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Ruines présidentielles de Koudougou : Complément d’informations

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 1er juin 2007 à 08h05min

Salvador Yaméogo

Suite à notre grand reportage "Dans les profondeurs des ruines présidentielles" du mercredi 30 mai 2007, nous avons reçu de huit ayants droit de feu le président Maurice Yaméogo, le complément d’informations ci-après.

Dans leur réaction que nous vous proposons in extenso, les signataires du présent "complément d’informations" soulèvent un certain nombre de questions et invitent quiconque détiendrait des éléments de réponse à apporter un éclairage sur ce qui se profile comme "l’affaire des ruines présidentielles".

Les ayants droit de la succession de feu le président Maurice Yaméogo, qui sont loin de se limiter au premier de la fratrie plutôt que de la « nichée », à celui que votre rédaction a manifestement choisi de cibler, veulent d’abord saluer cette initiative de l’Observateur paalga, qui tente de lever le voile sur un sujet délicat et controversé : celui de la situation actuelle de délabrement du patrimoine de feu le président Maurice Yaméogo, dans sa ville natale de Koudougou.

Ils souhaitent ensuite, à l’intention de vos lecteurs et du peuple burkinabé tout entier, verser à ce dossier épineux, moins un droit de réponse que leurs observations, leurs questionnements et une autre lecture possible de cette douloureuse et même poignante situation.

Le président Maurice Yaméogo n’appartient plus à sa seule famille. Il fait partie de l’histoire de notre pays. Tous les Burkinabé sont en droit de connaître tous les aspects de la vie et de la mort de leur premier Président, autant que du réel souci de ses héritiers de régler le problème du « Palais de Koudougou ».

En effet, nous devons, par égard pour la mémoire du défunt et par respect de nous-mêmes et de nos concitoyens, éviter le piège du déballage sordide et public, mais tout autant celui du silence, possiblement interprété comme coupable. Essayer, dans un souci d’information, de descendre dans les « profondeurs » du pourquoi des « ruines présidentielles » est hautement louable.

Il est seulement regrettable que les auteurs de cet article, au-delà du sensationnel promis à leurs fidèles lecteurs par des titres combien accrocheurs, n’aient pas relevé toute la gravité du sujet, ni soupçonné le drame vécu depuis 1966 par la famille, jugeant ainsi utile, pour percer le mystère, d’associer plus largement à leur enquête d’autres membres de celle-ci. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire, et c’est ce à quoi la présente les invite, sans polémique. Tout d’abord, quelques observations nous paraissent utiles, notamment sur les points ci-après.

Des documents sans équivoque sur l’épisode du compte suisse

1°) Le constat de délabrement du patrimoine appelle peu de commentaires. Excepté que depuis des années, loin des micros de la fureur et du bruit, d’autres membres de cette famille luttent dans la discrétion pour que le site du « palais présidentiel » devienne un démembrement ou une infrastructure de l’université de Koudougou, que le centre touristique de Salbisgo soit repris par le ministère du Tourisme (un projet avait été initié en ce sens par le ministre Mahamoudou Ouédraogo, à qui nous rendons ici hommage) et qu’enfin la ferme agricole de Nandiala intéresse le ministère de l’Environnement et du Cadre de vie (des contacts sont en cours), voire celui de l’Agriculture.

2°) Que le montage financier ayant permis au président Maurice Yaméogo de construire le palais de Koudougou soit rappelé est une excellente chose. En revanche, que son enceinte soit utilisée à des fins partisanes l’est moins si l’on considère qu’il a valeur de symbole et que l’on se soucie réellement de trouver une solution idoine à son délabrement.

A ce sujet subsistent des zones d’ombres, comme celles qui entourent le fameux projet de faire du « palais de Koudougou » une fondation des anciens chefs d’Etat du Burkina. Projet à l’initiative du Président du Faso, confirmé par un éminent avocat et homme de culture burkinabè, toujours vivant (ce qui aurait définitivement réglé le problème) mais qui aurait été décliné par le fils aîné, contrairement à l’affirmation selon laquelle la volonté familiale d’en faire un patrimoine national n’aurait pas reçu de suite.

