‘La Forêt de Niolo’ : Le journaliste, l’homme d’affaires et les richesses du village

LEFASO.NET | Tiga Cheick SAWADOGO • jeudi 2 mars 2017 à 22h45min

Le film commence par une scène joyeuse. Deux jeunes filles, jarres sur la tête s’approvisionnent en eau dans un lac. Elles s’amusent, ont l’air joyeuses. A peine sont-elles sorties de l’étendue d’eau, qu’une s’écroule. Le drame est lancé, le cinéphile se pose des questions sur cette chute violente et subite. Captivé, il ne tardera pas à comprendre la trame de l’histoire. ‘’La forêt de Niolo’’ de Adama Roamba est l’un des trois films Burkinabè en lice pour l’Etalon d’or de Yennenga à cette édition du FESPACO.

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‘La Forêt de Niolo’ : Le journaliste, l’homme d’affaires et les richesses du village

Le sol qui abrite le village de Niolo, quelque part en Afrique, est riche. Cette richesse attire des convoitises. Kader Traoré, un ex-ministre des mines tout puissant, flaire la bonne affaire qu’il pourrait se faire. Il veut carrément délocaliser le village pour faire main basse sur la mine. Pour ce faire, il ment, corrompt et sème la peur. Le lac du village est empoisonné par le vieux Kader Traoré pour faire croire aux villageois qu’il y a un gaz mortel. La population du lac (poissons et autres animaux), meurt. Les hommes ne sont pas en reste. Les notables du village, finissent aussi par se convaincre de la nécessité de délocaliser le village, pour éviter cette ‘’mystérieuse calamité’’ qui la frappe.

En face du richissime homme d’affaires, il y a le journaliste Nathanaël et sa femme géologue, Aïcha directrice de l’ONG Nature verte. Le couple conjugue ses efforts pour prouver aux villageois que Niolo n’a rien qui puisse nécessiter sa délocalisation. Les reportages de l’intrépide journaliste Nathanaël commence à irriter Kader Traoré, interprété par Gérard Essomba, qui use de ses relations pour qu’il arrête ses investigations. Rien n’y fit. Un gang est engagé pour suivre ses mouvements. Au ministère en charge de l’environnement, au village, il a des oreilles qui lui tiennent au courant de tout.

Alors que le journaliste, joué par Noël Minoungou, pousse ses investigations et revient du laboratoire avec les résultats des analyses qui prouvent que la jeune fille a été empoisonnée par les eaux du lac, il est enlevé par le gang au service de Kader Traoré. Des tortures, il en meurt.

Le village enregistre un deuxième mort. Rokhaya Niang dans la peau de Aïcha, ne reste pas les bras croisés, elle se bat, fait du tapage dans la presse pour prendre l’opinion à témoin. L’affaire commence à secouer jusqu’au sommet de l’Etat. Le parti au pouvoir pour ne pas se laisser emporter par les ‘’égarements’’ de Kader, le lâche.

Les femmes de Niolo descendent dans la capitale et marchent jusqu’au domicile de Kader. Ce dernier est abattu par son ancien indicateur dans le village.
Au même moment, la femme de Nathanaël s’écroule en face du bourreau de son mari. Par émotion peut-être. Puisque la fin du film, la montre enceinte, en train de faire une échographie.

Le film a failli ne pas être présent au FESPACO

Sélectionné pour cette 25e édition du FESPACO, ‘’La foret de Niolo’’ a failli ne pas être prêt à bonne date. Et pour cause, le manque de moyens. « Je vous dis que jusque-là, ça chauffe. On n’a pas bénéficié de soutien de l’extérieur. C’est un film made in Burkina, entièrement produit au Burkina », explique le réalisateur.

Il a fallu les aides du ministère de la culture, des arts, et du tourisme ; de l’assemblée nationale et de la présidence du Faso pour que le premier long métrage de Adama Roamba soit finalisé et présenté à cette 25e édition du FESPACO.

La projection du film, le 1er mars 2017 à l’Institut français de Ouagadougou a été parrainée par le ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique et l’administrateur directeur général d’une cimenterie de la place. Ce, pour soutenir le réalisateur.

« La chance est partagée, l’Etalon est dans la rue, que le meilleur gagne », se contente de dire le réalisateur quand on lui demande ses chances parmi les 19 autres films en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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