COP 23 : Des déclarations à la place de résolutions concrètes

LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • vendredi 17 novembre 2017 à 23h03min

Plus de 25 000 négociateurs et observateurs climatiques prennent part à la 23e édition de la conférence des Nations-Unies sur le changement climatique, qui s’achève ce vendredi 17 novembre 2017, à Bonn (Allemagne). Marquée par le retrait des Etats-Unis, déterminés à se soustraire de l’accord mondial contre le réchauffement, la présente rencontre est loin d’ accoucher des propositions concrètes nécessaires à la mise en œuvre de l’accord de Paris, un accord qui vise à limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius.

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COP 23 : Des déclarations à la place de résolutions  concrètes

Selon un journaliste de la Deutsche Welle, « les négociations en cours à Bonn ressemblent plus à une liste de points à l’ordre du jour énumérés par un banal groupe d’études qu’à l’œuvre de la plus grande conférence internationale jamais tenue en Allemagne ». En effet, la présente rencontre a plus été ponctuée par de grandes déclarations que par de conclusions concrètes.

Ainsi, les nouvelles sont mauvaises. Les engagements actuels des États couvrent à peine un tiers des réductions des gaz à effets de serre (GES) nécessaires pour atteindre les engagements pris à Paris en 2015, lors de la COP 21. Pourtant, les chercheurs du Global carbon project soutiennent que les émissions liées à l’industrie et à la combustion d’énergies fossiles devraient croître de 2 % (entre 0,8 et 2,9%) cette année.

Pour le ministre français de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, il faudrait attendre la COP 24 pour voir le « moment de vérité ». Et Frank Bainimarama, Premier ministre des îles Fidji et président de la COP 23 de poursuivre : « Les enjeux pour nous sont extrêmement importants, spécialement pour nos amis des îles Marshall, Tuvalu et Karibati, dont l’existence même est menacée. Mettre en œuvre l’accord de Paris est crucial, mais pas suffisant pour nous sauver. Nous devons aussi convaincre le reste du monde d’aller encore plus loin ». Du côté de l’Afrique, on soutient que « c’est comme si le cœur n’y était pas », souligne le chef du groupe des pays africains, Seyni Nafo du Mali. Et d’ajouter que : « Avec la sortie de Trump, les étoiles ne sont pas très alignées (…). La position des Etats-Unis a une influence sur les pays développés et cela à des conséquences sur le positionnement des grands pays en développement. Il y a comme un attentisme, chacun s’observe l’autre dans les négociations. Quand un des acteurs ne joue pas sa partition, il n’y a plus d’émulation ».

La France pour sa part, promet. « L’Europe se substituera aux Américains et la France sera au rendez-vous », a annoncé le président français, Emmanuel Macron, pour contrebalancer le retrait des États-Unis de l’accord de Paris (signé en 2015). Dans cette dynamique, les participants à la COP 23 ont promis de s’accorder sur le lancement d’un « dialogue » en vue aboutir à la révision à la hausse, en 2020, des promesses nationales de réduction des gaz à effets de serre.

« L’Afrique n’est responsable qu’à 4% », mais fortement représentée

A l’occasion de la journée de l’Afrique tenue le 15 novembre dernier, dans le cadre de la COP 23, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a confié que « l’Afrique souffre au quotidien de ce changement climatique ». La banque mondiale quant à elle, a relevé que « L’Afrique n’est responsable que de 4 % des émissions de gaz à effets de serre, mais le changement climatique coûtera 50 milliards de dollars par an au continent ».

De cette rencontre, on retiendra aussi que si le continent africain ne joue pas un rôle moteur dans la lutte contre le réchauffement climatique, les plus grandes délégations à cette rencontre étaient africaines. La taille moyenne d’une délégation à Bonn étant de 45 personnes, sur les trente-cinq plus importantes délégations, vingt-cinq proviennent d’Afrique. « Derrière la Côte d’Ivoire (492) participants, on compte la Guinée (355 participants), la République démocratique du Congo (340), le Congo (308) et le Maroc (253) ».Pendant ce temps, les pays leaders en matière de lutte contre le réchauffement climatique, à l’instar de la Chine ou de l’Allemagne, enregistre respectivement 82 et 230 participants. Par ailleurs, des pays très menacés par le réchauffement climatique, en l’occurrence les Iles Fidji qui président la COP 23, ne comptent que 77 représentants.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net
Sources : RFI, France 24, Courrier international et https://cop23.unfccc.int/fr

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Vos commentaires

  • Le 18 novembre 2017 à 08:42, par fc
    En réponse à : COP 23 : Des déclarations à la place de résolutions concrètes

    25.000 personnes qui ont fait le voyage pour rien ! combien de tonnes de CO2 dégagé dans l’atmosphère pour leurs déplacements contribuant à accroitre le réchauffement climatique.
    L’Afrique avec de fortes délégations ont fait le déplacement pour un résultat aussi lamentable ! L’Afrique n’a rien à attendre de ces grandes messes. C’est à elle de se mobiliser et, surtout, ne pas attendre l’argent des bailleurs de fond. Dans le secteur agricole, les bonnes pratiques agroécologiques existent pour s’y adapter et pour aussi stocker le CO2 dans les sols et les arbres.... Combien d’argents gaspillés pour ce sommet inutile et budgétivore ? Combien de délégués vont faire une restitution au sein de leurs organisations ou auprès des paysans fortement impactés négativement par les changements climatiques ?

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  • Le 18 novembre 2017 à 08:44, par fc
    En réponse à : COP 23 : Des déclarations à la place de résolutions concrètes

    Nicolas Hulot, il faudrait attendre la COP 24 pour voir le « moment de vérité ». Malheureusement, le moment de vérité est déjà là à savoir que l’on s’achemine vers les 3,4,5°C de hausse et non les 1,5°C, seuil au delà de laquelle, les conséquences seront dramatiques pour la majorité de la population sur cette planète, et, en Afrique en particulier. La maison brûle et on ne fait rien sauf palabrer de réunions en conférences, en forums, etc.

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