CHRONIQUE : Promotion de la femme burkinabè, des batailles demeurent

vendredi 18 mai 2012 à 02h30min

La moitié du gouvernement français est féminine ! Dix sept femmes ministres sur trente-quatre dans le gouvernement Ayrault, de quoi faire méditer les femmes africaines et particulièrement, celles du Burkina. Ce n’est pas tant les postes détenus par ces femmes qui sont impressionnants, mais plutôt leur nombre, pour la simple raison que des postes similaires ont déjà été occupés par des femmes dans notre pays et parfois, des postes plus stratégiques comme les finances ou le budget. On se rappelle le passage de femmes comme Alimata Salembéré, Adèle Ouédraogo, Bintou Sanogo, Marlène Zébango, Alice Tiendrebéogo, Juliette Bonkoungou…

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A l’heure où les femmes burkinabè se battent pour la promotion du genre, ce chiffre ne peut passer inaperçu. Une parité exemplaire qui, si elle est le résultat d’une promesse électorale, est surtout l’expression de la reconnaissance du mérite des femmes. Une première dans l’histoire de ce pays, selon les analystes politiques, qui démontre également le haut niveau de l’évolution de la femme française dans une société parfois taxée de machiste. C’est également, le mérite de toutes les Françaises et de tous les Français qui ont mené le combat de la libération de la femme, car, la plupart des acquis de la femme française sont l’émanation de longues luttes : le droit de vote, l’accès à l’instruction, à l’emploi, aux congés de maternité, aux postes électifs, à l’égalité des chances, …même le port du pantalon !

C’est fortes de ces acquis que les femmes burkinabè, qui n’ont d’ailleurs jamais baissé les bras, doivent redoubler d’ardeur et de vigilance. Des sillons ont été tracés par de braves combattantes comme les Jacqueline Ki-Zerbo. Et, de génération en génération, les femmes ont appris à continuer le combat, à réorienter la lutte selon les préoccupations du moment. Résultat, pas mal d’acquis ont été enregistrés par « l’autre moitié du ciel » au pays des hommes intègres. Le Burkina est même en avance sur certains points comme l’égalité de salaire à travail égal dans la Fonction publique. Même si des batailles restent à mener pour un traitement équitable des avantages liés à la fonction. A l’heure de la défense du quota et de la promotion du genre, le plus grand combat qui reste à mener est de faire évoluer les mentalités. Un combat de longue haleine, dont le socle devrait être l’éducation. D’abord, pour assurer l’accès, le maintien et le succès des filles à l’école, afin de faire d’elles des cadres compétentes et des citoyennes responsables.

Ensuite, éduquer les garçons, de sorte à leur faire adopter une nouvelle mentalité, celle qui consiste à épauler sœur et épouse, à accéder à un vrai épanouissement. Enfin, amener les femmes à cultiver la solidarité et l’entraide. Ce n’est qu’à ce prix que les 52% de la population pourra alors compter sur elle-même d’abord, se prendre en charge en toute responsabilité et se faire respecter des autres, pour ne pas faire de la figuration dans un univers masculin, dans lequel l’hypocrisie est souvent la règle d’or. Ce n’est pas parce que la société française est polie de tous préjugés, qu’on en est arrivé à là, mais juste qu’il existe et a existé des hommes et des femmes qui ont su changer les idées préconçues. Les femmes burkinabè devraient donc comprendre que le combat du genre n’est pas celui des femmes, mais de toute la société. Avec quatre femmes au gouvernement actuel, le Burkina reste dans la tendance de la sous- région. Mais à analyser la proportion de femmes dans le pays, on comprend que des batailles restent à mener.

C’est depuis 1958 que le Burkina a eu sa première femme ministre, en la personne de Célestine Ouezzin Coulibaly. Il a fallu attendre plus de 15 ans après, c’est-à-dire en 1976, pour en avoir une autre. Les chiffres évoluent très peu et à chaque formation de gouvernement, les attentes sont grandes et se soldent bien souvent, par des déceptions. Les grands défis ne sont pas seulement au niveau des postes, mais également, sur le terrain de la justice sociale et surtout, dans l’application des textes existants.

Assétou BADOH

Sidwaya

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