Epargne communautaire : L’approche « VLS », une manne pour les femmes de Kougri

LEFASO.NET | Herman Frédéric BASSOLE • jeudi 16 février 2017 à 23h15min

Kougri, localité située à 55 km de Ouagadougou, dans la province du Ganzourgou, était en fête, ce mercredi 15 février 2017. Les femmes y clôturaient un cycle de neuf mois au sein des groupes villageois d’épargne et de crédit ou Village Savings and Loans (VLS). Cette approche innovante de mobilisation de l’épargne communautaire a été introduite à Kougri par l’ONG Christian Children’s Fund of Canada avec son partenaire de mise en œuvre, l’Eglise des Assemblées de Dieu.

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Epargne communautaire : L’approche « VLS », une manne pour les femmes de Kougri

Il y a cinq ans de cela, Banaba Awa pratiquait la culture de l’oignon dans son Kougri natal. Les débuts étaient pénibles car l’activité était peu rentable. Mais depuis son adhésion à l’un des groupes villageois d’épargne et de crédit dénommé Sougrinooma, elle confie être épanouie car elle a réussi à développer son activité et soutenir les membres de sa famille. Tout comme elle, ce sont des centaines de femmes de Kougri qui ont bénéficié des bienfaits de cette approche de mobilisation d’épargne (VSL) introduite par l’ONG Christian Children’s Fund of Canada (CCFC). Une approche qui a fait ses preuves au Niger et dans d’autres régions du Burkina Faso. Après un cycle d’épargne de neuf mois, l’heure est à la fête, fête à laquelle toute la population de Kougri et des villages environnants a pris part.

Chants, pas de danses, acclamations spéciales … La journée du mercredi 15 février 2017 restera gravée dans la mémoire des femmes. Réunies au sein de 33 groupes en 2016, elles ont réussi à épargner la somme de 32 millions de francs CFA contre 7 millions de francs CFA en 2014. Une performance qui réjouit Zalem Zida, le superviseur VSL de la zone qui a dû se battre comme un beau diable pour faire accepter l’approche aux femmes, trois ans plus tôt. « De par le passé, les femmes ont connu des démêlées avec des promoteurs de micro-crédits. Quand des difficultés de remboursement se posaient, ces personnes poursuivaient les femmes pour retirer leur bicyclette, mobylette ou tout autre bien. Quand nous sommes arrivés, les femmes nous ont mis dans le même sac que ces promoteurs. » Pour alors les convaincre du bien-fondé de l’approche, Zalem Zida a sollicité et obtenu le soutien de plusieurs leaders de la communauté.

Selon Thierry Zongo, Program Officer et représentant du Directeur Pays de CCFC, ce sont près de 200 millions de francs CFA qui ont été épargnés à Kougri, Fada, Diapaga et Saponé. La plus grande mobilisation de l’épargne communautaire (61 millions de francs CFA) revient cependant à Kougri, où l’approche a été adoptée en premier. L’argent obtenu a permis aux femmes de développer des activités de commerce, d’élevage et de jardinage. Mais au-delà des retombées financières, une valeur cardinale est née : la solidarité. Une denrée plutôt rare dans les grandes villes et selon le Coordonnateur des programmes des Assemblées de Dieu, le Pasteur Mark Ilboudo,« les femmes de Kougri n’ont rien à envier à celles de Ouagadougou ».

Le maire de la commune rurale de Zam, Marcel Guiré, s’est dit l’homme le plus comblé de cette cérémonie. Il a d’ores et déjà annoncé que la commune essayera autant que faire se peut, d’implémenter cette approche au niveau des 35 villages avec l’appui de ses partenaires. Et puisque c’est Zam qui abritera les festivités de la journée internationale de la femme au niveau de la région du Plateau-Central, le maire a offert deux ballons au préfet et au chef du village de Kougri pour les séances d’entrainements, car il est prévu un match de football entre les femmes et les coutumiers.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Quelques notes sur Christian Children’s Fund of Canada

Créée en 1960, Christian Children’s Fund of Canada est une organisation internationale de droit canadien centré sur l’enfant. Présente au Burkina Faso depuis 1987, elle a pour mission principale de soutenir les enfants défavorisés, leurs familles et leurs communautés. Son intervention se fait à travers le parrainage d’enfants et l’appui à la mise en œuvre de programmes et projets communautaires dans le domaine de l’éducation, la santé-nutrition, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, le développement des moyens d’existence, la promotion des droits de l’enfant. En dehors du Canada où se trouve son siège, l’organisation est présente au Ghana, en Ethiopie, en Inde, au Nicaragua, au Paraguay et au Burkina Faso.

