« Ouagadougou la belle » confrontée au grand défi de l’insalubrité urbaine

mercredi 24 octobre 2012 à 23h09min

Avec ses 2 millions d’habitants, la ville de Ouagadougou est de plus en plus confrontée à un véritable problème de gestion et d’évacuation des déchets. Selon les chiffres émanant du service de la propreté de la ville, la capitale burkinabè enregistre une production journalière de 540 grammes de déchets par jour et par personne, soit approximativement 300. 000 tonnes de déchets par an.

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« Ouagadougou la belle » confrontée au grand défi de l’insalubrité urbaine

Pour y faire face, les autorités municipales ont développé des initiatives visant à assainir le cadre de vie de la ville surnommée à tort ou à raison « Ouaga la belle ».

L’une des ses mesures est la mise en place de la brigade verte, une association de femmes qui, tôt les matins, travaillent à rendre les rues propres.

Cet effort a été récompensé par trois prix dont : le prix africité sur la propreté attribué par Yaoundé en 2003, le prix Dubaï international des meilleurs pratiques pour l’amélioration du cadre de vie en 2005 et celui de 2008 sur les meilleures pratiques du premier ministre du Bahreïn.

En plus de la brigade verte, la mairie de Ouagadougou dispose de 35 centres d’enlèvements de déchets à travers les différents secteurs.

Et pour les activités de pré-collecte et de collecte, elle bénéficie de l’appui de deux acteurs privés avec lesquels elle arrivent à traiter 80% des 300.000 tonnes de déchets chaque année.

De plus, le chef du service de la propreté de la ville, Mamadou Cissé a révélé l’existence d’un ambitieux projet qui prévoit récupérer les déchets toxiques pour en faire du biogaz.

Malgré les nombreux efforts consentis par la municipalité et ses partenaires pour relever le défi, quelques incivilités de la population, de plus en plus croissante, donnent du grain à moudre aux acteurs.

« La population augmente et la salubrité de la ville est de plus en plus remise en cause », pense Rissanata Sawadogo. A son avis, la propreté de la ville d’il y a 14 ans et celle d’aujourd’hui n’est pas la même.

L’inexistence de poubelles aux bords des rues pourrait justifier certaines de ces pratiques.

« Pendant que nous balayons, quelques passants jettent des déchets en nous disant que nous sommes payés pour ce travail », a révélé un balayeur, Thibaut Kaboré.

Pour lui, au-delà du fait qu’ils sont payés pour ce qu’ils font, chacun doit savoir que ce qu’ils font c’est le bien de tous.

D’autres comportements peu salubres côtoient cette habitude des Ouagallais à jeter des sachets en pleines rues.

Selon Aïcha Bonkoungou, des ménages se dérobent des services de collecte des ordures pour les déverser après dans la nature.

Une pratique qui inquiète au regard du nombre important de la population, et donc des quantités de déchets croissantes produites de nos jours par les ménages de l’avis de la colleteuse Evelyne Tiendrébéogo.

Par conséquent, des tas d’immondices s’observent dans les caniveaux, les espaces verts et aux abords des voies à travers la ville.

Cette situation, sans doute préoccupante, nécessite que l’on recrute encore plus de femmes, mobilise plus de ressources et développe encore plus d’initiatives pour endiguer le problème.

En outre, beaucoup restent convaincus que seules la répression et la sensibilisation peuvent faire bouger les choses.

Peut-être faudra-t-il mettre en place une police de la salubrité.

Par Tièlmè Innocent KAMBIRE

Agence d’Information du Burkina

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Vos commentaires

  • Le 25 octobre 2012 à 07:23
    En réponse à : « Ouagadougou la belle » confrontée au grand défi de l’insalubrité urbaine

    M. le maire de Ouagadougou (sans considération politique aucune et très sincèrement), vous allez nous manquer !! "Même si on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court plus vite" !!!!

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  • Le 25 octobre 2012 à 08:27
    En réponse à : « Ouagadougou la belle » confrontée au grand défi de l’insalubrité urbaine

    Bravo au maire Simon pour tous les efforts consentis. La gestion d’une ville telle que Ouaga n’est pas chose facile, il fallait un homme à la poigne dure comme lui. Bref...
    Ouaga a un gros problème de salubrité, moi je lis ça à l’éducation de la population sur tous les risques et problèmes de santé, les avantages d’une ville propre pour notre bien être. Je n’arrive pas à comprendre que quelqu’un nettoie et un autre vient salir sous prétexte que le "nettoyer" est payé pour nettoyer. Et lui le "salisseur", est-il payé pour salir ? Dommage pour une ville telle que Ouaga où tout grandit rapidement, la population surtout. Pour un mieux être et le bien de tous, nous avons intérêt à changer nos comportements.

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  • Le 25 octobre 2012 à 17:50, par Alexio
    En réponse à : « Ouagadougou la belle » confrontée au grand défi de l’insalubrité urbaine

    Ici en Europe chaque famille a deux containeurs en plastique.un pour papier et ordures provenants de la cuisine pour la biogaz,le fumier,etc .Bobo- Dioulasso avait le meme systeme avec les barils transformes en cotaineurs,et c etaient effectifs.J ai travaille dans une societe de transformation des ordures comme technicien dans l automation mecanique ,electronique et pneumatique.les dechets chimiques ,electronique provenant des ordinateurs,frigo,etc sont classes.Les ordures sont une industrie tres florissante,qui font des C Affaires collossales,des emplois.

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