Situation nationale : Selon le NTD, l’opposition veut empêcher le Président Roch Kaboré de dérouler tranquillement son programme

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • jeudi 27 avril 2017 à 00h40min

Le Nouveau temps pour la démocratie (NTD), parti membre de l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP), s’est prononcé sur la situation nationale via une conférence de presse tenue à son siège national à Ouagadougou, en début d’après-midi de ce mercredi, 26 avril 2017. Occasion pour les responsables du parti d’apprécier l’action gouvernementale, se prononcer sur le meeting à venir de l’opposition politique et de décliner leur vision de la réconciliation nationale.

Situation nationale : Selon le NTD, l’opposition veut empêcher le Président Roch Kaboré de dérouler tranquillement son programme

Ces échanges avec la presse, qui ont fait suite à une session extraordinaire du Bureau politique national, ont été caractérisés par un appel du parti à l’ensemble des partis politiques de l’opposition « à se positionner résolument en de véritables forces démocratiques de propositions constructives, pertinentes, patriotiques et visionnaires face à l’action gouvernementale ». Et ce, poursuivent les responsables du parti, pour préparer, avec patience, des alternances politiques pacifiques sur la base de la pertinence des projets de société et non sur des stratégies de courtes échelles, loin de l’éthique politique, pour accéder au pouvoir.

Cet appel procède de l’analyse qu’ils ont faite de leur tour d’horizon de la situation nationale. Ainsi, et pour camper le décor, les dirigeants du NTD ont fait observer que dans une démocratie multipartite en construction comme celle en cours au Burkina, le principal rôle de l’opposition politique se doit d’être un contre-pouvoir en termes de jugements critiques sur les actions menées par le pouvoir élu, par le biais des débats d’idées contradictoires dans la dynamique d’aboutir aux meilleures options possibles pour le bien-être des populations.

« Mais au lieu de cela, et depuis un certain temps, nous constatons, avec surprise et désolation, que les partis de l’opposition dans notre pays se sont coalisés subitement, toutes tendances et idéologies confondues, pour emprunter l’option nuisible et non constructive de s’opposer pour diviser et arrêter le train de la relance économique mis sur rails depuis la brillante élection du Président Roch Kaboré, le 29 novembre 2015 », affirme le président du parti, Vincent Dabilgou, dans la déclaration liminaire. Le parti dit ne pas comprendre qu’au moment où le pays est la cible d’attaques terroristes, et après des débats à l’Assemblée nationale à la faveur du discours sur la situation de la nation, l’opposition trouve opportun et nécessaire de continuer les débats par ce qu’il a qualifié de « meeting de divertissement ».

‘’ Le peuple sait faire le choix entre politique politicienne et ceux qui veulent la vérité, le développement ‘’

Si le NTD dit ne pas s’opposer à l’activité (l’opposition étant une composante importante dans un système démocratique), il estime cependant qu’il y a matière à revoir, comte-tenu du contexte. « Là où l’éthique politique est un peu mise à mal, c’est parce que tout simplement, après ce débat (à l’Assemblée nationale sur la situation de la nation, ndlr), au moment où nous pensons que nous devons orienter nos actions vers le fait que notre pays est attaqué de toutes parts par les terroristes, et que, normalement, on doit trouver les stratégies pour nous unir contre l’ennemi extérieur, on trouve que ce débat n’est pas suffisant et qu’on doit maintenant se transporter dans un lieu pour continuer le débat, pour décliner eux, leur vision. Alors que leur vision, ils l’ont décliné et le peuple l’a rejeté !

L’opposition a donné sa vision de société, le Président Roch Kaboré aussi a décliné sa vision de société et le peuple a choisi. Laissez-lui (au Président du Faso) le temps pour dérouler son programme. Mais, les gens ne veulent pas qu’on déroule le programme, c’est pour cela que nous sommes en train de dire qu’en réalité, cette opposition-là veut empêcher le Président Roch Kaboré de dérouler tranquillement son programme ; parce qu’elle soupçonne que ce programme est vrai, et que les bailleurs de fonds sont avec nous, que nous sommes en train de réussir », argue M. Dabilgou. Les responsables du NTD disent voir en la succession des activités de l’opposition, des stratégies qui s’inscrivent dans une logique nihiliste de s’opposer pour nuire et nier l’évidence de la reconstruction nationale en marche.

‘’ Dans notre situation actuelle, c’est comme s’il y a quelque chose en trop. Vous voyez, l’opposition a d’abord essayé une motion de censure au niveau de l’Assemblée nationale, elle n’a pas pu avoir la majorité nécessaire pour la déposer. Ensuite, il y a eu le débat sur la situation de la nation à travers lequel, toutes les forces politiques représentées à l’Assemblée nationale ont eu le temps d’entendre le Premier ministre donner l’état de développement ; qu’est-ce que le pouvoir en place a pu faire depuis un an. A ce niveau, l’ensemble des groupes parlementaires ont posé des questions et le Premier ministre a pu rassurer que le Burkina est en marche’’, insiste Vincent Dabilgou, en appui à l’inopportunité de ce rendez-vous de l’opposition.

