Promotion de l’emploi des Burkinabè dans les mines : ORCADE et ses partenaires font le point du suivi de leurs recommandations

jeudi 21 août 2014 à 06h50min

L’Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE) a organisé, ce mardi 19 août 2014 à Ouagadougou, un atelier pour faire le point du suivi des recommandations d’une étude réalisée conjointement avec le Réseau Africain de Journalistes pour l’Intégrité et la transparence (RAJIT) et la Coalition Mines Alerte.

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Promotion de l’emploi des Burkinabè dans les mines : ORCADE et ses partenaires font le point du suivi de leurs recommandations

Ils étaient une trentaine de personnes à prendre part, ce mardi 19 août 2014 à Ouagadougou, à l’atelier organisé par l’Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE) et ses partenaires, à savoir le Réseau Africain de Journalistes pour l’Intégrité et la transparence (RAJIT) et la Coalition Mines Alerte. L’objectif de l’atelier, c’était de faire le point du suivi des recommandations de l’étude réalisée courant 2012-2013 sur l’emploi des Burkinabè dans les projets miniers au Burkina Faso.

Sur les tenants et les aboutissants de la rencontre, le chargé des programmes de l’ORCADE, Jonas Hien, explique : « L’année dernière, nous avons réalisé une étude qui porte sur l’emploi des Burkinabè dans les projets miniers. Il s’agissait de connaître un peu comment se passent les procédures de recrutement dans les projets miniers au Burkina, combien de Burkinabè y travaillent, quels sont les postes qu’ils y occupent. Après cette étude, nous avons tenu un atelier de validation, toujours l’année dernière. Et un certain nombre de recommandations ont été formulées à l’endroit du gouvernement et des sociétés minières, allant dans le sens de chercher de façon continue à améliorer la gestion du secteur minier au Burkina. Comme c’étaient des recommandations, ces structures pouvaient les utiliser ou ne pas les utiliser. Nous avons donc voulu suivre en allant vers elles pour savoir si ces recommandations leur ont été utiles ou pas, si cela pourrait les aider dans la réflexion et le cadre de leur prise de décision. Et ce sont les résultats du suivi des recommandations que nous avons partagés aujourd’hui avec les structures ministérielles concernées, les sociétés minières, les structures parlementaires, les collectivités territoriales ainsi que les organisations de la société civile ».

Et d’ajouter : « Ce qui en ressort, c’est que ces recommandations ont servi effectivement dans des réflexions globales au niveau de ces différentes structures-là dans la recherche de solutions au développement du secteur minier ».

La députée Aminata Ouandaogo/Guingané est membre du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance dans les exploitations minières. Elle livre son appréciation sur le présent atelier : « Ma participation à cet atelier est positive parce que tout ce qui a été dit ici nous édifie et nous informe davantage sur les problèmes que vivent nos populations sur les sites miniers. Nous aurons à nous prononcer dans les jours ou mois à venir sur un Code minier qui doit être adopté par l’Assemblée nationale. Ce sont des informations qui vont nous outiller afin que nous puissions regarder conséquemment ce code-là pour que ce soit en faveur de tous : les populations, les sociétés minières et le gouvernement ».

« Les retombées des mines ne doivent pas se résumer aux salaires »

Thomas Ouédraogo, chargé de la protection sociale et des normes de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB) était aussi de l’atelier. Voici le bilan qu’il dresse de sa participation : « Nous avons échangé sur tout. Nous sommes satisfaits parce que nous avons pu exprimer nos préoccupations. Nous avons évoqué le problème du non aboutissement de la convention collective sectorielle des mines qui a été engagée depuis trois ans mais qui n’a pas encore abouti. Nous avons souligné aussi les problèmes des riverains c’est-à-dire l’absence des activités dérivées de la mine. Vous voyez une mine qui s’installe, et seule la mine est éclairée. Le village tout entier est dans l’obscurité et les populations riveraines ne peuvent pas mener des activités dérivées parce qu’il n’y a pas eu d’électrification. Souvent il y a aussi le problème de routes. Là où il y a la mine, la route n’est pas praticable. Alors que la route est une source aussi de vie et de communication facile. Nous avons soulevé tous ces aspects parce que les retombées des mines ne doivent pas se résumer seulement au salaire mensuel payé aux travailleurs dans l’entreprise. Tous ceux qui gravitent autour de la mine dans les villages doivent pouvoir exercer des activités génératrices de revenus ». Et à en croire le chargé des programmes d’ORCADE, les choses évoluent sur le terrain. « Nous nous sommes basés sur les initiatives que les structures ont entreprises après les recommandations que nous avons formulées. Et les résultats que nous avons pu récolter montrent qu’il y a des initiatives intéressantes.
En termes d’initiatives, il y a par exemple un comité interministériel qui est mis en place et qui réfléchit de façon globale sur ces questions d’emplois, sur les questions socioéconomiques en termes d’appui au développement local. Mais, il est encore très tôt de vérifier cela ».

