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Plainte dans l’affaire "tranquilos" : Convoqué à la gendarmerie, Zéphirin Diabré appelle à une pleine application de la loi contre le ministre Simon Compaoré

Accueil > Actualités > Politique • • jeudi 4 janvier 2018 à 00h40min
Plainte dans l’affaire

Le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF), Zéphirin Diabré a été entendu ce mardi, 2 janvier 2018 en fin de matinée par la gendarmerie de Paspanga. Après une heure dans les locaux de ces hommes d’investigations, le leader de l’opposition politique est ressorti et a expliqué le motif de son audition.

"J’ai été reçu ce matin et on m’a informé qu’on souhaitait m’entendre suite à la plainte que j’ai déposée à mon nom et au nom de l’oppostion contre le ministre de la sécurité, Simon Compaoré au sujet de ce que nous appelons tous "épisode tranquilos" dont vous êtes bien au courant. Il s’est agi pour la gendarmerie, d’abord de me faire revenir sur des circonstances qui m’ont amené à poser cette plainte (circonstances relatées à nouveau par ma bouche). Ensuite, de savoir si cette plainte, non seulement était maintenue, mais si surtout il y avait une attente particulière. J’ai eu à expliquer les conditions dans lesquelles, moi, comme l’ensemble des Burkinabè, avons pris connaissance de cette vidéo qui circulait, dans laquelle on voit distinctement le ministre Simon Compoaré au domicile d’un député dissident de l’UPC, en l’occurennce le député Ladji Coulibaly", a confié Zéphirin Diabré à sa sortie de l’audition. Il explique que dans cette vidéo, dont l’authencité n’est plus à demontrer , le ministre Compaoré tient dans ses mains une arme, une kalachnikov, qui est une arme de guerre.

"Or, comme nous le savons tous, un civil ne doit pas se promener avec des armes de guerre. C’est une infraction. Donc, c’est la première motiovation de la plainte qui a été déposée. La deuxième raison tient au fait que dans les propos qu’il a tenus ce jour-là, aux côtés du député Ladji Coulibaly, monsieur Compaoré fait clairement état de mences à mon endroit, en citant nommément mon nom ’’, a justifié le porte-parole du CFOP-BF, Zéphirin Diabré, par ailleurs président de l’UPC (Union pour le progrès et le changement, première force politique de l’opposition).

"Etant entendu qu’il (le ministre) est allé pour, prétend-il, protéger des déuptés dissidents contre des prétendues menaces de militants qui seraient de l’opposition, l’affaire dépasse donc ma simple personne et englobe l’ensemble de l’opposition et c’est d’ailleurs pour cela que le CFOP-BF m’a autorisé à l’associer à cette plainte, qui a été déposée à mon nom personnel et au nom de l’ensemble de l’opposition", a-t-il situé en substance.

Au-delà de l’aspect juridique, l’implication politique

Zéphirin Diabré a aussi précisé qu’au cours de l’audition, il lui a été demandé de savoir si la vidéo était, de son point de vue, authentique.

"J’ai dit que cette vidéo est authentique. Non seulement, parce que quand on la regarde sur le plan technique, on voit bien que ceux qui sont filmés savaient qu’ils étaient filmés, mais surtout que quand monsieur Coulibaly est allé sur ses terres pour tenir des meetings, il a reconnu que c’est son propre fils qui avait filmé cette vidéo-là et l’avait donc répercutée à travers les réseaux sociaux. Donc, pour nous, la vérité n’est pas remise en doute", a soutenu M. Diabré.

Il souligne que dans cette affaire, l’opposition politique souhaite que la loi soit dite "dans toute sa plénitude ; parce que nul n’est au-dessus de la loi et que les dispositions de la loi qui punissent le fait qu’un civil se promène avec une arme de guerre soit appliquée".
Bien plus, pour les plaignants, au-delà de l’aspect juridique, il est important d’évoquer l’aspect politique. ’’ Simon Compaoré ne fait pas ça en tant qu’individu, il le fait en tant que ministre. Et il n’est pas devenu ministre à lui tout seul, c’est quelqu’un qui l’a nommé comme ministre, c’est le président Roch Kaboré qui lui a confié ce ministère ", a relevé Zéphirin Diabré, attribuant dès lors, la responsabilité des agissements du ministre à celui qui l’a nommé.

"Quand on confie ces fonctions à des gens qui sont d’une grande legèreté et d’une grande incompétence comme ce monsieur-là, on doit être capable, à un moment donné, d’en tirer toutes les conséquences ", a exprimé le porte-parole de l’opposition avant de réitérer la requête de son institution à savoir, la démission du ministre de ses fonctions à la tête du département de la sécurité.

"Il n’a ni la compétence ni la stature pour conduire ce ministère dans cette phase délicate de notre pays où nous sommes en combat contre les forces du mal (les terroristes) ", a-t-il conclu, espérant qu’à sa suite, le ministre Simon Compaoré soit entendu pour dire pourquoi, en tant que civil, il doit se promener avec une arme de guerre dans la ville.

OL
Lefaso.net

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