De l’avis des dirigeants du NTD, cette activité ne vise donc qu’à saper les efforts du régime dans sa quête d’un mieux-être pour les populations. ‘’ Nous sommes dans un processus de satisfaction des besoins du peuple. C’est un processus... Quelqu’un peut ne pas être satisfait, mais ça arrive. Des points peuvent connaître en ces moments des insuffisances, mais ça arrive. Nous sommes dans un processus et nous avons quatre ans (reste du mandat, ndlr) pour que le peuple nous juge’’, défend en substance le commandant du NTD. Il en veut en illustration à cette dynamique, la part importante du budget réservé aux investissements, en comparaison des années antérieures. Pour le parti, cette politique de l’opposition est donc une dilation.

« Le peuple est suffisamment mûr, il n’est pas dupe. Si vous lui dites la vérité, il sait faire le choix entre la politique politicienne et ceux qui veulent la vérité, le développement », engage Vincent Dabilgou, confiant ici également que le NTD « ne soutient pas aveuglement », il sait faire la part des choses. A l’en croire, c’est certainement cette conséquence qui a permis au NTD, créé seulement en 2015, de se positionner comme 5ème force politique à l’issue des élections législatives et 4ème suite aux municipales de mai 2016. « Nous ne sommes pas dans une situation où nous voulons supporter pour supporter, non ! Ce que nous disons, c‘est ce que nous pensons, avec conviction. Je vous ai dit par exemple que nous ne sommes pas contre le meeting. Au contraire, nous pensons que c’est une vitalité de la démocratie », a-t-il admis avant de pointer toujours l’inopportunité.

Pour lui, il faut plutôt travailler pour un climat où les uns gouvernent et les autres critiquent, sans qu’on ne soit dans une situation où l’on veut monter le peuple contre un programme (le programme présidentiel, ndlr). C’est pourquoi au NTD, l’on recommande qu’il faut simplement permettre au Président du Faso de dérouler sereinement son programme. Et ce, avec en conscience les nombreuses attentes des populations ; donc, de la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du PNDES (Plan national de développement économique et social). Au regard de cette volonté de mobiliser ses militants, les partis de la majorité ont décidé aussi d’aller au contact de leurs structures de base pour leur fournir plus d’éléments sur le PNDES. « Nous n’empêchons pas le meeting, mais nous l’allons pas rester chez nous. Au moment où nous travaillons, si les gens veulent sortir hors pour dire que nous ne travaillons pas, nous allons aussi sortir pour dire que nous travaillons », a dévoilé Vincent Dabilgou, convaincu que c’est cela aussi la démocratie.

La réconciliation nationale, vue par le NTD …

La question de la réconciliation nationale, notamment avec l’actualité suscitée par la CODER, a aussi été analysée par l’organe dirigeant du NTD. Pour le parti, aucun peuple, aucune nation, n’est contre un processus de réconciliation nationale. « Le principe de la réconciliation n’est pas remise en cause dans nos valeurs, et notre parti est d’accord pour le principe de la réconciliation nationale », a situé Vincent Dabilgou avant d’indiquer que « le problème, c’est comment y aller, à quelle vitesse et dans quelles conditions ».

S’appuyant sur la position de l’APMP sur la question, les dirigeants du NTD ont souligné que le processus de réconciliation doit avoir pour vecteurs essentiels, la vérité et la justice. « Si ces deux maillons-là sont mis en œuvre, de manière efficace, la réconciliation devient automatique ; parce que les Burkinabè sont généralement pour le pardon. C’est un peuple de pardon », a déclaré le président du NTD. De son avis, à partir du moment où une partie des Burkinabè ont souffert des évènements de 2014, il faut se donner les moyens de les mettre au centre du processus.

« Et c’est pour cela que nous ne sommes pas tellement d’accord avec la CODER, même si nous épousons le principe de la réconciliation », harmonise le premier responsable du NTD pour qui, la CODER est allée un peu de travers, dans une voie qui ne permet pas de lire le rôle que doivent jouer non seulement le peuple, mais aussi les familles endeuillées. « On aurait voulu par exemple, qu’ils aient fait une réunion globale où ils se soient entretenus avec les familles des victimes, qu’ils aient compris la façon dont les gens ont souffert et qu’à partir de là, ils élaborent un processus beaucoup plus clair pour que les gens comprennent », a estimé Vincent Dabilgou qui qualifie la démarche de la CODER de « réconciliation à grande vitesse ». Le président du NTD note en l’option de la CODER, des approches institutionnelles et politiques qui ont conduit par exemple vers des personnalités au lieu de placer le peuple et les familles des victimes au centre du processus.

A en croire ses dirigeants, le NTD aurait voulu un planning plus vertueux, respectueux des victimes, qui place en son centre, les valeurs du peuple et surtout sous forme de recommandations au HCRUN (Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale). « Mais, on ne peut pas, en tant qu’entité politique de l’opposition, dérouler le tapis, identifier vous-mêmes les personnes qu’il faut aller voir. C’est cela qui fait que c’est gênant dans le processus actuel », a détaillé M. Dabilgou avant de conclure en substance : ‘’Mais, nous sommes d’accord avec la CODER qu’il faut absolument que les Burkinabè se réconcilient entre eux-mêmes, pour qu’ensemble, dans les prochaines années, après tout le processus de vérité et de justice, ils puissent répartir du bon pied pour, ensemble, travailler à faire en sorte que le peuple renoue avec la croissance, le bonheur’’.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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