Herman Frédéric Bassolé
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Vos commentaires

  • Le 17 février à 06:40, par eldenisot
    En réponse à : Epargne communautaire : L’approche « VLS », une manne pour les femmes de Kougri

    Félicitations à CCFC pour cette initiative de développement local. Je m’en réjouis d’autant plus que j’ai travaillé dans cette ONG au programme 062000 à Koupéla, comme coordonnateur de ce programme.
    bon vent

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    • Le 17 février à 12:23, par Nassara
      En réponse à : Epargne communautaire : L’approche « VLS », une manne pour les femmes de Kougri

      Récemment j’ai visité le Burkina Faso comme membre du bureau d’une fondation néerlandaise qui réalise des projets au Burkina. L’une des membres de notre délégation était une dame du Canada qui m’avait fait savoir qu’elle soutient une fille dans le village de Zam depuis 2015. Comme nous sommes arrivés à Mogtedo et que Zam est à seulement 7 km, nous avons décidé de visiter la fille concernée. Avant notre visite, notre interlocuteur au Burkina avait eu un contact téléphonique avec le Pasteur Marc Ilboudo Directeur National des églises des Assemblées de Dieu de la CCFC au Burkina Faso pour lui demander s’il était possible de rendre visite à la jeune fille au ZAM. Selon le pasteur, il n’y avait pas de problème.
      Cependant, comme nous n’avions pas d’adresse exacte, nous nous sommes retrouvés dans un bureau de l’Assemblée de Dieu. Après avoir expliqué qui nous cherchions, les gens du bureau nous ont dit qu’ils connaissaient la fille et que sa mère était à ce moment-là sur le marché. Nous avions immédiatement eu l’impression que notre demande pour la fille était désagréablement surprenant pour eux et ils ont refusé de nous aider.
      Lorsque nous avons demandé pourquoi ils refusaient d’aider une personne qui a parcouru des milliers de kilomètres pour voir une fille pour laquelle elle paie chaque mois 41 CAD (presque 19.500 Fcfa !!), ils ont répondu que la dame devait d’abord être autorisé par Toronto à rendre visite à la jeune fille. Dans le document d’information qu’elle a reçu de CCFCA à Toronto, il n’y a rien du tout sur les possibilités de visiter un enfant. Vous pouvez seulement lire dans ce papier combien et de quelle manière on devrait payer et que les lettres ne sont pas envoyées directement à l’enfant.
      Chez nous, cela suscite le soupçon que la notification d’une visite est nécessaire pour indiquer à la famille concernée que l’enfant (et éventuellement son domicile et son environnement) le jour en question doit être soigné pour faire bonne impression.
      Nous sommes très déçus de ce tournant des événements et de cette expérience négative avec Child Fund. Cela nous rappelle comment, aux Pays-Bas il y a environ 20 ans, l’existence des Foster Parents a pris fin.
      Nous ne pouvons pas voir comment ce comportement peut être expliqué par le Christianisme.

      Répondre à ce message

  • Le 17 février à 12:46, par Nassara
    En réponse à : Epargne communautaire : L’approche « VLS », une manne pour les femmes de Kougri

    Récemment j’ai visité le Burkina Faso comme membre du bureau d’une fondation néerlandaise qui réalise des projets au Burkina. L’une des membres de notre délégation était une dame du Canada qui m’avait fait savoir qu’elle soutient une fille dans le village de Zam depuis 2015. Comme nous sommes arrivés à Mogtedo et que Zam est à seulement 7 km, nous avons décidé de visiter la fille concernée. Avant notre visite, notre interlocuteur au Burkina avait eu un contact téléphonique avec le Pasteur Marc Ilboudo Directeur National des églises des Assemblées de Dieu de la CCFC au Burkina Faso pour lui demander s’il était possible de rendre visite à la jeune fille au ZAM. Selon le pasteur, il n’y avait pas de problème.
    Cependant, comme nous n’avions pas d’adresse exacte, nous nous sommes retrouvés dans un bureau de l’Assemblée de Dieu. Après avoir expliqué qui nous cherchions, les gens du bureau nous ont dit qu’ils connaissaient la fille et que sa mère était à ce moment-là sur le marché. Nous avions immédiatement eu l’impression que notre demande pour la fille était désagréablement surprenant pour eux et ils ont refusé de nous aider.
    Lorsque nous avons demandé pourquoi ils refusaient d’aider une personne qui a parcouru des milliers de kilomètres pour voir une fille pour laquelle elle paie chaque mois 41 CAD (presque 19.500 Fcfa !!), ils ont répondu que la dame devait d’abord être autorisé par Toronto à rendre visite à la jeune fille. Dans le document d’information qu’elle a reçu de CCFCA à Toronto, il n’y a rien du tout sur les possibilités de visiter un enfant. Vous pouvez seulement lire dans ce papier combien et de quelle manière on devrait payer et que les lettres ne sont pas envoyées directement à l’enfant.
    Chez nous, cela suscite le soupçon que la notification d’une visite est nécessaire pour indiquer à la famille concernée que l’enfant (et éventuellement son domicile et son environnement) le jour en question doit être soigné pour faire bonne impression.
    Nous sommes très déçus de ce tournant des événements et de cette expérience négative avec Child Fund. Cela nous rappelle comment, aux Pays-Bas il y a environ 20 ans, l’existence des Foster Parents a pris fin.
    Nous ne pouvons pas voir comment ce comportement peut être expliqué par le Christianisme.

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