LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “Le lion et la panthère sont inoffensifs ; en revanche, les poules et les canards sont des animaux très dangereux, disait un ver de terre à ses enfants” Bertrand Russel

Le Mogho Naaba s’en va à Lâ : Voici l’histoire

LEFASO.NET

Publié le mardi 9 avril 2024 à 22h20min

PARTAGER :                          
Le Mogho Naaba s’en va à Lâ : Voici l’histoire

Dans le Mogho, la coutume veut que le roi se lève chaque matin en prenant la direction de Lâ, à la recherche de sa bien-aimée -son pùug-nongré en mooré-, celle qui savait lui préparer ses menus préférés. Mais cette coutume, celle que l’on appelle communément le faux départ du Mogho Naaba, a une histoire. Essayons de la decripter.

Tout a commencé avec Naaba Warga, un Mogho Naaba qui avait une femme préférée dont il n’imaginait pas un jour dormir sans elle. En fait, cette femme qu’il considérait comme sa favorite avait un talent : elle savait cuisiner le plat préféré du roi. Elle comblait le roi de ce désir aristocrate. Ce désir, c’était le fruit d’un arbre que l’on appelle en mooré léla, et prunier sauvage en français. Seule cette femme savait comment apporter au roi cette nourriture succulente.

Naaba Warga s’était rendu à Yako un jour pour protéger ses sujets des Mossis pillards du Yatenga. En son absence, ses ennemis ont envahi l’Oubritenga et ont pris d’assaut la cour royale. De retour au palais, il constata que son pùug-nongré a pris la poudre d’escampette et s’est réfugiée à Lâ, son village natal qui se situe à quelques kilomètres de la capitale royale. Il va sans dire que le roi sera privé non seulement des sollicitudes de sa favorite mais aussi et surtout son menu spécial : le léla. Pendant plusieurs jours, le roi espérait le retour de son pùug-nongré en vain. Il était profondément affecté de l’absence de sa femme favorite.

L’attente devient très longue et insupportable. Alors il décida d’apprêter son cheval, prenant tout ce qui est nécessaire pour le voyage à Lâ, à la recherche de son épouse qu’il aime tant.

Chaque matin, il fait sortir un de ses chevaux et le fait amener dans la cour. Après avoir répondu aux saluts de ses ministres et de toute sa cour, réglé quelques petites affaires, il déclare qu’il veut aller à Lâ. Les autres épouses du roi, ne sont pas en en reste dans cette aventure. Elles aussi préparèrent leurs corbeilles pour suivre leur mari afin qu’il se rende à Lâ pour retrouver la fameuse épouse.

Mais les ministres du roi, ses conseillers et les notables de la cour ne peuvent laisser passer cette décision qui va créer des ennuis dans la cour. Ils le supplièrent de reporter son voyage pour le lendemain. C’est Kamsoro Naaba particulièrement qui lui adressa les supplications en ces termes « Sire, ordonnez qu’on descende votre cheval, vous partirez demain ». Le roi, un peu courroucé accepte finalement de retourner au palais au lieu de se rendre à Lâ, il remet son voyage au lendemain. Le cheval sera ensuite défait de sa selle et conduit aux écuries. Mais à chaque fois, ce sera toujours les mêmes démarches, les mêmes préparatifs pour son voyage et les mêmes supplications de ses ministres jusqu’à la mort de Naaba Warga. Après sa mort, son fils qui lui succéda emprunta son chemin. De père à fils, cette pratique est devenue une coutume. Voilà ce qui explique ce qu’on a appelle le faux départ du Mogho Naaba, une coutume quotidienne toujours présente de nos jours au palais royal.

Actuellement, la coutume ne tarde plus sur la lourdeur des préparatifs et des démarches. Le Mogho Naaba chaque matin se contente de voir le cheval que l’on promène au moment où il reçoit les salutations de ses ministres, et puis l’animal est ramené aux écuries avant que le roi ne tente de le monter ou de recevoir les supplications de Kamsoro Naaba.

Réf : LE MORHO-NABA ET SA COUR, DIMDÉLOBSOM

Wendkouni Bertrand Ouedraogo
Lefaso.net

Photo : Yamakultur.info

PARTAGER :                              

Messages

  • Il y a donc un sérieux problème !
    Nous, on nous avait enseigné que le faux départ avait lieu tous les vendredis et que le Mogho Naba tentait d’aller à ouahigouya reprendre les fétiches que Pabré aurait dérobé au profit de Yadéga.
    Par ailleurs, je me demande bien quel met succulent on peut préparer avec le lêêla, qui plus-est, il est un fruit saisonnier relativement aigre. Je veux être mieux situé par rapport à ce fameux faux départ.

