Education civique en milieu scolaire : Le ministère de la justice plaide pour sa mise en œuvre

LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • mardi 17 janvier 2017 à 18h24min

Un atelier de plaidoyer pour l’effectivité de l’éducation civique dans les différents ordres d’enseignement s’est ouvert, le 17 janvier 2017 à Ouagadougou. C’est le ministre de la Justice, des droits humains et de la promotion civique, Garde des sceaux, Bessolé René Bagoro qui a présidé l’ouverture des travaux.

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Education civique en milieu scolaire : Le ministère de la justice plaide pour sa mise en œuvre

Cette rencontre fait suite à une série d’activités organisées par le ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique. Elles ont concerné les parents d’élèves, les conseillers d’éducation, les chefs d’établissement et les délégués des établissements. « Il s’agit de mener un plaidoyer pour l’effectivité de l’enseignement de l’éducation au civisme dans les écoles depuis le primaire jusqu’au supérieur.

C’est pourquoi, je me laisse convaincre que votre présence de ce matin témoigne de l’intérêt que vous accordez à la promotion du civisme et de la citoyenneté responsable dans notre pays », a d’entrée de jeu signifié le ministre en charge de la justice, Bessolé René Bagoro.

Ainsi, selon lui, l’école, jadis vitrine de l’apprentissage et de la socialisation, est en passe de devenir le terreau de la violence et de l’insécurité. En témoignent les séquestrations d’enseignants, le non-respect des symboles de l’Etat, le non-respect de l’autorité, entre autres.

Face à cette situation, il convient de repenser le système éducatif pour faire des valeurs civiques et citoyennes, le socle de l’éducation, conformément à la loi d’orientation de l’éducation de 2007. Le ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique (MJDHPC) s’est inscrit dans cette dynamique. En 2015, ce département ministériel en collaboration avec le ministère en charge de l’éducation nationale et celui en charge de l’enseignement supérieur, a réalisé une étude diagnostique de l’enseignement de l’éducation civique en milieu scolaire dans huit régions administratives du pays.

Les conclusions de cette étude ont révélé une disparité quant à l’enseignement de cette discipline en milieu scolaire. « Si au primaire, l’enseignement au civisme est ressenti, dans le post primaire, le secondaire et au niveau du supérieur, c’est très faible (96% contre 16%) », a expliqué le MJDHPC, soutenant qu’une telle inégalité « n’est pas de nature à favoriser l’apprentissage des valeurs de civisme et de citoyenneté responsable aux élèves ».

C’est dans le but de susciter la généralisation effective de l’enseignement de cette discipline que la direction générale de la promotion civique a décidé de mener ce plaidoyer auprès des responsables des ministères en charge de l’éducation. Il se fera sous forme d’atelier de restitution. L’objectif est de présenter aux acteurs du monde éducatif, le rapport provisoire de l’étude diagnostique de l’enseignement de l’éducation civique en milieu scolaire. « Il s’agira aussi de voir avec les deux ministères comment nous pouvons nous accompagner.

Car, c’est eux, éducation nationale et enseignement supérieur qui ont la pédagogie, qui savent comment rédiger les modules. Nous, nous allons apporter ce que nous savons en matière de promotion des droits humains pour voir ensemble ce que nous pouvons faire pour, dès le bas âge, introduire ses modules au niveau de l’enseignement », a renchéri le ministre Bagoro.

La directrice générale de la promotion civique (DGPC), Hadjaratou Zongo, quant à elle, est réaliste. « On ne peut pas décider du jour au lendemain de modifier le programme scolaire. C’est tout un processus qui concerne plusieurs acteurs qu’il faudra prendre en compte », a-t-elle fait comprendre. Même si tout comme le gouvernement, son vœu est de voir l’effectivité de l’enseignement du civisme en milieu scolaire. Elle a assuré que des actions sont engagées non seulement au profit des parents d’élèves sur leur responsabilité dans l’éducation de leurs enfants, les encadreurs, les enseignants, mais aussi au profit des élèves. A l’occasion, des élèves ont demandé à être sensibilisés sur les notions de civisme et de citoyenneté responsable, confie Mme Zongo.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 17 janvier à 19:44, par Amadoum
    En réponse à : Education civique en milieu scolaire : Le ministère de la justice plaide pour sa mise en œuvre

