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Littérature : Pascal Garba met en exergue les faiblesses du système éducatif, dans son nouveau livre

Publié le dimanche 5 mai 2024 à 08h30min

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Littérature : Pascal Garba met en exergue les faiblesses du système éducatif, dans son nouveau livre

L’inspecteur de l’enseignement primaire, Pascal Garba, a officiellement présenté son premier livre intitulé en mooré « Zāmaan karengo : Rogdbā tol-bōn la b paam-n-konka » (qui veut dire en français : « Universalisation de l’école moderne en Afrique : entre émergence et enlisement, le monde paysan à l’épreuve des défis existentiels ». La cérémonie de dédicace a eu lieu ce samedi 4 mai 2024, à Ouagadougou.

L’ouvrage de 409 pages met en exergue les faiblesses du système éducatif en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier. Il propose également des solutions africaines pour l’adaptation de ce système aux réalités du continent.

Le livre est composé de trois parties. Il analyse l’école africaine dans les deux premières parties, par une démarche diagnostique. La troisième partie délimite le champ d’action par une approche médiatrice, selon les explications de l’auteur.

L’écrivain Pascal Garba, en train de dédicacer un livre pour un acheteur

Pascal Garba dit avoir écrit ce livre pour interpeller l’ensemble des acteurs du système éducatif sur la nécessité de reconsidérer certaines pratiques du point de vue pédagogique et du point de vue politique, notamment concernant l’obligation des parents d’inscrire leurs enfants à l’école. « On ne peut pas obliger quelqu’un à envoyer ses enfants à l’école, si on n’a pas pris des dispositions pour non seulement garantir l’issue mais également garantir les conditions. L’école, c’est une question de moyens. Si le parent n’a pas les moyens d’accompagner l’enfant jusqu’au bout, cela devient difficile. Parce que non seulement l’enfant est déconnecté de son milieu, mais également ce pourquoi il est parti à l’école ne lui a finalement pas apporté grand-chose », a indiqué l’écrivain.

Le livre de Pascal Garba

Selon lui, si les choses ne changent pas, dans les années à venir, les paysans refuseront d’inscrire leurs enfants à l’école. « Je sais de quoi je parle. J’ai côtoyé les paysans pendant de nombreuses années. Et aussi quand je vais au village, je vois comment les gens parlent. Si les choses ne changent pas d’ici quelques années, les paysans refuseront d’envoyer leurs enfants à l’école. Et personne ne pourra les y obliger », a prévenu l’auteur.

Le présentateur de l’œuvre, Oumarou Ouédraogo, pense que « ce titre est une image ou une figure de style que nous appelons l’antithèse ou l’oxymore, symbolisant l’opposition qui crée un effet de contraste fort, servant à démontrer par exemple une contradiction, une improbabilité, une indécision et une différence. »

Oumarou Ouédraogo, présentateur du livre

Pour lui, l’auteur a fait un excellent travail. Il estime que l’œuvre de Pascal Garba est le fruit d’un travail scientifique, au regard de l’aspect didactique et pédagogique du livre.

Pascal Garba est, depuis décembre 2021, agent à la Direction générale de l’éducation non-formelle, à Ouagadougou. Il est né le 24 mars 1967 à Zoura, dans la commune de Kongoussi. Il embrasse l’enseignement en 1989 en tant qu’instituteur. En 2007, il devient inspecteur de l’enseignement du premier degré.

Le livre est disponible aux éditions Plum’Afrik au prix de 10 000 francs CFA.

Rama Diallo
LeFaso.net

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Vos commentaires

  • Le 5 mai à 12:20, par Didier En réponse à : Littérature : Pascal Garba met en exergue les faiblesses du système éducatif, dans son nouveau livre

    Je suis curieux de connaitre les raisons pour lesquelles les paysans refuseront de scolariser leurs enfants dans l’avenir. Au regard des indicateurs sur le terrain, demande incessante de créations d’écoles dans les villages, inscription massive et consciente des déscolarisés et autres travailleurs dans les cours du soir, soif grandissante de devenir indépendants vis à vis des lettrés (dans le remplissage de leurs documents et la tenue des cahiers de comptes) pour le secteur informel, la soif de vouloir poursuivre des études supérieures pour ceux qui sont déjà scolarisés( ouverture en masse d’universités publiques et privées), etc je ne pense pas vraiment que cette hypothèse soit plausible.
    A moins que ce soit un pic lancé par l’auteur pour attirer l’attention du politique sur la situation pas enviable de l’éducation au Burkina Faso.

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  • Le 5 mai à 15:31, par Sheikhy En réponse à : Littérature : Pascal Garba met en exergue les faiblesses du système éducatif, dans son nouveau livre

    Le système éducatif : problème connu de tous, mais personne ne veut s’y attaquer tellement les défis sont nombreux et complexes en la matière. Mais comme on dit, une baleine se mange par morceau. Donc, M. DINGARA & M. THIOMBIANO doivent faire le point de tout ce qui a été pndo et validé sur le sujet en plus des bonnes propositions, se retrousser les manches et lancer les réformes par morceaux comme c’était prévu depuis le début des années 90.

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