  • Au lieu de nous éclairer le brouillard s épaissi d avantage.
    Là était trop fort si bien que le Moro ne pouvait aller chercher sa femme.
    Le Roi était .....si bien que chaque matin il montait sur son cheval jusqu’à....sa mort.
    Son fils a trouvé que ça la aussi c est tradition et il a continué a faire pareil. Yako a ceux qui écoutent ou lisent cette histoire.

  • Cette version n’est qu’une pure invention et ressemble à un conte. Comment on peut faire des mets avec le lèlà ? On dehors du jus de lèlà, on ne rien faire d’autres avec.

  • Voici une autre version que vous avez publié en 2008. C’est celle-là que j’ai apprise à l’école.
    https://lefaso.net/spip.php?page=web-tv-video&id_article=29354&rubrique4

  • voilà la version que j’ai apprise.

    A la mort de Naaba Gningnemdo, les notables de la cour intronisèrent le fils cadet du roi qui devint le Moogho Naaba Koundoumié 6ème roi de la dynastie des rois du royaume d’Oubritenga (la terre d’Oubri), et 8ème de la dynastie de Ouédraogo. Les notables avaient opter pour ce choix compte tenu de la cruauté du frère ainé de ce dernier Yadéga. Pendant qu’il exigeait d’une femme qu’il trouvait effrontée de piler son enfant dans un mortier celle-ci lui répondit en ces termes : » c’est parce que tu es si cruel que ton frère cadet a été désigné à la succession du trône à ta place après la mort du Roi ». Furieux d’apprendre que son père était mort et que le trône qui lui revenait de droit était occupé par son frère, il leva son armée et marcha vers Ouagadougou, pour reprendre son trône usurpé.

    La reine mère prend parti.

    La reine mère informée des intentions de son fils l’arrêta à l’entrée de Ouagadougou. Elle le calma et réussit à lui faire rebrousser chemin. Gardienne des fétiches sacrées qui font la puissance et la royauté, du Roi des Mossi. La Reine Mère les avaient dérobés et confiés à sa fille Pabré (sœur de Yadéga). Celle-ci était chargée de les apporter à son frère Yadéga qui attendait tout tranquillement à une vingtaine de km de Ouagadougou, dans un village qui portera (et porte toujours) le nom Pabré (nom de la jeune fille). L’on raconte que La Reine Mère l’ayant intercepté, lui avait dit ceci : » mon fils, tu sais bien ce qui fait du chef Mossi un Roi puissant, moi en tant que « Zak-Pugksma », j’ai la garde des fétiches, repart tranquille, je t’enverrai les amulettes sacrées, et ainsi tu deviendras le chef suprême des Mossi « . Naaba Koundoumié constata la disparition des fétiches, il mobilisa son armée pour combattre son frère et reprendre les amulettes sacrées qui lui conféraient le titre de roi des Mossi. Ses ministres et son entourage qui savaient que Yadéga était rompu à l’art de la guerre et que ce serait une folie de l’attaquer, le supplièrent de renoncer. Ils lui avouèrent sans honte que lancer une attaque contre son frère c’est conduire son peuple au massacre. Depuis lors, cette cérémonie du faux départ vers Ouahigouya a lieu tous les vendredi.

  • Cette version me surprend parce que nous avons à l’école apris une autre version , notamment le départ vers Ouahigouha pour récupérer des fétiches que la soeur du Mogho avait volés au profit du fondateur du Royaume de Ouahigouya. Et le faux départ se passe chaque vendredi à ce que je sache et non tous les jours.

    Passakziri

  • Réf : LE MORHO-NABA ET SA COUR, (DIMDÉLOBSOM) c’est qui ? et le
    Kamsoro NAABA ?

  • Cette version de ’"l’enfant de boussé" me semble plus crédible et proche de ce qu’on nous a enseignés à l’école primaire. Sinon, cette version de lèlà, ne colle pas trop. De toutes les façons, le Chef suprême est là pour nous rappeler la vraie "histoire"

  • Rappelons toujours que le Mogho Naba n’est pas le Chef suprême des moose, mais plutôt de l’Oubritenga. Il faut pas mélanger les choses.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV