Usages pacifiques des technologies nucléaires : Forte participation du Burkina à la 61è Conférence générale de l’AIEA

Simon YAMEOGO • lundi 25 septembre 2017 à 23h54min

La 61e Conférence générale de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) s’est déroulée du 18 au 22 septembre 2017 à Vienne en Autriche. Une forte délégation burkinabè a pris activement part à cette importante rencontre. La mission a été conduite par Docteur Urbain Ibrahim Coulidiati, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, chargé de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

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Usages pacifiques des technologies nucléaires : Forte participation du Burkina à la 61è Conférence générale de l’AIEA

Comme chaque année, la 61e session régulière de la Conférence générale a offert l’opportunité à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique de renforcer sa coopération avec les Etats membres et de réfléchir sur les voies et moyens susceptibles de promouvoir l’utilisation pacifique de la science et de la technologie nucléaires. Durant la semaine du 18 au 22 septembre 2017, les milliers de délégués venus de plus de 160 pays ont échangé sur diverses questions en lien avec le domaine nucléaire, débattu d’autres questions d’intérêt relatives à l’AIEA et approuvé le budget.

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Participation de la délégation burkinabè à cette 61è Conférence générale a été remarquable

En plus du forum scientifique qui traite de thèmes pointus, des dizaines de manifestations parallèles et d’expositions consacrées à la science nucléaire au service de la paix et du développement ont été organisées lors de cette Conférence générale. C’est ainsi par exemple que les experts du forum scientifique ont abordé la question de la santé et de la science nucléaire. Deux jours durant, ils ont débattu du thème : « Votre santé, notre santé, la santé de tous ». Des échanges qui ont particulièrement intéressé le Pr. Théophile Lincoln Tapsoba, Chef du Service Médecine nucléaire du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo et le Docteur Issa Sidibé, Directeur général de l’Insectarium de Bobo-Dioulasso.

Les experts ont également traité de la problématique de l’égalité des sexes, des défis et des risques dans le domaine de la sécurité nucléaire. Ce fut l’occasion pour le Docteur Amadou Traoré, Secrétaire Permanent à l’Energie atomique, et le Docteur M. Martial Zoungrana, Directeur national de l’Autorité de Radioprotection et de la Sûreté nucléaire de partager leurs expériences et de s’abreuver à la source des autres experts.

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Photo de famille à l’issue de l’audience accordée par SEM Kéré à la délégation de la mission

Outre l’Ambassadeur, Représentant permanent Dieudonné Kéré et M. Saïdou Zongo, Ambassadeur/ Représentant permanent adjoint, la délégation du Burkina Faso comprenait M. Badiori Ouattara, Conseiller technique du Secrétaire d’Etat, le Docteur Lambert Ouédraogo, Conseiller technique du Ministre en charge de l’Environnement, M. Maxime Bengaly, Deuxième Conseiller à l’Ambassade et M. Oumarou Diallo, Agent à la Direction générale des Relations multilatérales du ministère des Affaires étrangères.

L’un des temps forts de cette session aura été la déclaration du Burkina Faso, faite le mardi 19 septembre 2017 à cette grande tribune. Le Secrétaire d’Etat a, d’entrée de jeu, adressé les félicitations de la délégation burkinabè au Directeur Général, M. Yukiya Amano, pour son élection à la tête de l’AIEA pour un nouveau mandat, et salué son engagement et son dévouement du vis-à-vis de l’Agence et de ses Etats membres.

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Le Dr. Urbain Couldiati a conduit la délégation burkinabè à cette importante rencontre à Vienne

Dr. Urbain Ibrahim Couldiati a ensuite fait le point de la coopération entre le Burkina Faso et l’AIEA. Sur ce plan, a-t-il indiqué, le Burkina Faso vient d’entamer la mise en œuvre de son troisième Programme Cadre National (PCN) pour la période 2017-2022, signé d’accord parties, en décembre 2016 à Ouagadougou. Il a tenu à se féliciter de la qualité et des résultats de l’assistance technique de l’AIEA et de l’AFRA (Accord régional de coopération pour l’Afrique sur la Recherche, le Développement et la Formation dans le domaine de la science et de la technologie nucléaire) en matière de radioprotection, de sûreté et de sécurité nucléaire, durant les cycles de coopération technique passés.

Le PCN 2017-2022 fait la promotion de l’utilisation pacifique de l’atome ainsi que des mesures de sureté et sécurité y afférentes, dans divers domaines socio- économiques. Dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, le chef de la délégation burkinabè a indiqué que dans le cadre de ce programme, les travaux de construction du centre de cancérologie de Ouagadougou ont pu effectivement démarrer en mars 2017. Pour l’année 2017, l’Etat burkinabè a mis à la disposition de ce projet, environ 13 Milliards de FCFA. En ce qui concerne la formation pour l’animation du futur centre, deux médecins en médecine nucléaire et trois médecins en radiothérapie sont en formation respectivement à Dakar et au Maroc sur le budget de l’Etat avec une participation aux coûts de l’AIEA.

