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La réconciliation nationale au Burkina Faso : les enjeux linguistiques

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • • mardi 14 septembre 2021 à 15h40min
La  réconciliation nationale au Burkina Faso : les enjeux linguistiques

Introduction

Dans son histoire, le Burkina Faso a été éprouvé par de nombreuses crises. Depuis les indépendances à nos jours, le pays a connu plusieurs coups d’état qui ont occasionné de nombreuses pertes en vies humaines. A cela s’ajoute des licenciements abusifs de la part de certaines autorités, des conflits intercommunautaires, des assassinats politiques de civiles et de militaires, des crimes de sang, des conflits fonciers ainsi que le constat de la montée des inégalités sociales. Les derniers évènements majeurs en date sont une insurrection populaire en 2014 et un coup d’état en 2015 qui ont occasionné de nombreux morts au sein de la population civiles ainsi que du côté des forces armées nationales.

De plus, on relève la persistance du terrorisme qui endeuille chaque jour des familles à travers le pays. Suite à ces évènements douloureux, le nouveau régime démocratique en place a décidé d’aller vers une réconciliation nationale dans le but d’apaiser les cœurs meurtris des burkinabè. Cette réconciliation tant attendue doit-elle se dérouler dans quelles langues ? Etant donné que le Burkina Faso en compte une soixantaine.

Par ailleurs, rappelons que le jeudi 28 février 2019, le Burkina Faso a commémoré en différé la 20eme journée internationale de la langue maternelle dont le thème a été : « Les langues autochtones, ça compte pour le développement, la construction de la paix et la réconciliation ». Cette journée est célébrée chaque 21 février de l’année. Elle vise à faire prendre conscience aux populations de l’importance des langues nationales pour une éducation de qualité faisant appel au multilinguisme et en faveur d’un soutien aux langues autochtones.

S’exprimant sur le thème de la célébration de la présente journée, le Professeur Albert OUEDRAOGO du Burkina Faso affirme qu’il est impossible de construire quelque chose de durable en empruntant l’outil langagier à une autre culture. Pour lui, si on veut que le développement soit endogène, qu’il soit en phase avec les aspirations des populations, il faut que le développement se décline dans les attentes des populations, qu’elle émane des populations et que les populations l’expriment dans leurs langues d’abord.

Il est bon que le développement ne soit pas comme une sorte de mirage derrière lequel on court. Le développement doit se faire en rapport avec nos propres valeurs, nos propres attentes et nos propres canevas.

Pour appuyer ses propos sur les conséquences de l’absence des langues maternelles dans l’administration, le Professeur indique dans son allocution que l’une des difficultés de la justice burkinabè réside dans la barrière des langues maternelles. Il estime que même quand vous avez le Baccalauréat, quand le juge prononce le verdict, vous avez besoin de quelqu’un pour traduire, parce que vous ne savez pas ce qu’il a dit. A ce propos, le professeur se penche sur le sort de ceux qui n’ont pas été instruits et de conclure que la véritable paix recherché sera plutôt difficile dans une situation de réconciliation où la justice elle-même ne parle pas la langue du peuple.

Dans le cas particulier du processus de réconciliation au Burkina Faso, deux types de justice sont envisagés dans les opinions. Il s’agit des justices classique et transitionnelle. La justice classique est formelle. C’est elle qui est en vigueur dans les institutions modernes avec des tribunaux et des juges pour faire appliquer le droit.

Par contre la justice transitionnelle tient compte des mécanismes traditionnels. Elle met en place un ensemble de mesures judiciaires et non judiciaires permettant de remédier au lourd héritage des abus des droits humains dans les sociétés qui sortent d’un conflit armé. Cette justice a d’ailleurs été expérimentée avec succès au Rwanda et en Afrique du Sud.

Ainsi, qu’elle émane de la justice classique ou de la justice transitionnelle, il est nécessaire que la justice tant prônée dans le cadre du processus de la réconciliation nationale soit comprise par tous les burkinabè. A ce titre, un certain nombre d’interrogations se dégagent : le français à lui seul peut-il être la langue de communication dans le processus de réconciliation nationale au Burkina Faso ? Dans quelles langues nationales cela peut-il être possible ? Quelles dispositions le gouvernement doit-il prendre pour faciliter l’accès à la justice à tous les burkinabè ?, la réponse à cette problématique nous invitent à réfléchir sur les hypothèses ci-après :

-  Une justice rendue en français dans le cadre de la réconciliation nationale ne peut pas réconcilier tous les burkinabè ;
-  L’utilisation des langues nationales dans la conduite des affaires judiciaires permet d’atteindre une grande cible, voire toute la population du pays ;
-  Pour un bon processus de réconciliation, l’usage des langues nationales est plus que nécessaire.

