Burkina Faso : Le Rassemblement des Sentinelles pour l’Epanouissement Economique et Politique (R.S.E.E.P), ce nouveau parti politique au relent « révolutionnaire » !

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • mardi 1er août 2017 à 00h31min

La scène politique burkinabè s’élargit avec l’arrivée d’un nouveau parti politique : le Rassemblement des Sentinelles pour l’Epanouissement Economique et Politique (R.S.E.E.P). Reconnu en mai 2015, le parti a été présenté à l’opinion publique dans la soirée de samedi, 29 juillet 2017 à Ouagadougou au cours d’une conférence de presse qui a marqué également sa première rentrée politique.

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Burkina Faso : Le Rassemblement des Sentinelles pour l’Epanouissement Economique et Politique (R.S.E.E.P),  ce nouveau parti politique  au relent « révolutionnaire » !

Des explications de ses géniteurs, le Rassemblement des Sentinelles pour l’Epanouissement Economique et Politique (R.S.E.E.P) se veut en quelque sorte une capitalisation et une suite de dynamiques entamées depuis les années 2011 sur le campus universitaire à travers ce qu’ils ont appelé Cadre permanent de réflexion (CPR) ; un rendez-vous de débats sur des questions liées à la vie de la nation. Autre lieu, autre organisation de lutte ; la naissance du R.S.E.E.P procède donc de cette volonté de prendre part activement à la vie nationale. Date est véritablement prise à partir de l’insurrection populaire de fin octobre 2014 par le lancement du processus de création du parti qui va être reconnu le 13 mai 2015. Composé essentiellement de jeunes, le R.S.E.E.P prône une démarche ‘’révolutionnaire’’ (entendue ici comme la promotion des valeurs nationales et une rupture avec les tares du système actuel) comme mode de gouvernance. « Il est l’un des partis politiques qui s’est concrétisé à la faveur de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, ainsi pour dire que nous sommes des héritiers légitimes de cet éveil de conscience.

Avec tout le peuple, nous avons été des sentinelles, sur la tour de veille, nous avons toujours alerté nos dirigeants des dangers qui arrivent : au nombre des dangers, nous avons l’injustice, la corruption, la mauvaise gouvernance, le ras-le-bol du peuple, les crises, etc., mais hélas, devant la sourde oreille du gouvernement de l’époque, la conséquence directe a été la naissance des 30 et 31 octobre 2014 », justifient les créateurs du R.S.E.E.P, pour qui, il y avait nécessité de ne pas perdre la vision « révolutionnaire » du peuple insurgé qui aspirait au vrai changement. Avec son option idéologique « social-libéralisme », le R.S.E.E.P a pour devise : « Vigilance-prudence-prévoyance » et se réclame du centrisme (ni de la majorité ni d l’opposition).

« Ainsi, nous avons opté pour la Révolution pour marquer une rupture avec les pratiques actuelles qui ne favorisent pas un réel développement des masses populaires », a déclaré le président du parti, Joël Aimé Ouédraogo, s’indignant contre la corruption et la gabegie.

Pour les promoteurs du R.S.E.E.P, la question de l’avenir est la plus grande préoccupation de la jeunesse. « Un peu de sagesse pour parler à nos dirigeants africains dont certains ont monopolisé l’avenir de leur nation et qui l’ont transformé en un ballon de ping-pong. Aujourd’hui, la jeunesse souffre, nous souffrons parce que nous avons été cachés, nous souffrons parce que nous avons été effacés. Il n’y a à présent que notre engagement politique qui puisse nous ouvrir les portes d’un nouvel statut. Le R.S.E.E.P s’engage pour l’Afrique. L’Afrique aujourd’hui est humiliée, insultée, méprisée et salie ; cependant, nul enfant conscient ne peut accepter le mépris de sa mère. On nous a cloués sur les pendules de l’histoire…. », ont-ils exploré, encourageant les jeunes à rêver et à oser pour son avenir.

Le R.S.E.E.P entend s’appuyer sur des leviers précis pour des alternatives de développement et un mieux-être au Burkina. Ainsi, sur le plan politique, le R.S.E.E.P prévoit ce que ses responsables ont qualifié de démocratie « made in Burkina » (estimant que la démocratie actuelle ne répond pas aux aspirations de développement).

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Joël Aimé Ouédraogo, président du R.S.E.E.P

Le R.S.E.E.P, tout en relevant n’être pas contre les élections, milite pour la suspension temporaire de tous les partis politiques après des joutes électorales pour ne permettre leur retour sur scène qu’une année avant des échéances électorales (ce qui aurait pour conséquence du vote par conviction et non par calculs politiques à l’Assemblée nationale par exemple, d’effacer les notions conflictuelles de Majorité/Opposition, d’instaurer un gouvernement multicolore et une stabilité dans la conduite des affaires du pays).

Toujours au plan politique, le parti requiert une « inversion du repère organisations de la société civile/politique » (ici, il s’agit de réserver les organisations de la société civile aux personnes âgées afin qu’elles soient conseillères et critiques des jeunes en politique, à la lumière de ce qui se passe au niveau de la cellule familiale). Il est également favorable à la remise en cause de tout accord qui ne correspond pas aux aspirations de développement du pays. Le R.S.E.E.P a aussi dans le viseur, une « justice révolutionnaire sans trop de protocole » et les Etats-Unis d’Afrique.

Au plan économique et social, le R.S.E.E.P voudrait lancer son premier programme de développement économique par la plantation d’arbres, l’éducation pour tous (rééduquer les masses populaires à l’amour de la patrie), la formation militaire obligatoire, la valorisation de toutes les entreprises (notamment les petites entreprises), la création du « champ du peuple » (aménagement de champ étatique dans chaque province). Aussi les responsables du parti prévoient-ils de faire des pensionnaires des maisons d’arrêt et de correction, des viviers de productions nationales.

‘’On a développé l’Amérique à coups de fouets, mais aujourd’hui, on se sent incapable de consentir des efforts pour la patrie’’, convainc le président du R.S.E.E.P, Joël Aimé Ouédraogo, invitant les Burkinabè à rompre avec la tendance actuelle, basée sur la bureaucratie que sur des actions de développement réelles.

Pour les responsables du parti, le Burkina a suffisamment de ressources pour son développement, le hic réside dans leur gestion. Dans le même esprit, le R.S.E.E.P estime que le gouvernement se doit de réduire son train de vie en se passant des dépenses de luxe pour se consacrer à l’essentiel.

Avec cette mission qu’il s’est désormais assigné, le R.S.E.E. entend s’atteler à la mise en place de ses démembrements sur l’ensemble du territoire nationale (le parti étant déjà dans des localités du Sud-ouest et du Centre-ouest).

O.O
Lefaso.net

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