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Raoul Cyriaque Ouédraogo (Magazine « Elimu ») : « Les sciences et les technologies sont les cartes à jouer pour le développement de l’Afrique »

Accueil > Actualités > Multimédia • • samedi 16 décembre 2006 à 09h03min

Raoul Cyriaque Ouédraogo

Il a le verbe facile et est de la diaspora burkinabé résidant et travaillant en Suisse. Raoul Cyriaque Ouédraogo, docteur en sociologie et co-créateur du magazine panafricain de l’actualité scientifique et technologique « Elimu » ne tarit pas d’illustrations pour étayer sa vision du développement de l’Afrique.

Entre deux cours de socio et le temps de répondre au flux de message via Internet, l’homme s’est ouvert à Sidwaya. Sans détour, il aborde les questions liées au magazine panafricain en gestation, sa vision du développement de l’Afrique, ses relations avec son pays d’origine avec en filigrane, les projets de retour au bercail.

Sidwaya (S) : Présentez-vous à nos lecteurs ?

Ouédraogo Raoul Cyriaque (O.R.C) : Mon nom est Ouédraogo Raoul Cyriaque, je vis et enseigne la sociologie en Suisse à l’Université de Genève, mais aussi au collège. Je fais également de la recherche scientifique en collaboration avec de nombreuses institutions de recherches en sciences sociales en Afrique, en Amérique latine et en Europe. Je suis précisément docteur en sociologie de l’université de Genève. J’enseigne la sociologie générale habituellement. Cependant, durant huit années j’ai été l’assistant du Professeur J.

Ziegler grand défenseur de la cause africaine avec qui j’ai enseigné la « Problématique des Relations Nord-Sud » à l’Université de Genève (CH), à l’Université de Tripoli (Lybie) et à Fort Hare en Afrique du Sud.

(S) : Vous êtes le co-géniteur d’un magazine scientifique, quelle est votre ligne éditoriale et qu’est-ce qui a motivé la création de ce magazine scientifique ?

O.R.C. : Nous envisageons ce futur journal (magazine) sous l’angle de la vulgarisation ou pour être vraiment fidèle à notre charte, sous l’angle de la médiation scientifique. Nous entendons par là, une approche permettant déjà aux différentes disciplines d’échanger leurs points de vue respectifs sur des problèmes concrets que traverse notre continent. Tout ceci au profit d’un lectorat non scientifique, acteurs et témoins vivants des effets de l’avancement, d’une part, des connaissances sur le monde le vivant et d’autres part, bénéficiaire et parfois victime des avancées techno-commerciales ou technologiques dans le monde.

Mais, nous aimerions faire cela de la manière la plus conviviale, voire ludique ou même branchée. Il faut briser au profit de nos populations, l’image parfois trop sérieuse qu’on donne de ce milieu, ceci en particulier parce que, pour notre continent nous devons être de plus en plus familier avec les sciences et les technologies car c’est la carte qu’il faut jouer dans le futur pour l’Afrique.

(S) : N’est-ce pas de trop de créer une revue scientifique lorsqu’on sait que l’Afrique n’a pas mal de magazine scientifique spécialisé ?

R.C.O : C’est précisément le caractère trop spécialisé de cette presse qui la rend illisible et non attractive même si ces revues sont d’une grande qualité scientifique. Nous savons qu’il existe environs 200 journaux scientifiques ou précisément des revues de liaisons entre laboratoires ou des publications internes (tous disponible aujourd’hui sur Internet).

Mais ces revues ne sont pas abordable par un public non érudits, de plus l’ensemble de ces revues sont publiées en langue anglaise et sont globalement des productions d’Afrique Australe le plus grand pays industrialisé du continent. Dans l’univers qui nous intéresse dans un premier temps, la disponibilité de cette presse est quasi nulle. Le pari que nous essayons de tenir est justement de sortir ces textes, ces travaux de recherche de leurs laboratoires pour servir, dans une certaine mesure les populations immédiatement et maintenant.

(S) : Qu’est-ce qui a guidé le choix de l’appellation « Elimu » ?

R.C.O : Le mot « élimu » ou « ilmu » ou encore « elimu », (le u se lisant ou ) les déclinaisons et les prononciations sont multiples. Ce mot vient de la langue swahilie en usage de l’Equateur au Cap en Afrique du Sud. Les swahilis dérivent ce mot de l’arabe où il a le sens de lumière. Ce mot signifie donc, étymologiquement, lumière et évoque la connaissance, le savoir mais aussi la technologie. Son choix est programmatique.

