Se nourrir au Burkina : Les secrets des habitants du Centre-Nord en période de crise

mardi 9 juillet 2013 à 21h30min

Le Burkina Faso a beau être un pays de vocation agricole, avec 80% de la population occupée par le travail de la terre, la sécurité alimentaire y demeure une problématique préoccupante. Et le Centre-Nord du pays est loin d’échapper à cette situation chronique de précarité alimentaire.

Se nourrir au Burkina : Les secrets des habitants du  Centre-Nord en période de crise

En effet, une récente étude des chercheurs de l’Institut des Sciences des Sociétés (IN.S.S.) sur la question dans cette partie du Faso, atteste bien de cet état de fait.

« Assurer la sécurité alimentaire en période de volatilité des prix des denrées alimentaires », tel est le thème de cette étude menée à partir du mois d’août 2012 dans région du Centre-Nord, où 58, 3% des dépenses annuelles des ménages sont consacrées aux produits alimentaires, selon des données 2008 de l’Institut national des statistiques et de la démographie (INSD).

La première phase de cette étude de l’IN.S.S. (l’étude va se faire chaque année pendant 4 ans) s’est déroulée précisément dans la ville de Kaya (54 365 habitants) et la commune rurale de Nessemtenga.

La présente étude, essentiellement qualitative, a concerné plusieurs catégories de personnes. Il s’agit de leaders religieux, coutumiers ; de responsables administratifs, politiques ; de responsables associatifs, d’ONG ; de chefs de ménages. Commerçants, mendiants, agents de services techniques en charge de la sécurité alimentaire dans le Centre-Nord ont également été impliqués dans l’étude.

Gros commerçants, hauts cadres et femmes en sécurité alimentaire à Kaya

De façon générale, selon les résultats de l’étude, les commerçants détenteurs de grandes boutiques, les hauts cadres de l’administration publique et les femmes font partie des catégories socioprofessionnelles qui s’en sortent le mieux à Kaya en matière de sécurité alimentaire.

En revanche, la situation reste volatile chez les autres selon les périodes et la disponibilité des denrées alimentaires.

Ainsi lorsque les conditions sont bonnes, les repas dans les ménages sont généralement préparés à base de mil, de niébé ou de riz et sont consommés les matins, les midis et les soirs. Au petit déjeuner, on retrouve souvent la bouillie de mil, le thé et le pain. Mais, en période de crise alimentaire, les gens ont une consommation plus accrue des feuilles comestibles et du maïs.

Femmes, jeunes mariés, éleveurs, artisans,… les mieux lotis à Nessemtenga

Toujours selon les résultats de l’étude, les personnes qui s’en sortent mieux de façon générale à Nessemtenga sont les femmes, les commerçants, les fonctionnaires, les jeunes mariés, les éleveurs et les artisans. Les femmes vivraient mieux parce qu’elles n’ont pas trop de charges financières dans leurs foyers.

Les commerçants sont perçus comme des personnes ayant régulièrement de l’argent pour faire face à leurs besoins. Les fonctionnaires qui disposent d’un revenu permanent sont enviés, et les éleveurs peuvent vendre leur bétail pour résoudre un problème.

Ce qui n’est pas le cas, évidemment, pour la plupart des habitants du village.

Nous reviendrons sur d’autres aspects de l’étude dans nos prochaines éditions.

Grégoire B. BAZIE

Lefaso.net

Source : Rapport de l’étude « Assurer la sécurité alimentaire en période de volatilité des prix des denrées alimentaires »

Messages

  • voici les vraies préoccupations des Burkinabè qui ont besoin d’être résolues en priorité. étant hors du continent, j’ai horreur de voir chaque fois l’Afrique indexée quand on parle de famine ; c’est quand même élémentaire ça !!! Dieu éclaire les dirigeants de mon cher Faso

  • je pense qu’il sera mieu d’investir a la santé de ces enfts et de leur ventre que d’investir au senat

  • merci pour le résumé. j’aurai aimé que vous deveniez sur comment les participants á l’etude ont ete sélectionnés et comment les données ont ete collectées et analysées. ce qui nous permettra de mieux comprendre les résultats. encore merci.

  • Salut à tous,merci pour cette étude qui n’est autre que la realité que vivent nos parents partout au Burkina...cette photo doit être affichée dans les bureaux de Blaise et de Francois Compaoré pour qu’ils voient chaque matin ce dont ils ont fait du Burkina en 28ans d’affairisme....A bon entendeur salut.

  • Soit c’est l’étude qui est mal faite soit c’est le journaliste qui n’a rien compris. Je suis à Kaya mais j’ai du mal à comprendre comment les femmes sont une "catégorie socioprofessionnelle" à comparer avec les commerçants et les hauts cadres de l’administration et en plus elles s’en sortent comment ces femmes ? Elles font quoi pour avoir cette sécurité alimentaire quand on sait qu’elles vivent dans des familles qui sont exposées à l’insécurité alimentaire. En quoi être jeune marié à Nessemtenga permet d’être mieux lotis sur le plan alimentaire ? Il y alors urgence à revoir les variables et les indicateurs dans cette étude si je m’en tiens à ce que j’ai lu ici.

  • CEST VOUS LQUI VOULEZ SENAT NON LA FAIN VA VOUS DJA

  • était il nécessaire de faire une étude pour se rendre compte que plus on a d’argent mieux on mange et moins on en a plus on se serre la ceinture ?
    c’est la même chose dans tous les pays !

  • dire qu’on veut mettre le sénat en place a lorsque des millier burkinabé meurt de faim

  • Enfin burkinabè commence à consommer les chiffres

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