Université chrétienne de théologie Logos : "Nous ne refusons pas les non-chrétiens qui désirent apprendre la Bible" dixit Moïse Napon

vendredi 18 novembre 2011 à 01h38min

Le samedi 19 novembre 2011, la première université chrétienne de théologie du Burkina Faso mettra à la disposition des Eglises évangéliques la 5e promotion de ses diplômés de Licence et Maîtrise. En prélude à cet évènement, nous avons échangé avec le secrétaire général de l’ONG, Credo dont relève l’université, le Révérend Docteur Moïse Napon. Il aborde la vie de l’ONG en général, et de l’Université Logos en particulier, dans cet entretien.

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Sidwaya (S.) : Voilà une vingtaine d’années que Credo est sur les chantiers de développement ; quelles sont les activités majeures réalisées à ce jour ?

Pasteur Moïse Napon (P.M.N.) : Depuis les 20 années d’existence, Credo s’est investi dans l’éducation, qui va de l’école primaire à l’université. Une activité qui me semble majeure, puisque cela entre en droite ligne des indicateurs de développement de notre pays.
Notre contribution a été largement reconnue dans ce domaine particulièrement, parce que nous parrainons des enfants orphelins et vulnérables ; ce qui apporte un plus, parce que nous donnons l’occasion aux enfants qui n’auraient jamais pu aller à l’école de devenir des responsables de notre pays. vingt (20) ans sont passés, mais, ils sont là pour témoigner du travail qui a été fait au sein de Credo.

Outre cela, nous nous sommes intéressé au développement rural, en particulier à l’agriculture, à la formation des agriculteurs et à leur organisation. Le Burkina Faso est un pays agricole et pour atteindre les objectifs de la sécurité alimentaire, il était tout à fait normal que l’on forme des paysans à produire mieux et plus. C’est ainsi que Credo a été à l’origine de deux centres de formation des paysans. Ces formations ont permis à plusieurs paysans de devenir des paysans leaders dans leur communauté, pour apporter des changements au sein de leur famille, leur village, leur département et même leur région.
Ces différentes personnes aujourd’hui, se disent même capables d’embaucher un fonctionnaire.

Cela est une fierté de savoir qu’on a formé des gens qui n’avaient aucune chance de réussir dans la vie, à non seulement s’autosuffir, mais à faire des économies qui leur permettent de ne rien envier aux fonctionnaires de ce pays. Pour le 3e domaine, c’est un domaine très fragile qui est l’environnement. Notre pays est exposé à la désertification et à un environnement qui est vulnérable, à cause du climat qui n’est pas favorable et à une pluviométrie qui n’est pas régulière. Nous nous sommes demandé comment préserver ce que nous avons et comment promouvoir, de façon générale, cette perception d’un environnement qui doit servir, non seulement à nous qui sommes présents sur le territoire, mais à ceux que nous engendrons.

C’est ainsi que nous nous sommes intéressé pendant plusieurs années, à la préservation de l’environnement, à la promotion des forêts villageoises et aussi, à la conservation des forêts villageoises. L’autre domaine qui nous a aussi intéressé, c’est celui de l’eau, parce que c’est lié. L’agriculture, l’environnement et l’eau sont des choses qui sont liées. Nous nous sommes très vite rendu compte que quel que soit ce que nous construisons, si nous ne maîtrisons pas l’eau, tout sera difficile.

Que ce soit au niveau de la santé, de l’agriculture ou de la vie quotidienne des ménages, le problème de l’eau se pose avec acuité au Burkina Faso. Nous avons essayé de faire des retenues d’eau, des forages et nous avons formé les personnes pour gérer ces différents points d’eau qui ont été réalisés. Dans tout ce que nous faisons, nous pensons qu’on n’apporte pas le développement aux populations. Comme quelqu’un l’a dit, on ne peut pas développer quelqu’un, il faut qu’il se développe. Basé sur cette philosophie, nous avons toujours associé les populations depuis la planification, l’exécution et jusqu’au suivi-évaluation. Les activités que nous faisons avec ces populations, nous leur laissons la responsabilité, après les avoir formées, de gérer au mieux ces activités pour leur propre bien-être. Nous sommes également impliqué et de façon déterminée dans la lutte contre le VIH/Sida.

