Infrastructures hydrauliques en Afrique de l’ouest : Les impacts en débat à Ouaga

jeudi 26 mars 2015 à 20h32min

Ouagadougou abrite, depuis ce mercredi 2015, une rencontre de deux jours sur la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO sur les grandes infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest. La rencontre est initiée par le Centre de Coordination des Ressources en Eau de la CEDEAO (CCRE) avec le soutien de la Global Water Initiative (GWI) et du gouvernement du Royaume-Uni.

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Infrastructures hydrauliques en Afrique de l’ouest : Les impacts en débat à Ouaga

Les impacts des grands barrages font l’objet, depuis ce mercredi 25 mars à Ouaga, d’un atelier des représentants et experts des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Au centre des échanges : la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO sur les grandes infrastructures hydrauliques, notamment leurs impacts socioéconomiques et environnementaux. En effet, malgré ce qu’ils coûtent au budget, souvent des dizaines de milliards de francs CFA, la maîtrise des impacts des grands ouvrages hydrauliques reste encore problématique dans nos Etats. D’où tout l’intérêt de l’atelier de Ouaga qui fournira, selon le directeur du CCRE Wilson B. Ibrahim, une opportunité appréciable aux experts de la région de mettre en commun leurs précieuses expériences et de discuter des outils d’évaluation des impacts. Cela conformément à la directive de la CEDEAO d’avril 2014. Les lignes directrices de cette directive régionale stipulent que les grands barrages devraient être évalués au moins une fois tous les dix ans pour non seulement mesurer leurs impacts économique, social et environnemental des grands barrages ; mais aussi pour éclairer les décisions relatives aux investissements à venir et les politiques nationales. Car, comme l’indique Jamie Skinner de la Global Water Initiative, « à une époque où il y a toujours plus de barrages en construction, il est important de se demander si les hypothèses économiques qui sous-tendent ces décisions importantes sont vérifiées et quelles en sont les conséquences ».

Grands barrages sans amélioration des conditions de vie des populations

Pour Nouradine Zakaria Touré, président de la coordination nationale et régionale des usagers des ressources naturelles du Bassin du Niger, la réalisation des grands barrages dans la plupart des cas n’a pas été suivie d’une amélioration des conditions de vie de populations impactées, ni en termes de ressources d’accès à l’eau potable ou à l’électricité, ni d’accroissement des revenus. Il y a lieu véritablement, assure-t-il, de s’interroger sur les impacts de ces grands ouvrages hydrauliques, soulignant la nécessité d’aller vers la mise en œuvre des recommandations de la directive de la CEDEAO, compte tenu de l’insuffisance de la contribution de ces ouvrages au développement et des Etats. En témoignent les données de l’étude comparative menée par le consultant Edmond Kaboré. Il ressort par exemple de cette étude que l’Etat du Sénégal est confronté à un manque à gagner de 105 000 FCFA par hectare et par an sur les 5 000 hectares irrigués par les barrages de Niandouba et du Confluent. Et qu’au Burkina Faso ce manque à gagner est estimé à 120 000 FCFA par hectare et par an pour les 3 000 hectares du périmètre irrigué de Bagré pour la période de 1997 à 2008. Au regard de cette situation, le présent atelier est l’occasion pour les participants, selon Aliou Faye, représentant du directeur régional de l’UICN, de renforcer la réflexion sur la problématique des impacts des grands infrastructures hydrauliques en vue d’aller résolument vers la mise en œuvre de la directive régionale qui vise le renforcement de la rentabilité socioéconomique et la limitation des effets néfastes. Car, ces ouvrages sont, dit-il, des réponses aux besoins de développement des Etats de la CEDEAO ; que ce soit pour la production agricole en vue d’assurer la sécurité alimentaire ou pour la production de l’hydroélectricité pour assurer un approvisionnement énergétique.

Grégoire B. Bazié
Lefaso.net

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