En notre sens, il répond aussi à notre souci de choisir avant tout un mot d’origine africaine en usage courant et à large spectre. C’est un objectif atteint pour les trois quart de l’Afrique (Afrique du Nord, Afrique de l’Est, Afrique Centrale, Grands Lac et Afrique Australe.) ; sauf l’Afrique de l’Ouest ! Ceci dit, phonétiquement, il faut également dire que cela sonne bien et c’est facile à prononcer.

(S) : Depuis quand existez-vous et comment gérez-vous les informations à diffuser sur le magazine et sur le site d’elimu ?

R.C.O : Notre projet existe officiellement depuis Avril 2006, mais compte tenu des difficultés rencontrées dans la mise en place du système de diffusion sur le continent, nous sommes toujours dans notre phase de lancement. Nous avons néanmoins un site Internet en ligne sur lequel nous expérimentons quelques solutions à déployer pour nos futurs lecteurs ou sympathisants.

En fait, nous comptons développer globalement une solution Turbo ou double-presse - C’est ce qui explique le 2 sur le e de elimu). A savoir exister à la fois sur Internet et sur papier car en effet, notre but premier est de publier un journal papier afin d’atteindre le plus grand nombre.

Pour paraphraser un auteur inconnu « Tant qu’on ne pourra pas utiliser un écran d’ordinateur pour chasser les mouches ou pour emballer les aliments, le journal papier sera indispensable. » Nous sommes loin du compte actuellement. A cela, il faut ajouter les prix prohibitifs des connexions, la qualité approximative des approvisionnements en électricité dans certains pays, mais aussi le coût de la vie tout court...Au sujet de notre politique de prix, nous allons nous aligner sur les prix du marché en fonction des pays.

A terme (si ce n’est déjà le cas), notre site Internet fonctionnera le plus étroitement possible avec le journal, mais sans en être la copie numérique. Il proposera un certains nombre de services à l’instar des grands portails européens. Je suis étonné du nombre d’africains utilisant des adresses emails de portail français. Nous proposons d’ores et déjà à nos utilisateurs mais sur demande les services suivants : email gratuit, petites annonces gratuites ou classées, album photo privés, agenda privé, blogs, podcasting, un moteur de recherche spécialisé, etc... .

(S) : Qui sont les membres du comité de lecture et comment procèdent-ils pour choisir les articles qui peuvent être publiés sur le site et ceux qui peuvent paraître dans le magazine imprimé ?

R.C.O : Le comité de recherche se compose de professeurs d’université ou de chercheurs vivant et exerçant en Suisse ou en Afrique et qui soutiennent activement le projet. Les critères de présélection se fondent sur les mêmes exigences de rigueur, de qualité que les autres magazines du même domaine. C’est une question de qualité, à l’heure de la mondialisation, l’autosatisfaction n’est pas de mise. Le choix thématique est purement stratégique car nous avons aussi un plan d’affaire à respecter, mais il dépendra également de l’actualité et de la réactivité de nos lecteurs. Nous allons mettre l’interactivité qu’offre Internet au service de ce média que nous considérons de seconde génération, du type WEB.2

(S) : Quand paraîtra le premier magazine de elimu ?

R.C.O : Le nouvel an nous apportera sûrement notre premier numéro distribué en kiosque. Vous savez, même pour un journal scientifique, la censure se met en place dans certains pays africains, ce sont alors des obstacles qu’il faut surmonter et nous nous y employons activement.

(S) : Quels sont les dossiers phares que les lecteurs pourront y lire ? Quel sera son coût ? Sera-t-il disponible dans tous les pays d’Afrique ?

R.C.O : Les différents thèmes sur lesquels nous allons constituer des dossiers permanents, donc un traitement périodique sont décrits sur notre site et concernent : la santé, l’alimentation, les drogues, l’informatique, l’emploi en Afrique... En dehors de cela nous comptons tel que nous l’avions suggéré, traiter de l’actualité scientifique telle qu’elle surgi au fil du temps et des évènements à travers le continent.

Par exemple dans un cas d’une actualité comme celle des déchets toxiques en Côte-d’Ivoire, un traitement de l’information comme nous l’envisageons consisterait à aborder le sujet sous plusieurs angles à la fois, par des spécialistes des divers domaines concernés par cette seule catastrophe de manière continue en élargissant le champ d’investigation. En clair, je pense que ce genre de catastrophe n’est pas arrivé que dans ce pays.