En outre, a souligné le Secrétaire d’Etat, le Burkina Faso a bénéficié dans le cadre de la Campagne panafricaine d’éradication de la mouche tsé-tsé et de la trypanosomiase (PATTEC), de la mise en place d’un insectarium à vocation régionale à Bobo-Dioulasso et l’acquisition d’un irradiateur à cobalt.

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Le Secrétaire d’Etat lors de son adresse à la Conférence générale

L’Insectarium de Bobo-Dioulasso (IBD) a été inauguré en février 2017 en présence de l’Administratrice de l’AIEA chargée des Programmes pour le Burkina Faso, du Directeur Général adjoint en charge du Département des Sciences et des Applications nucléaires de l’AIEA, de membres du Gouvernement burkinabè et d’un Représentant de la Commission de l’Union Africaine. C’est la preuve, a-t-il soutenu, que cette infrastructure représente une priorité et une fierté nationales. Avec la mise en place de l’IBD, le Burkina Faso compte élargir la gamme d’utilisation de la technique de l’insecte stérile (TIS) à la lutte contre le Paludisme et la Dengue ainsi que des ravageurs des cultures notamment la mouche blanche des mangues.
S’agissant de l’utilisation de techniques nucléaires pour améliorer le rendement agricole, l’aide de l’Agence a, selon le Dr. Couldiati, permis aux Chercheurs burkinabè de créer 170 mutants de riz à hauts rendements dont une variété de riz gluant à faible teneur en amylose.

Par ailleurs, l’utilisation des techniques isotopiques et nucléaires a permis, a-t-il poursuivi, d’équiper un laboratoire de génétique moléculaire qui aujourd’hui a une vocation sous régionale. Les premiers PhD formés dans ce laboratoire sortiront d’ici la fin de l’année 2017.

Un autre domaine de la coopération et non des moindres est celui de la Gestion des ressources en eau. Le représentant du Burkina Faso a salué la mise en œuvre réussie du projet de gestion intégrée et durable des systèmes aquifères partagés et des bassins de la région du Sahel. Ce projet a permis aux pays de la région du Sahel d’avoir une bonne connaissance de leurs ressources en eau souterraine, a-t-il rappelé.
Le chef de la délégation burkinabè n’a pas manqué de rappeler que de nos jours, le terrorisme nucléaire constitue une question préoccupante et que toutes les initiatives en vue de lutter efficacement contre toutes ses différentes formes est salutaire. Conscient de cette menace, le Burkina Faso a ratifié le 02 mai 2014 l’Amendement à la convention sur la protection physique des matières nucléaires. Aussi, a-t-il encouragé les autres pays à ratifier cette convention.

Docteur Urbain Ibrahim Couldiati a également exhorté l’AIEA et tous les partenaires à continuer d’apporter des appuis conséquents à la Commission Africaine de l’Energie atomique qui a été mise en place, suite à l’entrée en vigueur du Traité de Pelindaba qui fait de l’Afrique une zone exempte d’arme nucléaire.

Il a de ce fait exprimé sa conviction que l’établissement d’un partenariat fructueux entre l’AFRA et la Commission Africaine de l’Energie atomique (AFCONE) serait un atout majeur pour la promotion de l’utilisation pacifique des technologies nucléaires pour le développement du continent africain.

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L’équipe de la mission a eu une séance de travail avec l’AIEA sur la coopération avec le Burkina Faso

Le chef de la délégation burkinabè a terminé son intervention en réitérant la disponibilité du Gouvernement burkinabè à continuer de renforcer sa coopération avec l’AIEA, afin de permettre à celle-ci d’assumer avec succès son rôle dans la recherche et la promotion des usages pacifiques des technologies nucléaires.

La Conférence générale a conclu ses travaux par l’adoption de résolutions dont celle relative à l’appui de l’AIEA à la campagne panafricaine de l’Union africaine pour l’éradication de la mouche tsé-tsé et de la trypanosomose. A travers cette résolution qui a été présentée par le Groupe des 77 et la Chine, et adoptée par consensus, la Conférence se félicite de l’inauguration de l’insectarium de Bobo-Dioulasso. Elle reconnait le Centre international de recherche-développement sur l’élevage en zone subhumide (CIRDES), de Bobo-Dioulasso, comme premier centre collaborateur de l’AIEA en Afrique pour l’utilisation de la technique de l’insecte stérile. Elle engage par ailleurs les États membres à aider davantage, par un appui technique, financier et matériel, les États africains à créer des zones exemptes de mouches tsé-tsé.

La délégation a saisi l’occasion de son séjour à Vienne pour rendre une visite de courtoisie à l’Ambassadeur KERE, visite au cours de laquelle les aspects de la collaboration entre le Burkina Faso et l’AIEA ont été abordés. La délégation a, en outre, eu des rencontres avec les départements techniques de l’AIEA et procédé à une visite des laboratoires de recherches appliquées de l’Agence situés dans la localité de Seibersdorf, à environ une heure de route de Vienne.

Créée en 1957, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), organisation de la famille des Nations-Unies, a pour mission principale de promouvoir l’utilisation sûre des technologies nucléaires à des fins pacifiques.

Simon YAMEOGO

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