L’objectif visé dans cette étude est de montrer le bien fait de l’utilisation des langues nationales dans le pays afin de permettre aux gouvernants de prendre en compte cette question avec sérieux dans le processus de la réconciliation nationale. En effet, le Burkina Faso est, semble t-il, à la croisée des chemins. C’est une situation déplorable où les suspicions sont légions. La réconciliation nationale prônée par les gouvernants, pourrait être parmi tant d’autres, l’un des derniers remparts pour recoudre le tissu social.

Au regard de ce qui précède, nous avons bien voulu inscrire notre étude dans un cadre pluridisciplinaire qui est à la fois sociolinguistique et politique linguistique. En effet, la sociolinguistique est l’une des branches des sciences du langage. Pour W. Labov (1976, P.258), « il s’agit là tout simplement de linguistique ».

C’est une science qui a affaire à des phénomènes très variés. Parmi ces phénomènes notre étude s’intéresse entre autres aux fonctions et aux usages du langage dans la société, à la maîtrise de la langue, à l’analyse du discours, aux jugements que les communautés linguistiques portent sur leur(s) langue(s), à la description des différentes variétés qui coexistent au sein d’une communauté linguistique en les mettant en rapport avec les structures sociales. C’est une interdiscipline fondée sur le croisement des sciences du langage et de l’ethnologie du langage. C’est une science qui s’intéresse aux phénomènes linguistiques et socio-anthropologiques.

Quant à la politique linguistique, c’est un sous-champ de la sociolinguistique, notamment de la sociolinguistique appliquée à la gestion des langues (J.L. Calvet, 2011, p.6). Elle a pour rôle de planifier les politiques de gestion du plurilinguisme dans une société culturellement diversifiée.

Pour H. Boyer (2010, p.3), une politique linguistique doit passer nécessairement à une étape concrète en mettant en place des dispositions et des dispositifs à cet effet. On parlera alors d’aménagement ou de planification linguistique. Dans la présente étude, la politique linguistique a pour but de permettre aux décideurs de prendre en compte l’importance des langues nationale dans la politique de réconciliation en vue de permettre aux burkinabè de se comprendre et de se pardonner.

1. Approche méthodologique

Notre méthode de travail s’articule autour des points suivants :
Dans un premier temps, nous avons procédé à une recherche documentaire relative aux questions de politique linguistique et de sociolinguistique. Ce qui a permis d’établir la situation sociolinguistique du Burkina Faso.

Dans un dernier temps, un questionnaire a été soumis à cents (100) personnes soit deux (02) personnes par province et à dix (10) élèves/étudiants dans le but de récolter un certain nombre d’informations sur l’appropriation du processus de réconciliation nationale. Le Burkina Faso compte quarante-cinq (45) provinces.

Nous avons eu le privilège d’interroger pour chaque province, une personne instruite et une personne non instruite. Les personnes instruites sont entre autres des travailleurs du privé ou du publique, des demandeurs d’emplois, des particuliers qui comprennent et parlent le français, des Chefs traditionnels instruits.

Pour les personnes non instruites, nous avons interrogé des personnes qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, des Chefs traditionnels non instruits. Pour le cas des étudiants, notre approche a concerné les sept (07) grandes universités publiques que sont : l’Université Joseph KI-ZERBO à Ouagadougou, l’Université Thomas Sankara à Ouagadougou, l’Université Nazi BONI à Bobo-Dioulasso, l’Université Norbert ZONGO à Koudougou, l’Université de Ouahigouya, l’Université de Fada N’Gourma et l’Université de Dédougou. A cette liste nous avons ajouté deux (02) élèves issues du lycée Philippe Zinda Kaboré à Ouagadougou et deux (02) élèves du Lycée Ouézzin koulibaly à Bobo-Dioulasso.

Par ailleurs, nous relevons que la moitié de l’échantillon concerne les zones rurales et l’autre moitié les zones urbaines du pays. Les personnes instruites sont choisies en campagne ou en zone urbaine. Quant aux personnes non instruites, nous avons préférés le choix en campagne pour nous donner plus de chance de constater la dispersion géographique de la notion de réconciliation nationale dans les ménages.

Nous avons pu avoir dans notre échantillon vingt et-un (21) groupes ethniques sur la soixantaine de langues ethniques que compte le pays, soit 35%. Nous osons croire que cet échantillonnage permettra de donner des informations au politique pour sa démarche dans le processus de la réconciliation nationale.

