Audience foraine sur les Mutilations Génitales Féminines : Des condamnations à des peines de prison prononcées à Gourcy

vendredi 14 novembre 2014 à 23h41min

Le Tribunal de Grande Instance de Ouahigouya (TGI) en collaboration avec le Secrétariat Permanent du Conseil national de Lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE) a organisé une audience foraine afin de juger des exciseuses et leurs complices. C’était à Gourcy (Zondoma) le mardi 11 novembre 2014.

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Audience foraine sur les Mutilations Génitales Féminines : Des condamnations à des peines de prison prononcées à Gourcy

Les pouvoirs publics de notre pays s’attèlent depuis quelques années à la recherche de méthodes appropriées pour parvenir à l’abandon de la pratique de l’excision sur les femmes et les jeunes filles. L’organisation de l’audience foraine à Gourcy du point de vue des organisateurs est de contribuer à une meilleure compréhension et interprétation de la loi punissant la pratique de l’excision qui du reste perdure dans certaines localités de la région du Nord dont le taux de prévalence est l’un des plus élevés au Burkina Faso. En présence des autorités administratives, coutumières, religieuses de la région et de la province du Zondoma, de la Secrétaire Permanente du CNLPE, des forces de sécurité, des leaders d’associations œuvrant dans l’éradication de la pratique de l’excision, l’audience foraine qui a duré huit (08) heures d’horloge a été une véritable école pour les prévenus et les populations.

Une audience qui a démontré l’inutilité de l’excision

Pour la tenue effective de l’audience foraine une équipe du TGI de Ouahigouya conduite par son président Gildas Zouré a été assistée par les juges Mathias Ouédraogo, Ignace Tougma pour juger publiquement 26 prévenus, auteurs et complices de faits d’excision courant octobre 2014. Quatre (04) dossiers ont été examinés pour excision et complicité de mutilation génitales féminines conformément aux dispositions du code pénal. Les prévenus qui sont venu de Ouahigouya, Gourcy, Posso, Bouri ont répondu aux questions du tribunal qui voulait comprendre pourquoi avoir choisi de mutiler les enfants et sur quelle base, qu’est-ce que l’excision apporte comme plus aux filles qui ont subi la pratique, les périodes, la manière dont est faite l’excision et à quel prix etc. Se défendant au cours du procès certaines ont indiqué que c’est l’ignorance par rapport à l’existence de la loi interdisant l’excision qui fait que la pratique continue d’autant plus que c’est une tradition qu’elles veulent respecter. Se morfondant en excuses après avoir reconnu les faits qui leurs sont reprochés par le tribunal, les prévenus ont tous appréhendé les inconvénients des MGF et ont promis d’arrêter d’être acteurs et complices de cette pratique avilissante pour la femme et la jeune fille.

Des condamnations pour dissuader les adeptes des MGF

Au terme des auditions des prévenus, des témoins et des parties civiles, le tribunal statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort a prononcé le verdict. Si quelques prévenus ont été relaxés pour infraction non constituée par rapport à la complicité de mutilations génitales, la majorité des complices et les acteurs ont écopé de peines d’emprisonnement ferme de 1 à 12 mois assorties d’amendes de 25.000Fcfa chacun. Prosper M. Tapsoba procureur du Faso s’est réjoui de la tenue de cette audience foraine qui permet de sensibiliser les populations de la région du Nord sur l’interdiction de l’excision et des peines que la loi prévoit.
« Nous sommes satisfaites du verdict qui est pédagogique pour les populations qui doivent savoir qu’il ne faut pas exciser ni être complices en favorisant la pratique » a indiqué Reine Bénao/Sakandé Secrétaire Permanente du CNLPE.

Poser les prémisses d’une collaboration pour l’éradication de l’excision

Au terme de cette audience foraine, les populations ont su que la pratique de l’excision est une infraction punissable, mieux elles semblent mieux comprendre le contenu de la loi punissant la pratique. Ce fut une occasion de poser les prémisses d’une bonne collaboration entre la population et l’ensemble des acteurs de la justice dans le cadre de la promotion de l’élimination de la pratique de l’excision. En rappel, au cours des mois d’Août à Octobre 2014, 36 jeunes filles dont l’âge est compris entre (5 et 19ans) ont été victimes de la pratique et certaines ont même été excisées jusqu’au 3ème degré dans la région du Nord.

Yann. NIKIEMA
Lefaso.net

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