Délestages au Burkina Faso : Les ménages et les entreprises durement touchés

vendredi 6 novembre 2015 à 04h01min

Le laboratoire d’analyse et de politique économique (LAPE) a animé un atelier ce jeudi 5 novembre 2015. Objectif, présenter et discuter avec les acteurs du monde de l’énergie et des affaires, des résultats de l’étude relative à l’impact des délestages sur les conditions de vie des ménages et les performances économiques des entreprises.

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Délestages au Burkina Faso : Les ménages et les entreprises durement touchés

Entre 40 et 50 heures de délestage par semaine, c’est ce que révèle le calendrier prévisionnel 2015 de la SONABEL .En effet, il est évident que les délestages chroniques sont récurrents au Burkina Faso et cela entraine un manque à gagner pour les ménages et les entreprises.
Fort de ce constat, les chercheurs du laboratoire d’analyse et de politique économique, un des laboratoires du centre d’étude, de documentation et de recherche économique et sociale (CEDRES), de l’université Ouaga 2 ont mené une étude sur les entreprises et les ménages burkinabè. Le but étant d’évaluer l’impact des délestages sur les conditions de vie des ménages et les performances économique des entreprises.
L’étude qui a été effectuée du 29 avril au 20 mai 2015, a porté sur 315 ménages, 284 entreprises formelles et 280 entreprises informelles des villes de Ouaga, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Ouahigouya et Banfora.

Au niveau des ménages

Selon le professeur Idrissa Ouédraogo qui a conduit la présente étude « les délestages que nous avons observés ces dernières années ou derniers mois au Burkina Faso ont eu un impact négatif sur les conditions de vie des ménages, sur leur façon de vivre ».
A titre d’exemple, sur 315 ménages interrogés, 21% affirment avoir connu une destruction temporaire de leur équipement et 14,6% estiment avoir connu une perte définitive.

En outre, rappelle le professeur Ouédraogo, les délestages ont eu un effet sur la conservation de la nourriture. A cet effet, précise-t-il, les femmes estiment être les plus touchées. « Les nombreux délestages les prive de leur loisir favori qui est la télévision, rendent leurs tâches plus difficiles notamment la difficulté de conserver les aliments mais aussi, elles n’ont pas d’autres alternatives contrairement aux hommes », explique t- il.
Dans l’ensemble, le professeur souligne que les délestages impactent la qualité de vie des ménages de façon générale. « On a observé que les ménages n’étaient pas du tout satisfaits sur la façon dont la SONABEL traite les coupures d’électricité .Cela joue de façon négative sur la fourniture d’eau également ».

Au niveau des entreprises

S’agissant des entreprises, l’étude a révélé que les délestages jouent fortement sur la performance des entreprises dans notre pays. A ce sujet, les statistiques ont démontré que de nombreuses entreprises ont enregistré des retards de livraison, d’importantes pertes de commande et de production. Certaines entreprises ont même fait faillite et ont fini par quitter le marché.

Toutefois, le professeur soutient avoir observé des résultats contradictoires en ce qui concerne la performance des entreprises. En effet, lors de l’étude, les enquêteurs ont constaté qu’en raison des délestages récurrents, certaines entreprises ont développé des efficiences relativement meilleures. Ce qui signifie qu’elles ont pu développer des aptitudes, une excellente capacité de résilience qui fait qu’elles ont pu développer des alternatives pour pouvoir produire mieux en achetant par exemple des groupes électrogènes ou en produisant elles- mêmes l’électricité à partir de tourteaux de coton .

Après ces différents constats, l’enquête confirme que le Burkina Faso connait d’importants déficits énergétiques avec d’énormes effets négatifs pour les ménages et les entreprises. Raison pour laquelle, il est souhaitable d’adopter des mesures telles que la protection de matériels de production, leur maintenance, l’adoption d’horaires supplémentaires de travail et l’usage de groupe électrogène. La SONABEL pour sa part semble avoir adopté des mesures pour améliorer l’offre. Selon le professeur Ouédraogo, « au cours de l’année 2015, la SONABEL a pu négocier avec des entreprises qui ont quitté le système d’alimentation de la SONABEL pour produire l’électricité d’elles- mêmes. Cela a permis d’accroître la production et l’offre au niveau des ménages ».

Nicole Ouédraogo
lefaso .net

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Vos commentaires

  • Le 6 novembre 2015 à 09:56
    En réponse à : Délestages au Burkina Faso : Les ménages et les entreprises durement touchés

    Il faut encourager l’éclairage leds.

    Répondre à ce message

  • Le 6 novembre 2015 à 10:52, par Sheiky
    En réponse à : Délestages au Burkina Faso : Les ménages et les entreprises durement touchés

    Très bon sujet, mais le résumé est assez lapidaire. Espérons ce qui s’est dit a été plus consistant.
    - Il faut éssayer de chiffrer les pertes, surtout pour les entreprises ;
    - le résumé ne fait pas cas des solutions concrètes aussi bien pour les menages, les entreprises et la sonabel. la maintenance, la protection... ne sont que des solutions simples et elles peuvent être couteuses. Qu’est-ce que la sonabel prévoit hormis ce pis-aller " travaille à améliorer l’offre".
    - Il ne font pas cas des énergies renouvellables tel le photovoltaïque qui se généralise mais est mal encadré.
    - la résilience indiquée pour les entreprises est trompeuse. A mon sens, elle n’est pas éfficiente parce que les groupes électrogènes autonomise, mais le coût au kwh est beaucoup plus important que celui de la sonabel. Sans compter qu’une entreprise industrielle qui utilise un groupe continue à payer sa facture d’électricité surtout la part fixe qui est loin d’être négligeable :
    - quelque chose qui s’assimile au délestage est le manque de fourniture dans certaines zones. cela a également un fort impact économique et un manque à gagner pour l’essor de ces zones.

    Bref, ll est clair que le volet électricité est un véritable challenge pour notre pays. Je pense que la pression n’est pas assez forte sur le gouvernement. A défaut d’investir, on peut encadrer les sources d’énergie renouvelable (detaxe, certification d’origine, agrément avec contrôle des prix). Si on est visionnaire, le Burkina peut être leader dans la maîtrise de l’énergie solaire en afrique (exemple du Maroc) surtout pour les ménages. Cela laissera le temps à la sonabel de souffler et se construire une stratégie pour le moyen et long terme

    Répondre à ce message

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