PROFANATION DE LA TOMBE DE THOMAS SANKARA : "C’est l’acte d’un malade mental," selon le Procureur du Faso

jeudi 15 septembre 2011 à 02h04min

Nous nous demandions dans notre édition d’hier si la profanation de la tombe du président Thomas Sankara était l’oeuvre d’un malade mental. Eh bien, le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Placide Nikiéma, a répondu par l’affirmative, ce mercredi 14 septembre 2011. Le sieur Zaksongo Jean Jacob, le présumé profanateur de la tombe présidentielle pris la main "sur le tombeau" le 7 septembre dernier, ne jouit pas de toutes ses facultés mentales. Il a été appréhendé, mais pourrait être acquitté pour cause de non imputabilité parce que pénalement irresponsable.

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A la conférence de presse convoquée ce mercredi à 11h par le Procureur du Faso près le TGI de Ouaga, Placide Nikiéma, l’information principale a été la suivante : Zaksongo R. Jean Jacob, le présumé profanateur de la tombe du président Thomas Sankara a été découvert et arrêté le 7 septembre 2011 au cimetière de Dagnöen alors qu’il s’y rendait pour la deuxième fois. Mais ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales, il a de fortes chances d’être acquitté.

"Parce que Thomas Sankara est un grand homme"

Zaksongo Jacob est un chef de famille, né en 1975, animiste et gérant d’une borne fontaine à côté du cimetière de Dagnöen, quartier où se situe son domicile. La perquisition à son domicile, après que la police l’eut pris, a révélé un buffet dans sa chambre où était un canari dans lequel dormaient des "objets divers" et surtout, les "cailloux provenant de l’épitaphe de la tombe de feu Thomas Sankara", pour reprendre les termes du Procureur du Faso. Pourquoi a-t-il profané la tombe ? L’enquête préliminaire dit que Zaksongo Jacob dit qu’il a fait "ça" pour améliorer les conditions de vie de ses enfants. Il voulait faire un sacrifice avec les cailloux de la tombe présidentielle parce que "Thomas Sankara est un grand homme". En présence d’un tel aveu et de telles pièces à conviction, le Procureur a conclu que Zaksongo est présumé coupable de la profanation de la tombe du président et encourt les peines prévues à cet effet. Cependant, il y a un "mais".

La famille de Zaksongo a versé au dossier un certificat médical et un carnet de santé qui établissent que le présumé profanateur ne jouit pas de "toutes ses facultés mentales", qu’il est pris en charge par le service psychiatrique de l’hôpital Yalgado et consomme souvent du cannabis. En plus, le Procureur ajoute que l’intéressé a fait preuve de manque de coordination dans la relation des faits, disant tantôt qu’il a fait des sacrifices sur la tombe pour ensuite dire qu’il a juste prélevé des morceaux de l’épitaphe. En somme, Zaksongo est un malade mental et à ce propos, le Procureur a indiqué qu’il sera jugé quand le dossier sera en l’état.

L’accusé risque d’être acquitté, mais sa famille peut répondre

Cependant, l’accusé bénéficie d’une cause de non imputabilité et de ce fait, sa responsabilité pénale ne sera pas engagée si les experts psychiatres, qui seront commis à l’examen de l’accusé, aboutissent à la même conclusion sur son état mental. Que fera-t-on alors de ce monsieur ? Va-t-on le relâcher dans la nature sachant qu’il peut récidiver et qu’il est connu de la police municipale pour ses actes de violence dans son entourage ? Le Procureur répond que le tribunal va l’acquitter, mais il a "la faculté" de le référer à un institut de santé où il sera pris en charge et soigné, aux frais de sa famille. Par rapport à cette dernière, Placide Nikiéma a informé qu’elle pourrait civilement répondre des dommages causés à la famille Sankara, et peut-être même aux Burkinabè, par le sieur Zaksongo.

Il faut souligner que l’arrestation du présumé profanateur a été possible grâce à l’action de la Police nationale, dont le Directeur général, Paul Sondo accompagné du commissaire central de police Jean Alexandre Darga étaient à la conférence de presse. Le DG a indiqué qu’une surveillance installée dès les premiers instants après la profanation, est toujours aux aguets au cimetière de Dagnoën. Pour lui, l’essentiel était de répondre à la question de savoir qui était à l’origine de ce forfait et pourquoi. En rappel, c’est en fin juillet dernier que la presse a fait écho de la profanation de la tombe du père de la Révolution burkinabè d’août 1983.

Abdou ZOURE et Mouonkoun Célestin DABIRE (Stagiaire)

Le Pays

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