MPP –CDP : L’opposition en mode fiction au tribunal de l’histoire politique

mardi 29 avril 2014 à 00h34min

C’est dans une fiction séduisante que l’auteur des lignes qui suivent, Pathé Barry décrit les rapports entre les membres du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) et leurs ex-camarades du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP). L’auteur n’utilise pas exactement les termes MPP, CDP et ne cite textuellement aucun nom de leader politique. Mais, en parcourant attentivement les lignes, l’on peut deviner aisément de quoi ou de qui il est question. Lisez plutôt !

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MPP –CDP : L’opposition en mode fiction au tribunal de l’histoire politique

« Je vais vous le dire en toute franchise : le monsieur que voici, Koussim WANDA, est le chef installé par le groupe de putschistes qui a pris le pouvoir suite à un coup d’Etat perpétré sans aucune élégance contre nous. Et regardez l’état dans lequel ils ont mis le pays en seulement 2 ans d’exercice : la morale a foutu le camp. La corruption bat son plein, la concussion, les abus de biens sociaux, les achats de conscience, la mal gestion et j’en passe, tous ces maux se sont installés dans notre si chère patrie et ce, pour longtemps encore. Vous rappelez- vous ces opérateurs économiques sortis du néant, hier vendeurs de bonbons à Bobo et aujourd’hui grands patrons d’entreprises florissantes ? Et cela avant la trentaine ? Et ces entreprises qui n’existent que sur papier et qui pourtant raflent tous les marchés de BTP en dépit de leur incompétence notoire ?

Nous ne pouvions pas continuer à cautionner un tel état de fait. Je le répète, tout cela a commencé il y a seulement 2 ans, depuis que ces félons, ces traîtres aux nobles idéaux de notre groupe se sont installés aux commandes des affaires par les moyens que tout le monde déplore.

Nous nous mordons le doigt aujourd’hui quand nous nous rendons compte que pendant tout ce temps que nous étions ensemble, ces ennemis du peuple, ces déviationnistes, nous ont poussé à commettre trop de fautes (somme toute vénielles par rapport à ce qu’ils ont fait en 2 ans). Par exemple, de notre temps quand la clameur s’élevait contre tel ou tel passe-droit, tel marché mal exécuté ou telles autres promotions inexplicables, le peuple ne savait pas que les vrais instigateurs de tels comportements étaient tapis ailleurs utilisant des ficelles pour parvenir à leurs fins peu glorieuses. Nous laissions faire parce que nous étions occupés à la cantine et ne voulions pas mener plusieurs combats à la fois. Nous avions pris cependant la résolution ferme de mettre le holà sur tout ceci après le manger. 25 ans que cela a duré et, finalement excédés par tant de mépris pour le pain des enfants des autres que nous utilisions pour beurrer celui des nôtres, nous avons décidé de partir. C’est vrai que certains de nos cousins, frères ou amis en ont profité pour se collecter quelque petites babioles en prévision des coups durs du genre « traversée du désert » ou création de club nouveau. Mais ce n’est pas notre faute. Ces renégats avaient déjà tout foutu en l’air à notre insu en brouillant les repères. Moi par exemple, du temps de ma splendeur, combien de projets n’ai-je pas monté pour servir la cause commune lors des élections ? Combien de chefs de projets n’ont pas passé des nuits blanches pour tenter de trouver des justificatifs pour les ponctions qu’ils opéraient pour servir notre club ? Ils ont réussi à nous faire faire tout cela parce qu’ils avaient placé des traîtres à nos côtés en vue de leur félonie.

De toutes les façons, dès notre retour nous veillerons à ce que tout se passe dans les règles de nos arts.

Et puis comme je vous le disais tout à l’heure, ces fautes sont bien toutes petites par rapport à ce que ces gens-là ont produit en 2 ans de gestion des affaires du club. D’ailleurs après notre historique mea-culpa, le peuple, magnanime, a décidé de nous absoudre.

Ceci explique pourquoi nous drainons des foules lors de nos rencontres. Ne croyez pas ceux qui disent qu’en réalité, ces foules ne viennent pas pour nous mais que ce serait tout simplement parce qu’ils en ont marre de voir l’autre toujours aux affaires. Et que tout ce qui peut l’affaiblir suscite de l’enthousiasme. Ils disent que même avant nous les anti-B.A.N. mobilisaient déjà beaucoup de désenchantés. Ils se racontent aussi que c’est contre un système que les gens se battent et non contre un individu. Là, ils ont raison. Le système que Koussim WANDA met en œuvre depuis 2 ans ne peut que catalyser toutes les rancœurs du peuple dans son mouvement pour le progrès. Rancœur bien entendu orientée contre eux.

Koussim et son clan ont été bien mal inspirés de nous reléguer aux oubliettes. Nous les baobabs, les concepteurs du système victorieux à toutes les élections dont ils profitent maintenant. Nous les maîtres-cooks sachant faire les dosages nécessaires afin que les enfants acceptassent de manger le repas même si la sauce était sans sel.

Ce qui me fait le plus mal c’est le comment de notre sortie de table : par la petite porte après tant d’années de dévouement. Pire, même quand nous tombons malades, ils s’en foutent. Et des gens de ce genre se disent être vos copains ! Rappelez-vous l’accident de Paonkor MOSSI juste après leur coup. Si quelqu’un vous dit que le wack n’existe pas, il ne faut pas l’écouter. En plus d’être putschistes, la bande à Koussim est constituée de sorciers aux regards maléfiques.

Ecoute bien Koussim WANDA ! Ecoute bien ! Si jamais vous essayez de nous convaincre de revenir en utilisant votre si redoutable approche par la grenade, sachez que nous avons déjà tout couché par écrit chez un huissier. Nous y révélons toutes les entourloupes auxquelles vous avez pris part tout au long de nos années de camaraderie.

En 27 ans….. SAGFOURLAYE, je veux dire en 2 ans de gestion, vous avez réussi l’exploit de vous mettre à dos la majorité du peuple avec votre système corrompu jusqu’à l’os et en remplaçant nous autres à qui vous devez tous vos succès passés par des moins que rien. Des bambins qui sont nés sous l’ère de la corruption à grande échelle et donc corrompus aussi par contagion.

Nous avons fait notre mea culpa mais je vous avertis que pour vous aucun mea-culpa au détour d’une interview, ne vous sauvera. Vous n’aurez même pas droit à la parole. Des gens qui, en 2 ans, ont semé tant de dégâts ne méritent aucune parole. Le peuple sait déjà ou se trouve la vérité.

La preuve, votre ancienne victime, l’homme à la courte mémoire qui, trente petites années seulement après ce que vous lui avez fait subir, cet homme répondant au doux nom de Bajan TISSE, qui a voulu se mettre entre vous et le vrai peuple afin de recoller les morceaux, a appris à ses dépens que vous ne changerez jamais. Voilà les raisons qui nous ont poussés à entamer cette RECTIFICATION.

J’en ai fini, votre honneur.

-  Bien monsieur LOLDIA. Veuillez -vous rasseoir. L’audience est suspendue. Elle reprendra le 28 Novembre 2015. »

Kaya le 26 avril 2014

BARRY Pathé

Enseignant à Kaya

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