WAVE : Un projet pour sécuriser et accroitre la productivité des plantes à racines et à tubercules

samedi 4 juillet 2015 à 00h40min

Le projet sous-régional WAVE (West african virus epidemiology) a été officiellement lancé ce 03 juillet 2015 à Ouagadougou. En Français, il est intitulé « épidémiologie des virus des plantes à racines et tubercules en Afrique de l’Ouest ». Financé par la fondation Bill et Melinda Gates, il regroupe six pays. Il a pour objectif d’augmenter de façon durable la productivité des plantes à racines et tubercules par la gestion des maladies virales.

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WAVE : Un projet pour sécuriser et accroitre la productivité des plantes à racines et à tubercules

C’est la salle de conférence CREAF de l’INERA qui a servi de cadre au lancement, au niveau national, du projet WAVE. Un projet qui se penche sur une problématique essentielle. Financé par le programme de développement global de la fondation Bill et Melinda Gates, ce projet regroupe six pays d’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria et Togo. Huit institutions (universités et centres de recherche) sont également impliquées dans le projet dont l’INERA.

D’autres partenaires internationaux sont aussi impliqués et ont en charge les stratégies d’échantillonnage et la modélisation mathématique de l’épidémiologie des virus des plantes à racines et à tubercules. Il s’agit de Rothamstedresearch institut et de University of Cambridge du Royaume Uni. Dans la phase I, les six pays s’intéresseront dans un premier temps aux virus du manioc. Le Burkina, lui, travaillera sur les viroses de la patate douce en plus de celles du manioc.

Avec les changements climatiques, la culture de ces deux tubercules prend de plus en plus de l’importance dans les habitudes alimentaires des populations. Au niveau mondial, le manioc est l’aliment de base de plus de 800 millions de personnes dont plus de 250 millions de personnes en Afrique. Mais, ces plantes à multiplication végétative sont sujettes aux maladies virales qui constituent la contrainte majeure de la production de la patate et du manioc en Afrique.Un programme de lutte contre les maladies virales de ces plantes est donc salutaire.Car, il permettra de sécuriser la production et donc de résoudre un tant soit peu les problèmes alimentaires sur le continent.

La mosaïque et la striure : des virus qui menacent la production du manioc

La maladie la plus connue actuellement est la mosaïque africaine du manioc. En plus du virus responsable de la mosaïque, un nouveau virus responsable d’une maladie appelée la striure brune a fait son apparition en Afrique de l’Est et s’est propagé ces dernières années du littoral de l’océan indien à la région des grands lacs et sa présence a été signalée en Angola et en République démocratique du Congo (RDC). C’est dire que la menace se rapproche de l’Afrique de l’Ouest où le Nigéria est le premier producteur mondial. « La maladie se caractérise par une nécrose des tubercules de manioc et parfois un fleurissement des feuilles qui les rendent impropres à la consommation, la maladie se transmet aussi par l’échange des boutures issues de plantes infectées entre les producteurs », a précisé le directeur adjoint de l’INERA, Dr Halidou Compaoré, dans son discours de lancement du projet.

« S’il arrive au Nigéria, un pays de 170 millions d’habitants dans lequel 80% de la population dépend du manioc pour se nourrir, ce sera une catastrophe. C’est pour cela que nous voulons travailler dès à présent à prévenir ce virus. Et si vous ne pouvez pas faire de la prévention, il faut faire une détection rapide, ce qui permet de circonscrire la maladie très rapidement », lance Dr Justin Pita, le coordonnateur régional du projet WAVE. Dr Pita est enseignant-chercheur à l’université Félix Houphouet Boigny où se trouve le siège du projet.

Orienter la diffusion des variétés de manioc

Projet à caractère sous-régional, WAVE permettra de mettre en place un système de surveillance beaucoup plus efficace de sorte que l’on puisse savoir exactement les types de virus existant dans toute la sous-région. Ce travail permettra aussi de mieux orienter la diffusion des variétés de manioc existant selon les zones de pression des maladies virales.

Au niveau du Burkina Faso, c’est Fidèle Tiendrébéogo qui est coordonnateur national du projet. Il est à la tête d’une équipe de cinq personnes. « Il sera question de faire la surveillance de ces maladies, répertorier sur le terrain tout ce qu’on trouve comme maladie liée aux plantes à tubercules (manioc et patate douce), savoir exactement ce qu’il y a dedans en termes de virus et donner les modes pour mieux les combattre », explique-t-il. Certes, tout le pays est visé, mais son équipe va commencer ses travaux d’abord dans les zones humides où ces tubercules sont beaucoup produits, notamment les régions de l’Ouest. « Le manioc est une culture d’avenir. Donc, l’idée, c’est de partir des zones humides jusqu’aux zones sèches pour la prospection. On commencera d’abord là où il y a beaucoup de manioc pour remonter. L’idée plus tard, c’est de déployer des variétés qui résistent aussi à la sécheresse », précise-t-il.

3,6 millions de dollars… en attendant

La phase I du projet est prévue pour durer trois ans, avec un fonds de 3,6 millions de dollars US. Des financements additionnels sont annoncés par le Royaume uni. Mais, dès 2017, l’équipe chargée de sa mise en œuvre va commencer à travailler sur la phase II qui, elle,devrait s’étaler sur quatre ans. Actuellement, six pays sont concernés par le projet. Mais, d’autres pays prendront certainement le train en marche. Il s’agit du Cameroun et de la République démocratique du Congo.
« Nous allons faire de la mobilisation, de la surveillance, du diagnostic, de la formation au niveau des étudiants, des techniciens, nous allons aussi faire de la communication parce que c’est un programme transversal. Mais, nous commençons par ce qui est plus important à cause de ce risque qui est en train de venir », précise Dr Pita, le coordonnateur régional.

L’assistance a eu droit au témoignage d’un agriculteur, M. Palenfo. Il produit plusieurs milliers de tonnes de manioc par an. Mieux, il dit être à la porte de la transformation.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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