Nous avons porté le plaidoyer de toute la société civile pour cette lutte. C’est ainsi que nous avons créé plusieurs actions qui vont dans le sens de bouter le VIH/Sida hors de notre pays. Nous avons fait d’abord la marche pour la vie. Nous avons associé toutes les organisations pour qu’ensemble, nous puissions sensibiliser nos populations, pour ne pas faire du Sida seulement un fléau mais qu’ils sachent aussi se prémunir. Pour ceux qui ont le Sida, de ne pas rester à ne rien faire, mais de lutter pour survivre.

Nous avons voulu sensibiliser à la connaissance du Sida et arrêter la discrimination vis-à-vis de ceux qui vivent avec le Sida. Qu’il y ait une solidarité qui se crée pour qu’ensemble, nous puissions arrêter l’avancée du Sida dans notre pays.

Nous avons fait aussi la course pour la vie. Pour la jeunesse, on a organisé des compétitions, la caravane de l’espoir qui a été partout au Burkina, pour redonner l’espoir à ceux qui sont désespérés et lutter contre la stigmatisation. Nous avons sensibilisé, dépisté et nous avons aussi accompagné les personnes qui vivent avec le VIH/SIDA.

S : En tant que structure chrétienne, quelles sont les actions spirituelles que vous menez ?

Past.M.N : Nous émanons de l’Eglise, je suis moi-même pasteur, c’est tout à fait normal que nous nous penchions sur les domaines spirituels. C’est ainsi que nous avons créé l’université Logos du Burkina Fso. Nous donnons un enseignement sérieux à plusieurs personnes qui veulent faire la théologie et qui n’ont pas les moyens d’aller à l’extérieur, ou peut-être ne veulent pas se séparer de leurs familles, ou laisser tomber leur emploi. Nous avons trouvé un système de formation qui leur permet de garder leur emploi, et rester dans leurs familles à moindre coût et bénéficier des cours du même niveau que les meilleures universités, parce que nous faisons venir les professeurs de l’extérieur. Ils viennent de plus de 5 pays comme la France, la Suisse, la Hollande, les USA, le Canada.

S : Comment devient-on étudiant de l’Université Logos ?

Past. M. N : L’Université Logos est ouverte à tout chrétien évangélique, né de nouveau qui a au moins le niveau BAC. Etre chrétien évangélique est une condition particulière, mais nous ne refusons pas les non-chrétiens qui désirent apprendre et comprendre la Parole de Dieu.

S : Combien de théologiens ont été formés par Logos à ce jour ?

Past.M.N : Nous avons formé, depuis l’ouverture de Logos, 154 étudiants. Les diplômes délivrés sont la licence, la maîtrise et doctorat. Nous sommes affiliés à une université basée aux USA qui a décerné deux doctorats Honoris Causa au Révérend Docteur Mamadou Philippe Karambiri et moi-même. Le troisième doctorat Honoris Causa sera remis lors de la cérémonie de sortie de la 5e promotion à une personnalité de notre pays dont je garde le nom pour l’instant.
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S : Quel intérêt y a-t-il à s’inscrire à l’Université Logos, plutôt que dans une autre ?

Past.M.N : D’abord, c’est la toute première Université au Burkina Faso en théologie chrétienne. Ensuite, Logos donne un enseignement de qualité, équilibré et interdénominationnel. Ici, nous enseignons toutes les doctrines (Assemblées du Dieu, Baptiste, pentecotiste, etc.). C’est un gros avantage, parce que l’étudiant, au terme de ses études, est outillé pour conduire Toute dénomination que ce soit.

Enok KINDOu

Sidwaya

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