Essai politique : Adama Amadé Siguiré exprime sa colère contre le pouvoir de Blaise Compaoré

dimanche 10 janvier 2016 à 23h17min

Blaise COMPAORE, le règne d’un ange ?! : Paroles d’un insurgé est le tout premier essai politique d’Adama Amadé Siguiré, un « produit de l’insurrection populaire ». Une œuvre qui relate les 27 ans de « parcours ensanglanté d’un homme politique à deux visages : celui du facilitateur ou médiateur hors pair et celui du tripatouilleur de la loi fondamentale de son pays ». Le livre a été dédicacé samedi 9 janvier 2015 sous le parrainage de l’ex-député du conseil national de la transition Anselme Somda.

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Essai politique : Adama Amadé Siguiré exprime sa colère contre le pouvoir de Blaise Compaoré

Deux semaines ! C’est le temps (du 8 au 22 novembre 2014) éclair qu’il a fallu à l’écrivain pour produire Blaise COMPAORE, le règne d’un ange ?! : Paroles d’un insurgé, un essai de 228 pages. Cet exploit n’a été possible, que grâce à un cocktail explosif de « colère, de passion et d’un désir d’immortalité  », nous a confié l’auteur Adama Amadé Siguiré.

De « L’assassinat d’un patriote engagé » à « le Burkina Faso de demain »
L’essai se compose de huit chapitres. Le premier intitulé « L’assassinat d’un patriote engagé » est un flash-back sur les connaissances livresques de l’auteur sur Thomas Sankara, le père de la révolution d’août 1983.

Au chapitre 2, débutent « les élucubrations d’un aventurier  ». Là, Blaise Compaoré « décida de briser l’idéologie sankariste révolutionnaire » après avoir « marché sur le sang chaud de Thomas Sankara », soutient l’essayiste. A la mort de ce héros national en 1987, Adama Siguiré avait à peine six ans.

« La patrimonialisation du pouvoir » au chapitre 3 arriva et « l’intégrité devint un vice au Burkina Faso ». Dans cette partie, l’écrivain dépeint froidement la gestion de l’Etat à la suite de la crise née de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo : « Compaoré laissait faire. Les corrompus et les corrupteurs ne craignaient rien. Le président ne s’intéressait qu’à son fauteuil (…) Le slogan était connu de tous : Mieux vaut connaitre quelqu’un que de connaitre le pays. Une affaire vaut mieux qu’une demande  »

Le quatrième chapitre est intitulé « le règne des ploutocrates ». Selon Siguiré, après l’élection présidentielle de 2005, l’économie était aux mains des proches du régime tels que François Compaoré (le frère cadet du président), et sa belle-mère Alizèta Ouédraogo encore appelée « la belle-mère nationale ».

« La générosité de l’article 37 » a été abordée dans le chapitre 5. Le fameux article est « entré dans l’histoire » à partir de 2010 et le président Blaise Compaoré était prêt à tout pour le réviser. Au point d’entreprendre plusieurs initiatives plutôt pour se « donner bonne conscience » telles que la célébration tournante de la fête de l’indépendance, les constructions d’universités…

Les chapitres 6 et 7 sont baptisés respectivement « les prémices d’une insurrection » et « l’insurrection d’un peuple ». Le déclin s’annonce pour le pouvoir de Blaise Compaoré surtout après l’implosion du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) parti au pouvoir, la création du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) par d’anciens compagnons avec à leur tête le trio Roch, Salif et Simon ; la marche des femmes aux spatules, la grande marche de l’opposition…

Enfin « le Burkina Faso de demain » est la dernière escale de Blaise COMPAORE, le règne d’un ange ?! : Paroles d’un insurgé. Et l’auteur rêve d’un Burkina de démocratie et de liberté qui doit « réduire considérablement le train de vie de l’Etat et avoir la jeunesse comme fer de lance.

Un homme de terrain

« Cet essayiste est un homme de terrain », a dit l’ex-député du CNT, Anselme Somda. Après avoir relaté les circonstances de sa rencontre avec l’auteur et les luttes qu’ils ont menées ensemble à Bobo-Dioulasso lors du coup d’Etat du RSP, il dit être convaincu qu’Adama Amadé Siguiré est un écrivain de la trempe d’Alexandre Biyidi (l’auteur de Ville cruelle sous le pseudonyme d’Eza Boto, NDLR) et de Norbert Zongo. « Il dit tout haut ce que les gens pensent plus bas », se justifie-t-il.

Bientôt une analyse sur la transition

Outre ce premier coup d’essai, Adama Amadé Siguiré a déjà à son actif trois romans dont Les folies de l’adolescence paru en 2012, Le Triomphe de l’amour en 2013, et Le crime parfait en 2015. Un autre livre est en préparation et l’écrivain a confié qu’il s’agira d’une analyse politique sur la transition burkinabè. Certes, il n’aura pas le même ton que le premier essai mais il fera la part belle entre les réussites et les échecs du processus qui a pris fin le 29 décembre dernier avec l’investiture de Roch Marc Christian Kaboré.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net

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