De plus, la question des déchets du monde fortement industrialisé a parfois des conséquences dans des domaines inattendus, sous d’autres cieux africains ou du Tiers-monde. Une fois la chaîne des responsabilités établie, il faut expliquer sérieusement la nature de ces produits, comment les repérer, quels sont les divers dangers auxquels ils nous exposent, comment s’en prévenir etc.

(S) : Comment fonctionne le site web d’elimu et quelle interactivité vous suggérer aux lecteurs avec le site d’elimu ?

R.C.O : Nous avons conçu ce site comme un outil de travail d’abord à l’usage de nos membres et correspondants, mais il est également ouvert à toute personne voulant bénéficier des services proposés gratuitement. Pour les membres et correspondants c’est un lieu de travail et de rencontre. Il n’est pas facile d’avoir une rédaction virtuelle écartelée aux quatre coins du continent, il s’agit d’une manière absolument nouvelle de travailler et bon nombre de personnes ne s’y font pas. Pour les usagés ordinaires, le forum modéré et les petites annonces classées sont des moyens de mise en relation également, à utiliser pleinement.

L’usage du courrier gratuit et de l’agenda dynamique participe de la même intention et met en pratique les dernières technologies en usage dans le monde. L’objectif principal est de créer une communauté autour de notre journal, qui nous accompagnera le long de notre route car au delà du journal nous visons une approche décentralisée du savoir. Pour bénéficier de ces produits il suffit de visiter notre site et de faire une demande. Nous attendons évidemment les critiques de tous afin d’améliorer notre offre finale.

(S) : Actuellement combien de correspondants comptent elimu et dans quels pays d’Afrique les trouve-t-on ?

R.C.O : Nous comptons actuellement 40 correspondants. Il a fallu séparer le bon grain de l’ivraie, nous avions passé une annonce sur l’antenne de RFI. Vous n’imaginez pas le nombre de réponses que nous avons obtenu, mais un grand nombre de prétendus journalistes scientifiques n’en étaient point. Mais cela faisait partie d’un choix de méthode et nous ne le regrettons pas.

Je constate simplement que certains nous ont fait perdre du temps, mais nous avons rencontré aussi de braves personnes que nous n’aurions pas trouvées dans les couloirs d’université ou par annonce. Tout cela nous donne une diversité appréciable. Ainsi, nous avons des correspondants et collaborateurs uniformément bien répartis du Nord du Sahara au Sud du Sahara, mais aussi dans la diaspora, c’était notre objectif.

(S) : Quels sont les possibilités que vous offrez à vos correspondants afin qu’ils soient reconnus comme ceux d’elimu et qu’ils puissent avoir accès aux sources d’informations ?

R.C.O : Voici une réponse que nous réservons à nos seuls correspondants et collaborateurs. Les sources d’information et surtout les moyens d’atteindre ces sources sont dans ce métier de l’ordre du confidentiel.

(S) : Qui sont ceux qui soutiennent elimu dans cette démarche de diffusion des infos scientifiques sur le continent ?

R.C.O : Nous espérons avoir beaucoup de soutient dans les milieux scientifiques du continent mais aussi chez les praticiens, les hommes de terrain dans tous les domaines scientifiques et technologiques ou la diffusion est perçue comme une nécessité pratique dans le but d’améliorer la vie des populations. Dans nos pays, la modernité, parfois introduite par effraction sur notre continent, est rarement accompagnée de son mode d’emploi. L’improvisation, la réadaptation, l’acclimatation de certains aspects de la technologie en usage dans les pratiques concrètes en Afrique, frise parfois avec l’invention pure et simple, mais un accompagnement n’est pas inutile dans certains cas pour éviter des accueils irréversibles.

(S) : Pourra-t-on retrouver d’autres actualités scientifiques intéressant d’autres continents du monde excepté l’Afrique ?

R.C.O : Bien entendu, ce que nous proposons est une priorisation des actualités scientifique et technologique africaines. Mais le regard est porté autant sur l’Afrique que sur le reste du monde. Nous essayons d’établir un ordre de priorité en ce qui concerne les domaines d’intérêt des populations africaines, mais une actualité scientifique a ceci d’universelle qu’elle n’est située nulle part que sur le terrain de la science, de l’émerveillement, du questionnement et de la soif de savoir qui caractérise l’homme. Les actualités scientifiques sont d’abord du domaine de la science, qui elle, est universelle. Seul l’ordre des priorités et des urgences en fonction des faits en font des sujets à traiter immédiatement ou non.

