Situation nationale : « Au PAREN, on n’a pas fusionné avec le MPP », explique le Pr Laurent Bado

mercredi 20 avril 2016 à 00h29min

Le fondateur du parti de la renaissance nationale (PAREN) a effectué sa première sortie médiatique ce mardi 19 avril 2016 à Ouagadougou. Comme l’on pouvait s’y attendre Laurent Bado le fondateur du parti a donné les raisons qui ont amené son parti à rejoindre le gouvernement de Roch Kaboré. Il a ensuite formulé l’espoir que ses quatre propositions de lois rejetées sous le régime Compaoré aient une suite favorable.

Situation nationale : « Au PAREN, on n’a pas fusionné avec le MPP », explique le Pr Laurent Bado

Connu pour son franc parler, le Pr Laurent Bado avait prédit depuis quelques années que les portes de l’enfer s’ouvriraient si les mêmes revenaient au pouvoir. Entendez par là, les dissidents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), fondateurs du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Après les élections du 29 novembre ayant porté Roch Marc Christian Kaboré du MPP au pouvoir, l’opinion nationale ne s’attendait pas à voir le PAREN au sein du gouvernement et dans la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. Ce choix du parti a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais aujourd’hui, l’ « homme de Zoula », qui estime avoir longtemps prêché dans le désert, clarifie les choses à travers une conférence qu’il a organisée ce mardi 19 avril à la maison de retraite Antoine Nanga.

Les raisons du soutien

« On n’est pas comme les autres. Ce n’est pas le pouvoir qui est notre objectif premier, notre objectif, c’est de sensibiliser, conscientiser et responsabiliser les citoyens », a lancé Laurent Bado. Pour lui, le PAREN est entré au gouvernement pour deux raisons essentielles liées à la nature du régime politique. « Dans toutes les démocraties, on a des gouvernements de coalition et des gouvernements d’union nationale », a-t-il avancé.

Tout d’abord, le PAREN a fait une coalition avec le MPP car celui-ci ne disposait pas d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale pour entreprendre d’importantes réformes pour le peuple. Refuser cela aurait été « criminel » selon le Pr Bado.
Aussi, le gouvernement actuel est un gouvernement d’union nationale parce qu’il y a une crise interne et externe à gérer.

« Si le MPP fait des trucs diamétralement opposés… »

Même si le PAREN est représenté au gouvernement par son président, actuel ministre de la culture, des arts et du tourisme, Laurent Bado précise que le parti « n’a pas fusionné avec le MPP mais a plutôt fait une coalition ». Toutefois « si le MPP fait des trucs diamétralement opposés à notre point de vue, on fait quoi ? On s’en va », a balancé l’homme de Zoula. Remonté contre les critiques acerbes de certains citoyens à l’encontre de sa personne, Laurent Bado n’a pas manqué de lâcher « Celui qui aime le pays plus que moi n’a qu’à créer son parti, il n’a qu’à se battre ».

Une aubaine pour la suite des propositions de lois

Par cette proximité avec le pouvoir en place, le PAREN espère que ses quatre propositions de lois défendues bec et ongles sous le régime Compaoré auront une suite favorable. La première proposition de loi concerne l’interdiction et la répression de l’animalité, de l’homosexualité, de la pédophilie et du mariage de personnes de même sexe. La deuxième proposition de loi, elle, concerne l’introduction de la vignette sur les véhicules automobiles et dont les recettes doivent contribuer à soutenir les étudiants. La troisième proposition de loi concerne l’assurance sur la créance de salaire qui vise à garantir le paiement des salaires des travailleurs en cas d’insolvabilité de leur employeur. Et la quatrième proposition de loi est celle liée à la fréquentation des débits de boisson par les mineurs.

« Roch travaille »

Sur le bilan des 100 jours du président du Faso, Laurent Bado estime que « Roch travaille » mais que les attentes du peuple burkinabè sont nombreuses et difficiles à satisfaire dans l’immédiat. « Un gouvernement intelligent doit toujours prendre le peuple dans le sens de son mouvement en bon judoka ? Jamais face à face en boxeur », a suggéré le conférencier avant de laisser présager que Roch Kaboré sera « mangé vivant » s’il échouait dans sa mission.

Au cours de la conférence, le fondateur du PAREN a donné son analyse de la situation africaine et internationale. Estimant que les richesses des pays africains sont accaparées par « un clan de coquins copains » imbus de leur orgueil, et que la démocratie est en recul sur le continent, Laurent Bado a déclaré que l’Afrique avait urgemment besoin d’un Etat fédéral et que seule la jeunesse pouvait se lever et imposer les Etats-Unis d’Afrique.

Pour ce qui est de l’international, le conférencier s’est violemment attaqué à l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui est pour lui « un instrument de l’Occident impérialiste ». Il propose que soient créées cinq ONU. Une africaine, une américaine, une asiatique, une océanique et une arabique « sur la base de la conception de la liberté, de la démocratie et de la vie en communauté humaine, et dont les représentants formeront à New-York une ONU mondiale sans droit de veto ni membres permanents ou pas fonctionnant selon la règle de la majorité. »

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

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