Grève des agents de santé : « il faut que les uns et les autres puissent mettre de l’eau dans leur vin », dixit Smaïla Ouédraogo

mardi 22 novembre 2016 à 23h30min

Suite au lancement du mot d’ordre de grève sans service minimum du Syndicat national des agents de la santé humaine et animale (SYNTSHA), le ministre de la santé, Smaïla Ouédraogo s’est rendu dans certaines formations sanitaires de la ville de Ouagadougou. C’était ce mardi 22 novembre 2016.

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Grève des agents de santé : « il faut que les uns et les autres puissent mettre de l’eau dans leur vin », dixit Smaïla Ouédraogo

« Ce que j’ai pu voir, je me dis qu’il y a un risque que les patients manquent de soins et si un patient manque de soins, il peut en pâtir, voire décédé ». C’est le constat fait par le ministre de la santé, après avoir visité cinq formations sanitaires de la ville de Ouagadougou. En effet, Le Syndicat national des agents de la santé humaine et animale (SYNTSHA), observe du 22 au 24 novembre 2016, une grève sans service minimum pour exiger la satisfaction de sa plateforme revendicative.

Du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo au district sanitaire de Nongr-Massom, en passant par le Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles De Gaulles ou encore le district sanitaire de Bogodogo et celui de Boulmiougou, le ministre Smaïla Ouédraogo est allé constater l’effectivité de la grève.

Au CHU Yalgado Ouédraogo, le Directeur général Robert Sangaré confie : « On ne peut pas nier que le mouvement est bien suivi et cela nous crée des soucis. En pédiatrie, nous sommes submergés parce qu’il manque beaucoup d’infirmiers, des anesthésistes ». Et si des réquisitions ont été prises par le gouvernorat, Robert Sangaré dit déplorer le fait que les forces de l’ordre aient eu des difficultés pour trouver les domiciles des agents concernés et remettre également les réquisitions en main propre. Selon le DG de l’hôpital Yalgado, « Au moins 80 réquisitions » ont été proposées.

A cet effet, précisant que la réquisition est un acte légal pour assurer le service minimum, le ministre de la santé a exprimé son regret face aux refus de certains agents. « La réquisition est un acte légal pour assurer le service minimum et cette réquisition a été faite en bonne et due forme, mais nous déplorons le fait que certains agents, devant les agents de police, refusent de prendre l’acte de réquisition, ceci n’est pas un comportement républicain », a-t-il signifié.

Au district sanitaire de Nongr-Massom, la grève a été suivie à 100% de l’avis du médecin chef, Docteur Anara Soré. « La grève a été totale et les malades depuis le matin n’ont pas eu de soins. Il y a d’autres qui ont demandé à rentrer. A certains, nous avons proposé des évacuations et d’autres également sont toujours là, pour décider avec leurs familles », a-t-elle indiqué, soutenant que le service minimum se résume à l’administration, « sinon au niveau des soins, il n’y a pas de service minimum ».

Même son de cloche au district sanitaire de Boulmiougou. Et si des disposions ont été prises pour assurer le service minimum, le médecin chef, Noël Nacoulma, confie : « Le bloc opératoire est fermé. La grève est suivie parce que si on n’arrive pas à faire ce qui est fait habituellement, si on a des difficultés pour faire tourner le service, c’est qu’il y a un dysfonctionnement ».

Quant au Centre hospitalier universitaire pédiatrique Charles de Gaulles, le constat semble différent. A ce niveau, le Directeur général Malick Guébré explique qu’il difficile de faire des constats surtout lorsqu’il qu’il s’agit du premier jour. Toutefois, il affirme que le service des urgences n’est pas paralysé : « Pour ce qui concerne les urgences, tout le dispositif est là. Il y a le médecin titulaire et les infirmiers qui assurent les soins au niveau des services d’urgence ».

S’agissant de l’absence des anesthésistes, M .Guébré rassure : « Nous sommes en train de travailler pour voir comment nous pouvons faire venir un certain nombre de personnels anesthésistes, sinon tout le reste du dispositif est sur place pour prendre en charge les enfants ». Le même discours a été tenu par le docteur Moussa Sana, médecin chef du district sanitaire de Bogodogo. Ce dernier a également indiqué que la : « La grève n’est pas totalement suivie ».

Remerciant les agents de santé en service, le ministre a déploré une réduction assez significative du fonctionnement des services de santé. Ainsi, il a noté la nécessité de mettre chacun devant ses responsabilités, « le gouvernement en premier et nous assumons notre responsabilité » a-t-il dit, tout en regrettant les conditions de la présente grève. « Sur une plateforme de 63 points, 59 ont fait l’objet d’accords et 4 ont fait l’objet de désaccord. Jusqu’à ce que j’apprenne hier aux environs de 13 heures , que cette grève était sans service minimum et jusqu’à l’heure où je vous parle, aucune correspondance officielle ne nous est parvenue, ce qui fait preuve d’une insuffisance parce qu’entre partenaires, on se doit de se parler, de se tenir informer » a-t-il déclaré.

Néanmoins, estimant que le secteur de la santé est un secteur particulier, le ministre Smaïla Ouédraogo interpelle « les uns et les autres à mettre de l’eau dans leur vin, à revenir soigner les patient ». Car dit-il : « A partir du moment où la discussion n’est pas épuisée avec les autorités, cette option d’aller à une lutte assez maximaliste me parait inopportune au regard du contexte dans lequel nous sommes ».

Par ailleurs, précisant que les discussions n’ont jamais été interrompues, le ministre de la santé a émis que le souhait que dans les heures qui suivent, les agents puissent tirer les enseignements nécessaires en vue de poursuivre le dialogue, « mais en travaillant », a-t-il conclu.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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