DEPART DES SERVICES DE SECURITE DES UNIVERSITES : La communauté universitaire face à ses responsabilités

vendredi 6 mai 2011 à 00h47min

Ouf ! Les Services de sécurité des universités (SSU) ont officiellement plié bagages du campus de Zogona. "Enfin, ils sont partis", écrivions-nous, fort émus, dans notre édition du mercredi 04 mai dernier. Le jeu en valait la chandelle si l’on sait que l’avènement de ces SSU a longtemps constitué une véritable pierre d’achoppement, tant elle avait cristallisé les tensions entre les étudiants et le gouvernement. Enfin le nirvana, peut-on encore s’écrier à la cantonade avec le retrait de ces éléments de sécurité qui, au départ appelés Police spéciale des universités (PSU) ont, par la force des choses, été rebaptisés Services de sécurité des universités.

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Un euphémisme qui ne trompait pas si l’on prend en considération le contexte dans lequel cette police a été installée. En fait, la pomme de discorde résidait dans les attributions de ces SSU qu’on soupçonnait de disposer de moyens conséquents de répression. Les étudiants, organisés au sein de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), la principale et puissante force syndicale du campus, avaient, sans détour, exprimé leur hargne et leur aversion pour ces services de sécurité auxquels ils avaient promis une vie à l’image de celle des soldats américains en Afghanistan. Mais malgré tout, la mesure passa. Et les SSU furent installés à la faveur de la crise universitaire de juin 2008, exacerbant les tensions et radicalisant les positions.

A la vérité, les étudiants y voyaient des velléités de musellement et de caporalisation de l’université tandis que les autorités alléguaient un problème d’insécurité. Et c’était là que le bât commençait à faire mal. Car, comment s’employer à assurer la sécurité de quelqu’un qui, non seulement n’en a pas demandé, mais avoue par-dessus tout n’en avoir pas besoin. Il y avait, selon toute vraisemblance, anguille sous roche. Et voilà encore qu’à la faveur d’un contexte sociopolitique malaisé, caractérisé par des courants de contestations corporatistes, les SSU ont été démantelés. Il apparaît clairement le lien de causalité politique que le gouvernement s’est employé à masquer au prix de mille et une maladresses.

Alors, maintenant que la police tant décriée s’en est allée de ces bruyants foyers de contestations, il revient à la communauté universitaire, dans son ensemble, de faire preuve de responsabilité pour ne pas un jour la regretter. Toute chose qui requiert un dialogue permanent entre étudiants et autorités universitaires, de sorte que toute mesure, d’où qu’elle vienne, puisse faire l’objet d’un consensus. Aussi le gouvernement se doit-il d’accompagner cette mesure sédative qui, quoi qu’on dise, témoigne d’une volonté d’apaisement. Il doit se démarquer de la posture qui consiste à dire : "On verra comment ils vont se débrouiller avec le départ de la police". On peut trouver un moyen de sécurisation consensuel des universités publiques en ne recourant pas forcément à la police qui, sous nos cieux, incarne la répression. Espérons donc que d’autres mesures suivront et qu’au final, tout ira au mieux dans le meilleur d’un Burkina possible.

Boundi OUOBA

Le Pays

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