En dehors de cela, suivant le même souci de priorité, notre regard peut être emmené à se porter également sur d’autres parties du monde afin de rapporter des connaissances et des expériences en usage sous d’autres cieux et qui pourraient être utilisées chez nous. Je pense à l’usage de certaines technologies en matière d’énergie nouvelles, de mobilité, d’agro-industrie, en usage dans d’autres parties du tiers-monde qui pourraient être acclimaté ici aisément. Inversement, orientant avec rigueur nos écrits nous pouvons également intéresser d’autres publications qui ont besoin de textes concrets sur l’Afrique.

(S) : Au delà de ce que vous faites, vous de nationalité burkinabé, quelles sont les relations que vous entretenez avec votre pays d’origine ?

R.C.O : Chaque jour, je passe plus de temps en Afrique qu’en Europe rien que par le fait de cette activité, les échanges avec les correspondants et les différents collaborateurs m’occupent plus de 10 heures par jour. Je vis donc virtuellement en Afrique. En dehors de cela, mon fils passe toutes ces grandes vacances dans notre grande famille à Ouagadougou et à Ouahigouya. Il apprécie en particulier les explications techniques de son grand père qui est un véritable savant inventeur, auteur de quelques inventions dans le domaine du machinisme agricole.

Idem pour sa tante avocate de profession mais qui se passionne ardemment pour l’agriculture pendant son temps libre. Toutes ces choses le rattachent à notre terre natale. Personnellement, j’essaye de me rendre une fois par an au pays avec un projet concret, certains marchent bien, d’autres moins. Le temps du retour viendra. Je préfère vivre au Burkina Faso, même si des raisons professionnelles et familiales me retiennent en Suisse pour l’instant. Mais ce sont des questions personnelles très complexes.

(S) : Être burkinabé en Europe, comment vivez-vous cette situation et n’êtes-vous pas concerné par la fuite des cerveaux ?

R.C.O : C’est possible. Mais j’ai rendu plus de services à l’Afrique depuis ici, que ce que j’aurais réussi à faire en restant au Burkina. Bon nombre de mes étudiants ont appris avec notre enseignement à porter un autre regard sur l’Afrique. Certains sont des chefs de projets et d’ONG intervenant actuellement partout en Afrique, d’autres travaillent actuellement dans des chancelleries de leurs pays à l’étranger et portent un autre regard sur l’Afrique que celui de la vieille tradition diplomatique postcoloniale. En dehors de cela, je pense que mon cerveau s’est formé en cours de route par mes propres moyens, celle de ma famille et de mes réseaux sans l’aide d’aucun Etat encore moins africain. Mais mon attachement pour ce continent tiens à autre chose de plus important que la réussite intellectuelle ou professionnelle. Ici nous vivons à l’instar de beaucoup d’africains dans l’entre-deux monde, je me défini plus comme un transmigrant plutôt qu’un immigrés.

(S) : Si un annonceur veut faire ses annonces sur elimu comment doit-il procéder ?

R.C.O : Une telle démarche sera accueillie avec beaucoup de plaisir. Nous avons en effet besoin d’annonceurs, non seulement pour notre journal papier mais également pour les divers produits et solutions technologiques que nous pouvons fournir sous forme de services autonomes (propriétaires) à d’autres entreprises. Des informations plus détaillées peuvent être trouvées sur notre site www.elimu.info .

(S) : Reviendrez-vous un jour au Burkina ? Quand peut-être ?

R.C.O : En début d’année 2007, dans le but de trouver des partenaires pour l’organisation d’un colloque sur la vulgarisation et le journalisme scientifique en Afrique. Ceci est un appel également à toutes les bonnes volontés.

(S) : Quelles sont vos perspectives dans la gestion, le fonctionnement, la coordination et les activités à mener dans le suivi des correspondants et des articles de elimu ?

R.C.O : Question confidentielle

(S) : Quels sont vos souhaits pour la nouvelle année qui débutera dans un mois ?

R.C.O : Faire paraître le numéro Zéro de eLimu dès fin janvier dans tous les kiosques à journaux africains. J’aime mon pays et son peuple. J’invite beaucoup de burkinabè à participer à cette aventure.

Entretien réalisé par Daouda Emile Ouedraogo

Sidwaya

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