    Quand est-ce qu’on a arrête d’enseigner "la morale" et ’linstruction civique au primaire ?
    Le bon sens a prevalu et nous avons compris l’importance de ces 2 sujets. Cependant, il faut que nous comprenions tous que l’enseignement de l’instruction civique dans les classes primaires, a lui seul ne suffit pas. Les parents et les dirigeants doivent aussi jouer leur partition en donnant l’example a travers leur comportement.

    Mieux vaut tard que jamais !

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  • Le 17 janvier à 22:37, par Moi aussi
    En réponse à : Education civique en milieu scolaire : Le ministère de la justice plaide pour sa mise en œuvre

    ‘’ […] l’école, jadis vitrine de l’apprentissage et de la socialisation, est en passe de devenir le terreau de la violence et de l’insécurité.’’
    L’initiative est louable. Cependant, il serait souhaitable qu’on passe par la case interpellation du ou des fonctionnaires qui l’avaient supprimée afin de connaître les motivations et au besoin, sanctionner car, on doit arrêter de naviguer à vue.
    Cela me rappelle le baccalauréat que des apprentis-sorciers sont venus y faire des expériences malheureuses si bien que nous avons fait des aller-venus absurdes avec naturellement des conséquences sur sa qualité puisqu’à chaque fois qu’il y a eu besoin de corriger, cela signifie que ça n’a pas été bon. Et un bac pas bon veut dire des bacheliers pas bons.
    Bref, notre Administration a connu ce type d’aventures et cela doit s’arrêter.
    Un haut commis de l’État qui fait un changement doit argumenter solidement et convaincre par A+B que ce qu’il propose est qualitativement meilleur et financièrement tenable par le pays. Sinon, il devra faire face à ces responsabilités.
    Il ne s’agit pas de mettre un frein à l’imagination de l’homme ou à son sens d’innovation mais de les encadrer pour éviter un recul collectif à cause de quelques prétendus illuminés.

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  • Le 18 janvier à 09:19, par NOPOKO
    En réponse à : Education civique en milieu scolaire : Le ministère de la justice plaide pour sa mise en œuvre

    L’internaute 1 a entièrement raison. Nous devons tous (parents, enseignants, autorités, ect.) être des bons exemples et repaires pour nos enfants. L’éducation civique commence dans la famille, se poursuit dans la société, pour être complétée à l’école. Le civisme est la résultante du respect de soi et des autres. Quel civisme pouvons nous attendre d’un enfant dont les parents passent le temps à s’envoyer des grossièretés à longueur de journée devant lui, qui voit son papa ou sa maman griller tous les feux tricolores et les panneaux stop pour le déposer à l’école pour ne citer que ces faits. Tant que les enfants ne seront plus éduqués dans les familles et dans la société, mais simplement élevés comme du bétail, l’incivisme ira grandissant.
    Les enseignants aussi doivent être de vrais et bons éducateurs, donner le bon exemple et être des références pour leurs élèves. Avant on avait plus peur du maître que de son papa, et tout le monde voulait être comme lui. Aujourd’hui les choses ont changé pour plusieurs raisons, et il faut une remise en cause à tous les niveaux pour que les choses aillent mieux.

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  • Le 18 janvier à 11:12, par Brahma
    En réponse à : Education civique en milieu scolaire : Le ministère de la justice plaide pour sa mise en œuvre

    Il faut aussi que le gouvernement re-instaure le Service militaire obligatoire. Car un pays pauvre comme le Burkina ne peut pas se permettre de laisser sa population sans formation militaire, et seulement compter pour sa sécurité sur à peine quelques milliers de soldats d’ailleurs mal équipés. Il faut faire en sorte que chaque citoyen soit un soldat, pour le bien du pays.

    Répondre à ce message

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