3°) Relater l’épisode du compte en Suisse communiqué par le père au fils aîné est certes touchant. Mais quid de cette marque de confiance, qui, si légitime et naturelle soit-elle à l’époque, n’a pu résister à l’épreuve du temps, de la cupidité et de l’ambition ? En attestent des documents, sans équivoque, à ce sujet.

Mais cet aspect de la chose resterait purement anecdotique si l’interprétation de l’usage auquel ces fonds étaient destinés n’était pas biaisée (1965, l’année de ses secondes noces), avec une légèreté et une totale impudeur, pour qui se veut l’héritier politique de son père. Prétendre enfin que la famille a tablé sur ces hypothétiques fonds pour réhabiliter le palais relève purement et simplement de la diversion. Mais nous y reviendrons.

4°) Là où l’enquête pèche gravement, et l’Observateur paalga nous avait habitués à davantage de perspicacité et de pugnacité, c’est qu’elle accrédite assez rapidement l’idée avancée que les plus hautes autorités seraient restées sourdes et muettes aux requêtes de la famille, relativement à la réhabilitation des biens du Président Maurice, confisqués et restitués en l’état, cela, sans se poser la question du pourquoi.

En effet, comment comprendre qu’après avoir indemnisé d’autres personnalités politiques de ce pays, l’on ait deux poids, deux mesures pour la toute première d’entre elles ? Comment comprendre qu’après avoir institué un fonds d’indemnisation des victimes de la violence en politique, l’Etat, après cinq années d’enquête et de tergiversations, finisse par considérer irrecevable le dossier de feu le Président Maurice Yaméogo ?

Comment imaginer et accepter que celui qui se prévaut d’être l’artisan principal de la réhabilitation et de la restitution des biens de feu son père n’ait pas, en son temps, usé de tout son poids politique, de tous ses talents oratoires, pour faire valoir un droit d’indemnisation pour ce dossier ? Comment oser penser qu’après les obsèques nationales faites au premier Président de ce pays, par le président Blaise Compaoré la question de la réhabilitation du palais où il repose soit restée lettre morte ?

Ces questions qui attendent des réponses

A vrai dire, cela fait beaucoup de questions sans réponses. La seule lancinante que se posent tous les autres membres de la famille, au bout du compte, est la suivante : oui ou non l’Etat burkinabé a-t-il, à un moment ou à un autre, débloqué des fonds pour réhabiliter les biens confisqués, détruits, pillés et restitués en l’état ?

Oui ou non l’Etat burkinabé, à la demande du président Félix Houphouèt Boigny, a-t-il intégralement remboursé les frais de séjour en Côte d’Ivoire, les soins médicaux et le rapatriement dramatique de son premier président (soit de mars 1987 au 15 septembre 1993) et selon quelle procédure et quel canal ?

Par-delà tous les maux dont feu le président Maurice Yaméogo a été chargé, la famille ne peut concevoir un instant que le président Blaise Compaoré, après l’avoir conduit à sa dernière demeure, n’ait accédé à la requête de lui accorder un lieu de sépulture digne de la fonction qu’il a occupée et que lui-même exerce avec un sens élevé des égards dus au rang de ceux l’ayant précédé dans la fonction.

Oui ou non des sommes ont-elles été remises et à qui ? Nous faisons l’impasse sur celles prétendument non reçues de délégations étrangères lors des obsèques, mais demandons, à commencer par les autorités compétentes, à toute personne détenant des éléments de réponse à cette question précise de la réhabilitation du « palais de Koudougou », de nous aider à la trancher définitivement.

Les ayants droit de la succession de feu le président Maurice Yaméogo sont, pour l’essentiel, aujourd’hui tous installés au Burkina Faso. Il est souhaitable à l’avenir que, dans le souci d’une information équilibrée et donc plus juste les concernant, les médias qui font un travail difficile mais combien nécessaire en tiennent compte.

