Evelyne Ouédraogo/ Hien, restauratrice : « Les femmes Burkinabès savent bien faire du foutou »

mercredi 4 septembre 2013 à 16h29min

Monitrice de formation et bien qu’elle avait une belle carrière devant elle, elle a préférée la restauration. Un métier qui lui réussie bien. Rencontre !

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Evelyne  Ouédraogo/ Hien, restauratrice :  « Les femmes Burkinabès savent bien faire du foutou »

Evelyne n’envie pas ses promotionnaires d’école qui ont fait des études universitaires. Sa profession de restauratrice, elle en est fière et confie que : « même si c’était à reprendre, je choisirai encore et encore la restauration  ». En effet, cette activité qu’elle mène depuis dix ans ne lui procure que du bonheur. « J’ai fait des réalisations que je n’aurai pu faire si j’étais monitrice », dit-elle. Evelyne vend du riz, du tô (patte à base de farine de céréale), de la soupe et du foutou (un met fait à base de patte d’igname, bien aimé par ses clients et clientes). Installée dans un petit kiosque au centre-ville de Bobo-Dioulasso, Evelyne fait un foutou connu de beaucoup de Bobolaises et Bobolais. Dès 11 heures, les places commencent à manquer dans son restaurant. En outre, c’est un fil indien qui se dresse pour ceux qui veulent des plats à emporter. «  J’ai appris à faire du foutou au Burkina Faso. Me voyant faire ce met, beaucoup de gens pensent que je ne suis pas Burkinabè. Pour certains, je suis une Ghanéenne et pour d’autres une Ivoirienne. Parce que pour eux, il est rare de voir des Burkinabè faire un tel plat délicieux », explique-t-elle. Au début, c’est elle qui pilait le foutou. Mais la force physique n’étant pas au rendez-vous tous les jours, en plus des autres activités, elle va engager deux jeunes dynamiques avec qui, elle travaille depuis deux ans. « Je suis très fière d’eux. Ils aiment leur métier et nous considérons notre restaurant comme une société », fait-elle savoir. Pourquoi des hommes pour piler le foutou et pas des femmes ? Mme Ouédraogo explique qu’au Ghana où elle a un peu vécu, ce sont des hommes qui pilent. « Personne ne mangera un foutou pilé par une femme. Ils trouvent qu’elle n’a pas assez de force pour le rendre bien élastique », a-t-elle répondu. Elle va alors déplorer le complexe des jeunes burkinabè qui n’aimeraient pas s’adonner à une telle besogne, sous prétexte qu’elle est dévalorisante.
Difficultés !

Evelyne rencontre deux difficultés dans son activité : piler l’igname et conserver le foutou. C’est un plat qui se mange chaud. Il ne peut rester plus d’une heure. «  Beaucoup de clients, dit-elle, ne comprennent pas cela  ». Elle souhaite, néanmoins, voir grandir son restaurant qui lui donne tout. « Je voudrai avoir un endroit moins exigu que là où je suis actuellement pour en faire un grand restaurant », a-t-elle raconté. Pour elle, la femme doit mener au moins une activité pour aider son homme dans les charges. Elle estime le faire car tous ses trois enfants suivent normalement les cours à l’école. « Une femme, soutient-elle, ne doit pas rester à la maison à ne rien faire. Elle doit toujours entreprendre  ».

Bassératou KINDO

L’Express du Faso

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