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Lu pour vous : « Anthropologie culturelle burkinabè » du père Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri

Publié le mardi 18 janvier 2022 à 15h53min

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Lu pour vous : « Anthropologie culturelle burkinabè » du père Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri

« Anthropologie culturelle burkinabè », tel est le titre de l’œuvre du moine et prêtre, Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri. Éditée en 2014 la version améliorée a été rééditée en 2021. Dans son œuvre, l’auteur veut éveiller les consciences de tous ceux qui sont en quête de leur identité fondamentale, surtout burkinabè. Tout en faisant voyager ses lecteurs dans la langue mooré ainsi que d’autres langues.

Dans cette nouvelle édition, l’anthropologue propose une autre version de son œuvre « Anthropologie culturelle burkinabè » éditée en 2020 et rééditée en 2021. Une version améliorée du texte avec l’intention de donner plus de clarté au contenu et à la présentation. Le livre du père Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri se lit très facilement et est pleine de découvertes. C’est un voyage dans la langue mooré, avec des ressemblances de certains mots dans d’autres langues.

En effet, « L’Anthropologie culturelle burkinabè » de l’auteur est une forme de cours d’histoire sur le milieu moaga. Pour mener à bout son analyse, le prêtre et moine a procédé par un questionnement de la place de l’homme dans son environnement culturel moaga. Sa méthode a consisté à sélectionner un certain nombre de mots-clés de la langue mooré afin de les classer par thèmes centraux en donnant leur sens. L’œuvre est épaisse de 95 pages et subdivisée en 16 chapitres. L’homme de Dieu y explique par exemple la différence entre le « ninsaala », « l’homme » en langue mooré et le « neda », la personne en tant qu’être personnel et relationnel à partir d’un lieu, d’un milieu et d’un langage.

Le ninsaala (l’homme) est, selon son écrit, un être humain intrinsèquement relationnel et dynamique avec lui-même, avec ses semblables et son milieu. Ce qui est un fait fondamental pour son équilibre vital. Le ninsaala se perçoit par ailleurs comme neda, individu unique et personnel, appelé à s’ouvrir à lui-même et à l’autre. Ce sont donc des dimensions spirituelles et humaines autour desquelles le ninsaala se construit.

Le neda a conscience de manière très profonde dans sa propre existence qu’il est une histoire qui le relie à un passé connu et inconnu, dans un présent instable. Dans cette réflexion anthropologique, il montre que le neda a la tentation de se replier sur lui-même ou de se projeter dans un avenir incertain. Être neda est alors une expérience dramatique qu’il faut relativiser avec humour et intelligence.

Il doit découvrir le sens culturel et la vraie valeur de son existence personnelle et collective le conduisant à sa destinée finale, enseigne aussi l’homme de lettres. Le neda est unique et un tout indivisible. Le ninsaala, par contre, n’est pas un être achevé, figé dès le départ, il est destiné à évoluer avec sa participation consciente et active à son humanisation permanente, lente et progressive.

Le livre s’adresse à tout homme en quête de son identité fondamentale, mais plus particulièrement aux burkinabè.

L’œuvre est disponible à la librairie Jeunesse d’Afrique de Ouagadougou et sur place au monastère Saint Benoit de Koubri au prix unitaire de 3000 FCFA.

YZ
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Vos commentaires

  • Le 18 janvier 2022 à 17:11, par Sabaabo En réponse à : Lu pour vous : « Anthropologie culturelle burkinabè » du père Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri

    Merci et félicitations au Révérende Père pour cette Immersion dans "l’anthropologie moaaga" à partir de la langue française. Il reste maintenant que de telles réflexions puissent être menées de bout en bout en langue mooré.

    • Le 9 février 2022 à 17:39, par Delmas-Marsalet En réponse à : Lu pour vous : « Anthropologie culturelle burkinabè » du père Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri

      Sincèrement, déjà en français, je ne sais pas si tout le monde suit bien cette immersion dans l’anthropologie moagga, moi le premier j’ai toutes les difficultés à comprendre le cheminement de la pensée du Père Pascal Ouédraogo, mais je ne doute pas que certains plus ouverts intellectuellement y arrivent ! En revanche, est-ce-que sans avoir fait un cursus universitaire en mooré, le Révérend Père pourrait s’exprimer avec la même facilité en mooré ? ... et de plus, le problème pourrait se poser également pour le lecteur moaga !

  • Le 7 mars 2022 à 11:09, par Pascal KOAMA En réponse à : Lu pour vous : « Anthropologie culturelle burkinabè » du père Pascal Ouédraogo du monastère Saint Benoit de Koubri

    Bjr.pour répondre à votre inquiétude,moi je le trouve plutôt bienvenue au regard même de sa facilité de compréhension

    J’ai eu la chance de recevoir Père Pascal OUEDRAOGO au cour d’une de mes émissions sur TV Maria et j’avoue qu a l’écouter expliquer les termes présent dans son ouvrage, j’ai mieux compris.

    Quand on regarde même la disposition des chapitres et sa méthodologie,on remarque qu’elle est accessible pour beaucoup de personnes même n’ayant pas une culture très étendue de comprendre du fait qu’il ya les mot en Moore et sa traduction en français de meme que son explication.

    Je pense même que le corps enseignant peut se procurer cet oeuvre afin de s’en approprié et l’enseigner au élèves pour les permettre de ne pas perdre les Racines.merci

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