Dans l’intervalle, nous invitons l’Observateur paalga à ne pas s’arrêter en si bon chemin, en un mot, à poursuivre son enquête pour trouver les réponses aux questions des signataires. Il y va de l’honneur de toute une famille, de toute une région, de tout un pays.

Ont signé :
- Jeannette Ezona Kansolé, veuve du Président Maurice YAMEOGO
- Laure Esther YAMEOGO épouse KONE
- Salvador Maurice YAMEOGO
- Solange YAMEOGO épouse Gamiette
- Charlemagne YAMEOGO
- Claver YAMEOGO
- Hélène YAMEOGO épouse Yoboué
- Aymar YAMEOGO

L’Observateur Paalga

Messages

  • Famille Yaméogo laisser s’il vous plait L’ Etat burkinabé et les Burkinabé en paix avec vos histoires.saisisez votre grand frere ennemie Me Hermann yameogo premier heritier en politique et en finance de notre pere de l’independance.c’ est lui seul qui detient tout les secrets.Merci.

    • Tout ça est lamentable !!! Personnellement, par patriotisme, je suis prêt à user de toute mes compétences d’avocats pour retrouver ces milliards en suisse. Un avocat français, est compétent même en suisse. J’attends que les héritiers me désignent et Monsieur HERMANN qui est avocat connaît parfaitement le mode de désignation d’un avocat. J’ai envie de me battre contre les banques suisses pour extraire la substance moelleuse de ces milliards destinés au Burkina Faso. Avec le résultat du gain, si nous pouvons faire plusieurs forages à Koudougou ou à Tenkodogo, j’en serai parfaitement ravi et au moins, j’aurai servi à quelque chose. Me Kéré, Avocat au Barreau de Nancy. Mes coordonnées sont sur internet à mon nom et prénom. A bons entendeurs, lourdons les suisses pour recouvrer ses sous.

  • Ah bon ! Donc les Burkinabe milliardaires a travers le gouvernment, ca n’a pas commence aujourd’ hui alors. Les enfants de Maurice feraient mieux de se taire car ils se mettent la honte et m’enervent. Un president va aux Etats- Unis, vend notre misere et gagne un milliard qu’ il empoche ou qu’ il envoie en Suisse. Faut- il en rire ou en pleurer. Du cote de qui faut- il etre ? du cote du proprietaire de la chevre ou bien du cote de l’ hyene qui s’est emparee de la chevre volee par le dit proprietaire. Sorcier ensorcele, je n’ai jamais vu. Aux USA, un cadeau de plus de 135 dollars au President revient au pays. On ne le met pas en suisse. A ce ce que je sache Maurice Yameogo et Haute Volta, ce n’est pas la meme personnalite juridique. Yameogo Fils, en croyant vous scuder en public, vous versez le visage de votre pere, un homme qui pourrait toujours avoir beaucoup de sympathie en dehors de Koudougou. Moi je croyais qu’ il etait d’ une probite qui correspond au temps , les annees 1960 ou la haute Volta ne savait qu’ un serviteur du peuple devait etre milliardaire pour etre heureux. Je suis content d’ apprendre que nos nouveaux riches n’ ont rien vole, sauf ce qu’ ils ont simplement pris... ok, vous comprenez.
    Salvador, et Hermann, vous savez pourquoi ces suisses ont bloque le milliard- la ? C’est la loi de la compensation. what goes around comes around. Mais pour faire simple, ils ont du simplement retourner l’argent a Lyndon Johnson car il ne l’avait pas donne pour faire des milliardaires deja en 1960. C’etait trop tot quand meme. Ou bien ? Alors, arretez de vous chiffonner comme des enfants de la Rue. Le vieux qui est sous terre ne serait pas content. J’espere que vous voulez diriger un jour le Burkina. N’ ubliez jamais cela, a moins que vous n’ayez pas l’etoffe de dirigeants a la valeur intrinseque etablie, pas papa- m’a- dit.
    A Milliardaire Precoce, fils indignes.

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