Quelques recommandations de l’étude sur l’emploi des Burkinabè

Les recommandations formulées par ORCADE et ses partenaires étaient destinées d’une part aux structures de l’Etat et d’autre part, aux sociétés minières. A l’endroit des structures de l’Etat, il a été par exemple recommandé le renforcement du suivi des opérations des sociétés minières de sorte à prévenir certaines situations conflictuelles sur les sites miniers. Il a été aussi demandé à l’Etat de travailler à disposer de façon suffisante des statistiques qui permettent de savoir combien de Burkinabè travaillent dans les mines, les postes qu’ils occupent et à améliorer la gestion de ces statistiques de sorte à faciliter les recherches pour ceux qui voudraient avoir des données sur l’emploi des nationaux. En outre, il est demandé à l’Etat de promouvoir l’emploi des Burkinabè dans les projets miniers de sorte à remplacer de façon progressive les expatriés qui viennent parce qu’au niveau national on n’a pas d’expertise en la matière. A l’endroit des sociétés minières, il a été entre autres préconisé le renforcement de la communication parce que très peu d’entre elles communiquaient sur ce qu’elles font. Pour la députée Aminata Ouandaogo, ce sont de « très bonnes recommandations » qui pourraient, si elles sont mises en œuvre, contribuer à résoudre beaucoup de problèmes sur les sites miniers.

Grégoire B. Bazié

Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 21 août 2014 à 13:58, par Lepro
    En réponse à : Promotion de l’emploi des Burkinabè dans les mines : ORCADE et ses partenaires font le point du suivi de leurs recommandations

    ORCADE recommande :
    - à l’Etat de travailler à disposer de façon suffisante des statistiques qui permettent de savoir combien de Burkinabè travaillent dans les mines, les postes qu’ils occupent ....
    - à l’Etat de promouvoir l’emploi des Burkinabè dans les projets miniers de sorte à remplacer de façon progressive les expatriés qui viennent....
    - Aux sociétés minières, il a été préconisé le renforcement de la communication,

    Et bla et bla et bla.....

    Si ORCADE n’existait pas , il aurait fallu le créer. Mais la réalité est cruelle. Les Mines = Exploitation de la main d’œuvre "locale". Plus elles sont grosses, plus règnent les Blancs( =..les "expats" = pas burkinabè).
    ORCADE, Suivez mon regard, faites une vraie enquête auprès des travailleurs concernés et dénoncez la situation à l’actionnaire Etat(Etat = actionnaire statutaire à 10%, de toute société minière).
    Il y va de l’Avenir de notre Nation. Seule l’expertise nationale nous mettra sur le chemin de vrais partenariats gagnants-gagnants face à ces multinationales expérimentées et peu désireuse de bien partager le "gâteau minier".
    En attendant les cadres travailleurs, se sentent orphelins....L’Etat burkinabè, n’agit point comme un paternel responsable et désireux de favoriser leur promotion.
    Peuple burkinabè Au secours.

    Lepro(toujours vigilant !)

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  • Le 21 août 2014 à 22:29, par silvere
    En réponse à : Promotion de l’emploi des Burkinabè dans les mines : ORCADE et ses partenaires font le point du suivi de leurs recommandations

    On parle tout le temps du manque d’expertise des burkinabè,mais l’état n’accord pas le materiel nécéssaire pour former le potentiel de géologues à l’université de ouagadougou.
    Pour être qualifier je crois qu’il faut être d’abord former.

    Répondre à ce message

  • Le 22 août 2014 à 07:35, par Lepro
    En réponse à : Promotion de l’emploi des Burkinabè dans les mines : ORCADE et ses partenaires font le point du suivi de leurs recommandations

    Silvère,

    L’expertise.
    Vous vous focalisez sur le cas des géologues : le plus connu, le plus médiatisé, le plus visible. Pourquoi ? Parce que le géologue est souvent le premier sur le site de la mine et malheureusement souvent le premier compressé, en cas de crise.....
    Mais je vous dirais qu’au commencement est le géologue, puis le topographe,puis l’ingénieur des mines,puis le mécanicien, puis le chimiste, puis le métallurgiste, puis le comptable, puis le juriste, avec le cuisinier, les chauffeurs, les préventionnistes, les agents communautaires, les environnementalistes, etc, etc, etc.... : les métiers de la Mine.
    Le manque d’expertise burkinabè est principalement imputable à l’Etat.
    Oui mais convenons qu’il est illusoire et inefficace de tout attendre de notre Etat.
    Oui sans moyens , pas de matériel, pas de formation, pas de qualification, jamais d’expertise. L’Université de Ouagadougou, toutes les universités et institutions de formation, publiques comme privées DOIVENT TROUVER elles-mêmes les moyens d’accompagner le "boom" minier en produisant du personnel qualifié, et qui répond aux besoins de cette industrie particulière.
    La formation pourrait être définie et validée par la Chambre des Mines, qui mieux que notre ministère des Mines, mieux que notre ministère de l’Enseignement, connait les besoins en Ressources Humaines des sociétés minières.
    Mais Silvère, je sais que je prêche dans le désert. Des appétits voraces, et des intérêts contradictoires travaillent à maintenir le statu quo. Silence, on mine, on s’enrichit.....

    Vivement un Burkina Faso, bien gouverné, prenant son destin en main et exploitant intelligemment ses ressources, au bénéfice de la Nation et des générations à venir.
    L’Emergence est possible mais avec, et par des Hommes et des Femmes éduqués .

    Lepro(toujours vigilant !)

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