plan communal de développement sera bientôt porté à la connaissance du public. Il définit les grandes axes de l’action communale : assainissement et entretien des voies urbaines, développement des infrastructures socioculturelles, amélioration sensible des services publics municipaux, renforcement de la démocratie locale. Nous voudrions bien, dans tous les cas, laisser des pierres solides sur lesquelles notre successeur posera avec assurance, sa contribution au développement de la ville.

Quels sont les objectifs du jumelage-coopération que vous venez de sceller avec Douai ?

 ? Ces objectifs sont classiques ; ils sont ceux de tout jumelage-coopération. Nous allons travailler à renforcer la sympathie et les échanges entre les deux (2) villes : échanges culturelles, échanges d’expériences en matière de gestion décentralisée, échanges économiques. Dédougou s’efforcera avec plaisir de donner tout ce qu’elle peut donner à Douai. Douai en retour s’est engagée à accompagner Dédougou sur le chemin du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. De toute façon, ce jumelage est aussi et avant tout une opportunité de renforcement du dialogue entre peuples.

Votre commune, classée parmi les plus vieilles du Burkina, était jusqu’à une date récente, sans jumelage. Peut-on savoir les raisons qui expliquaient cette situation ?

 ? Dédougou est en effet une des premières cités administratives de l’Afrique de l’Ouest coloniale. Mais en règle générale, le jumelage n’est pas issu d’un diktat. Il est le plus souvent l’aboutissement d’une affinité entre deux individus. Dédougou n’a pas eu cette chance. Il a fallu attendre l’initiative de Son Excellence, M. Blaise Compaoré, président du Faso, pour que Dédougou trouve sa ville jumelle. C’est d’ailleurs l’occasion d’exprimer toute la gratitude des citoyens de Dédougou au président du Faso.

Qu’est-ce que les habitants de Dédougou peuvent attendre de ce jumelage ?

Le danger est que les citoyens veuillent attendre tout de Douai. Une cité ne peut se développer que sur la base de forces endogènes ; il faut que Dédougou sorte de sa torpeur et de ses contradictions, pour construire l’avenir. Douai sans doute sera pour notre ville, un accompagnement sûr.

Votre mot de la fin ?

Merci à l’Observateur Paalga et à son directeur d’être là au côté de Dédougou pour construire la nation.

Entretien réalisé par Dramane Sougué
L’Observateur

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