Théâtre : Le CITO présente « Les bouts de bois de Dieu »

LEFASO.NET | Par Yvette Zongo • dimanche 20 mai 2018 à 17h30min

Après cinq semaines de préparation, le Carrefour international du théâtre de Ouagadougou (CITO) a présenté la première de sa 43e création, ce vendredi 18 mai 2018. L’occasion a donc été donnée aux invités de voir la pièce avant sa sortie officielle prévue le 19 mai. La pièce est une adaptation de l’œuvre « Les bouts de bois de Dieu » de l’écrivain sénégalais Ousmane Sembène, œuvre publiée en 1960 et décrivant la grève des cheminots de la ligne de fer Dakar-Niger, en 1947. Adaptée par Luis Marquès, ladite pièce a été mise en scène par Luca Fusi et Agoubali Sanou.

Théâtre : Le CITO présente « Les bouts de bois de Dieu »

Salle sombre, musique de guerre, cris suivis de coups de poing mimés par les comédiens, voilà comment s’est ouverte la pièce « Les bouts de bois de Dieu ». La pièce jouée par une quinzaine de comédiens. Des scènes de mobilisation et de prise de décisions réprimées de manière sanglante, des rencontres avec des autorités coloniales qui se sont terminées par des bagarres… C’est ainsi que les metteurs en scène de la 43e création du Carrefour international du théâtre de Ouagadougou (CITO) ont replongé les spectateurs dans la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger de 1947.

Cette grève de cinq mois a mobilisé plus de 20 000 cheminots venus du Sénégal et du Soudan, sans oublier les nombreuses victimes qu’elle a causées. De Dakar à Bamako, en passant par Thiès, les mobilisations et les résistances ont été faites sans relâche. Malgré les tortures, arrestations, tueries et suspensions des produits de première nécessité, les cheminots étaient déterminés à poursuivre la lutte jusqu’à ce que l’administration coloniale satisfasse leurs revendications. Une lutte engagée au départ par les cheminots et qui a progressivement impliqué toute la société africaine.

Luca Fusi, Co-metteur en scène des bouts de bois de Dieu

« Cette lutte contre l’injustice sociale, les inégalités, le racisme, etc. fut aussi une lutte pour la dignité humaine, la libération d’un peuple, son affranchissement et surtout la victoire de l’humanité », a expliqué M. Luca Fusi, metteur en scène de cette pièce. Selon lui, cette prise de conscience collective décrite par Ousmane Sembène est un exemple fort pour montrer que la grève est un outil très fort et puissant mais parfois utilisé de manière légère.

Les attentes

Les attentes de Luca Fusi, co-metteur en scène de cette 43e création du CITO, « c’est que la pièce soit vue par la majorité des Burkinabè et qu’on puisse continuer à véhiculer ce message important qui est politique, social mais aussi humain ». Car, dit-il dans l’œuvre de Ousmane Sembène, il n’y pas de mouvement social qui est fait par une masse. La masse, selon l’auteur, est constituée d’individus et chaque individu a sa personnalité et son droit à l’existence. Et Ousmane Sembène est catégorique sur ce point dans tous ses films et toutes ses œuvres, a-t-il précisé.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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