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Littérature : Dr Lassina Simporé retrace l’histoire de Ouagadougou et plonge ses lecteurs dans l’univers de Naaba Abga avec deux œuvres

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Publié le mercredi 18 janvier 2023 à 15h47min

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Littérature : Dr Lassina Simporé retrace l’histoire de Ouagadougou et plonge ses lecteurs dans l’univers de Naaba Abga avec deux œuvres

Dr Lassina Simporé a dédicacé le mardi 17 janvier 2023, « Waogdgo Riunga natenga. Eléments d’histoire d’une capitale de Royaume » et « Laglnaab a Abga, l’Esope Burkinabè ? ». A travers la première œuvre de 166 pages, préfacée par Moumina Sherif Sy, le muséologue et gestionnaire de patrimoine culturel, jette un double regard sur un chef « exceptionnel ». La deuxième œuvre, préfacée par André Eugène Ilboudo, présente quant à elle, Naaba Wubri, fondateur de Waogdgo (Ouagadougou) et explique entre autres, le sens du toponyme Waogdgo.

Une obligation scientifique, une recommandation des aînés, un programme personnel d’écrire sur les personnages historiques du Burkina Faso pour la postérité. Ces trois objectifs de l’historien, muséologue et gestionnaire de patrimoine culturel, Dr Lassina Simporé, semblent atteints, en tout cas, en grande partie. De la présentation de l’œuvre, « Laglnaab a Abga, l’Esope Burkinabè ? » par Boubacar Koba Dao, président de la Société des auteurs, des gens de l’écrit et des savoirs (SAGES), on retient que le premier ouvrage jette un regard panoramique sur un chef « exceptionnel » qu’a été le « Laglnaaba a Abga ».

Selon Boubacar Dao, Dr Lassina Simporé est un écrivain prolixe

Le regard d’un enfant du quartier et ensuite le regard d’un enfant du quartier devenu historien et archéologue. Ces deux regards présentent donc « Laglnaaba a Abga », chef de son quartier de 1928-1982, conteur, censeur, musicien, etc. qui fut aussi un des adjoints de Issoufou Joseph Conombo, maire de la ville de « Waogdogo » de 1960 à 1965. Il fut aussi écrivain sans avoir écrit un seul mot, d’où le surnom Esope à qui on attribue des milliers de fables. L’œuvre, composéz de 166 pages, est préfacée par l’ex ministre de la défense, Moumina Cherif Sy.

Cherif Sy souhaite que les deux œuvres soient exploitées en outrance

Naaba Wubri

Le second livre : « Waogdogo Riunga natenga. Eléments d’histoire d’une capitale de Royaume », compte 189 pages réparties en trois chapitres. Le chapitre numéro un présente les groupes de populations du territoire qui ont habité ou qui continuent d’habiter la ville de « Waogdogo » : notamment les « gens » de l’époque de la pierre, les « gens » de la terre les « Ninisi » et les « Yonyoose », les « gens » venus du nord du Ghana d’après la légende de Yennenga. La seconde partie entre dans le vif du sujet en présentant Naaba Wubri, le fondateur de la ville qui est la capitale du Burkina Faso. Le dernier chapitre présente les différents quartiers de la ville. Ainsi, on découvre les quartiers de la première génération donc des habitants les plus anciennement installés, les « Yonyoose » et les « Ninisi ». Il y a aussi les quartiers de la deuxième génération attribués aux premiers allochtones, c’est-à-dire, le quartier des « Ragamba » ou « Nakombse ». Et enfin, les quartiers du second groupe d’allochtones « Yarsé », « Yogse », « Kamboense », « Fulbe », « Haosa », ou « Zangoeto ».

Le document comporte aussi des annexes importantes telles que les noms des douze mois de l’année en mooré, les noms des sept jours en mooré, les grands moments d’une journée chez les Moosé, la liste des « Moognanambse » avec les faits marquants de leurs règnes.

André Eugene Ilboudo invite toutes les mairies d’arrondissement de Ouagadougou à se procurer ces œuvres

Un citoyen utile

« Je ne veux pas être un citoyen inutile. Je veux participer à la gestion de ma cité. Je pense qu’on peut le faire même si on n’est pas du MPP ou du RDA. Chacun a sa manière de contribuer à la vie de la cité. L’écriture est ma contribution », a lancé l’auteur des deux œuvres. Pour lui, écrire est une vocation pour tout chercheur. « Un chercheur qui cherche, il doit trouver et s’il trouve, il doit partager. J’écris parce que c’est une recommandation des aînés. Parce que si vous lisez à la page onze de l’ouvrage sur « Ouagadougou », Joseph Ki-Zerbo a dit : « De même, l’historien de l’Afrique, en ramenant à la vie le passé de ce continent, crée une capitale spirituelle qui constituera une source multiforme et permanente d’inspiration » », a-t-il cité.

A ceux qui n’aiment pas lire, Dr Simporé leur conseille : « Il faut balayer la cour pour ne pas donner raison au scorpion quand il va piquer quelqu’un ». Avec ces deux œuvres, Dr Simporé comptabilise quatre œuvres individuelles et en a co-écrit deux autres.

Ecrire est une obligation scientifique pour l’auteur

Dire non au saccage de l’histoire du Burkina

De l’avis du préfacier de la première œuvre, Moumina Chérif Sy, elle est digeste, accessible par son style simple. Il a révélé que l’auteur est un passionné car il a décidé d’écrire l’histoire « à-ras-le-sol », pour rectifier les erreurs du colon sur notre histoire, l’histoire du « pays des hommes intègres ». M. Sy affirme qu’avec ce document, on apprend beaucoup sur la ville de « Waogdogo », enfin, Ouagadougou. Sa grande inquiétude est qu’elle ne soit pas exploitée parce que le goût de la lecture, surtout chez les jeunes, n’est plus au rendez-vous.

Famille et amis de l’auteur ne se sont pas fait compter ces dédicaces

Le directeur de la Radio des écoles, André Eugene Ilboudo, préfacier du second ouvrage, a plaidé quant à lui pour que ceux qui sont aux affaires et ceux qui viendront aux affaires remettent notre histoire en selle. En attendant, il propose que toutes les mairies des arrondissements de la capitale, se procurent ces œuvres. « Laglnaaba a Abga, l’Esope Burkinabè ? » est vendu au prix unitaire de 7000 francs CFA. « Waogdgo Riunga natenga. Eléments d’histoire d’une capitale de Royaume » est disponible à partir de 5000 francs CFA.

Obissa Juste MIEN
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