XVE ÉDITION DE LA JOURNÉE NATIONALE DU PAYSAN : Blaise Compaoré lance la campagne agricole 2012-2013 à Goinré

lundi 23 avril 2012 à 01h13min

Le Président du Faso, Blaise Compaoré, a procédé, le 20 avril 2012 à Goinré, dans la région du Nord, au lancement de la campagne agricole 2012-2013. L’occasion a été belle pour le chef de l’Etat de féliciter les producteurs burkinabè et de les encourager, en leur offrant des semences améliorées et du matériel agricole.

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Ils ont été nombreux les acteurs du monde rural à converger, le 20 avril 2012 vers Goinré, localité située à environ 5 km à la périphérie Nord de Ouahigouya. La raison, le Président du Faso, Blaise Compaoré, y a donné le top de départ de la campagne agricole 2012-2013. Le président Compaoré a salué la tenue des JNP, débutées depuis 1993, qui permettent au monde paysan et au gouvernement d’échanger en vue d’assurer le développement du secteur rural. Pour le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, Laurent Sédogo, le choix du site de Goinré n’est pas fortuit, mais plutôt symbolique pour marquer la détermination de la nation entière « à faire de l’agriculture le socle d’un Burkina prospère ».

Goinré qui signifie dans l’histoire du royaume du Yatenga le lieu où veillaient les guerriers est, selon lui, l’endroit qui marque l’engagement des Burkinabè à moderniser et à professionnaliser le secteur rural. Pour joindre l’acte à la parole, le gouvernement met à la disposition des producteurs, au titre de la campagne 2012-2013, 10 millions de boutures de manioc, près de 20 millions de boutures de patates, 5 mille tonnes de semences améliorées et près de 7 mille tonnes d’engrais. A cela s’ajoutent 20 mille charrues dans le cadre de l’opération "100 mille charrues", dont la moitié pour les femmes. 125 nouveaux tracteurs indiens sont par ailleurs attendus. Des semences fourragères et forestières ont été également citées comme appui de l’Etat. Confronté à une baisse sensible de sa pluviométrie année après année depuis 1970 et à sa mauvaise répartition spatio-temporelle « compromettant presque toujours deux années sur trois » les campagnes de production agricole pluviale, le Burkina Faso entend désormais mieux sécuriser sa production.

Cela passe par « l’évolution de nos mentalités », le changement des modes de production, selon le ministre Sédogo. Pour la campagne écoulée, la production a baissé d’environ 19% par rapport à la précédente. C’est pourquoi, producteurs et premiers responsables du Burkina entendent dorénavant inverser la tendance. Et comme solution, l’accent sera mis sur des variétés de maïs et de riz pluvial, des intrants agricoles, la formation des producteurs, etc. Goinré a été, aussi, le lieu de lancement officiel des activités du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest plus connu sous l’acronyme anglais WAAP par le représentant de la Banque mondiale, chef de file des partenaires techniques et financiers, Adama Ouédraogo.

Le programme vise à générer et à diffuser des technologies améliorées pour l’intensification durable des produits agricoles et à lutter contre la pauvreté. Ce programme, qui dure 10 ans, permettra d’atteindre au moins 15% de la productivité et de disposer d’au moins 100 mille hectares de superficie qui accueilleront les technologies améliorées. Les actions du programme toucheront près de 200 mille bénéficiaires dont 40% de femmes. Son coût global est d’environ 12 milliards FCFA. A l’issue de la cérémonie de lancement, le chef de l’Etat, Blaise Compaoré, a reconnu que les paysans méritent un accompagnement. Il a également salué l’évolution de mentalité des producteurs qui, selon lui, apprennent plus, à chaque édition de la manifestation.

Enok KINDO, Alban KINI & Saïbou BARRY


Le Président du Faso, Blaise Compaoré, à l’issue du lancement de la campagne agricole

« L’agriculture, d’une manière générale, que ce soit ici, en Europe, en Asie ou en Amérique, lorsqu’elle est confrontée à des pénuries graves comme nous avons pu l’observer l’année dernière, elle souffre toujours. Cependant, l’essentiel pour nous, c’est de pouvoir, chaque fois, mobiliser ou motiver les paysans. Nous voulons que les discussions que nous avons à l’occasion des JNP nous permettent de dégager à la fois des recommandations, mais aussi partager des idées, des expériences sur la manière d’affronter, de relever les défis à venir. Depuis ces dernières années, nous avons rencontré effectivement beaucoup de difficultés en ce qui concerne le déficit pluviométrique, mais cela ne nous a pas empêchés, chaque fois, à travers des innovations, comme nous venons de le voir, de mieux nous organiser pour faire face à ces défis-là.

Le message pour nous, c’est d’encourager surtout les paysans à ne pas se laisser vaincre par la fatalité, mais de prendre courage et surtout de savoir que pour le futur de notre agriculture, il faut aller vraiment vers la modernisation, vers le professionnalisme de tous les acteurs du monde rural. Au départ en 1993, la JNP constituait une rencontre où le chef de l’Etat et les membres du gouvernement venaient échanger avec des paysans qui avaient beaucoup peur de parler. Ils (les paysans) venaient nous saluer en se baissant complètement au sol. Aujourd’hui, les choses ont évolué. Lorsque nous discutons, nous constatons qu’il s’agit d’une rencontre vraiment de partage d’idées, de débats très francs et nous voyons aussi que les paysans apprennent beaucoup.

Que ce soient les recommandations prises à l’occasion de ces journées ou même les innovations, les idées proposées par les paysans, nous convainquent qu’il y a d’année en année, une évolution. Il y a toujours un pas positif vers une maîtrise plus grande des différents facteurs de notre agriculture relatifs à la question de l’eau, de la maîtrise de l’eau, de la terre et bien sûr, la question de l’encadrement fiscal et aussi les questions de transformation de conservation. Je pense qu’il y a beaucoup de changement et que la JNP est une école pour les paysans qui apprennent à chaque édition, un peu plus ».

Propos recueillis par A.K et S.B

Sidwaya

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