Notre questionnaire a abordé les thématiques suivantes :

Le répertoire linguistique des enquêtés
La réconciliation nationale
Le choix de langue dans le processus de réconciliation nationale
Les solutions dans l’atteinte des objectifs du processus en cours
Les données recueillies ont été traitées par le logiciel sphinx 2 version 2000.

2. Résultats

Pour la première thématique relative au répertoire linguistique, nous relevons qu’en plus des langues maternelles parlées par chaque enquêté, 52% des populations de notre échantillon comprennent le mooré, 19% parlent le dioula, 18% communiquent en fulfuldé. Ces langues sont connues au Burkina Faso par divers études comme étant des langues véhiculaires. Aussi, 11% font usage de la langue officielle : le français. Au vu de ces résultats, le constat est que les langues véhiculaires du Burkina Faso restent dans les usages. Le mooré occupe la première place du faite de son poids démographique, le dioula est une langue commerciale, le fulfuldé une langue de transhumance et le français la langue officielle. Le résultat est répertorié dans le tableau suivant :

Tableau 1 : récapitulatif du répertoire linguistique des enquêtés

En ce qui concerne la deuxième thématique relative à la compréhension de la notion de réconciliation nationale, les réponses obtenues sont entre autres : « C’est une entente après un conflit ou une bagarre ; renouer avec le dialogue ; tentative de rapprochement entre personnes après une longue séparation ; fumer le calumet de la paix entre frères. ». Nous avons obtenu de façon systématique 13% de réponses justes. Les autres semblent ignorer totalement ce que signifie ce concept en français. Il faut dire que les questions posées en langues nationales ont gardé la notion langue nationale en français. C’est un phénomène d’emprunt que nous avons gardé pour vérifier le niveau d’appropriation de celle-ci dans la langue.

Cependant, lorsque les enquêteurs tentent une explication de la notion en langue nationale, nous obtenons un taux de 100%, car dans toutes les réponses, la notion de pardon est présente. Par exemple en mooré on retient les termes « Malsougouri ou Zems taaba » ; en bambara on a : « Yafa , hakéto , makoto, toubi » ;
Cette situation témoigne que le concept est bien connu en langue nationale. Ce constat fait comprendre qu’il sera nécessaire de compter sur l’usage des langues nationales pour une bonne avancée dans cette logique de réconciliation. Par ailleurs, il faut souligner que le mécanisme de réconciliation national existe bel et bien dans l’organisation culturelle de nos sociétés africaines. Il permet à des personnes ainsi qu’à des villages de renouer avec le dialogue et la bonne entente sous l’influence d’une personne bien respectée et garant de la tradition.

Cependant, concernant le processus en cours, 15% des enquêtés sont informées. Ils affirment qu’ils ont été informés par les médias à travers les différentes tournées entreprises par le ministre en charge de cette question. 31% des enquêtés disent ne pas savoir comment cela se manifestera de façon concrète sur le terrain. 54% des personnes interrogées ne savent pas de quoi il s’agit. La majorité de ces personnes est généralement issue des campagnes de notre pays. Ce qui suppose que la question semble pour le moment ne concerner que les centres urbains. Il y a donc un travail de sensibilisation à faire sur le terrain.

Dans la troisième thématique relative au choix de langue dans ce processus, nous obtenons les résultats ci-après :

Tableau 2 : avis des enquêtés sur le choix des langues dans le processus de réconciliation

En termes de commentaire sociolinguistique, nous remarquons qu’en plus de leur langue vernaculaire, 8% des enquêtés souhaitent que la réconciliation nationale se déroule en français. 25% pensent que cela est possible en mooré contre 9% pour le dioula, 6% pour le fulfuldé.

Par contre, 52% des personnes interrogées estiment que la réconciliation est possible si cela se déroulait dans chaque langue ethnique ou langue vernaculaire. Au regard de ces statistiques, nous remarquons que les langues véhiculaires n’arrivent pas à s’imposer dans ce choix. Par contre les langues vernaculaires (ou langues maternelles) s’affirment clairement dans le choix des enquêtés à 52%. Ce qui permet d’identifier un phénomène d’irrédentisme culturel et linguistique.

En ce qui concerne la troisième thématique de notre étude relative aux solutions pour favoriser l’atteinte des objectifs du processus en cours, les enquêtés ont souhaité entre autres que l’on prenne en compte tous les phénomènes culturels qui peuvent aider à cette réconciliation. Par exemple, nous avons obtenu les réponses ci-après :

« Il faut l’implication des Chefs traditionnels qui ont une ascendance sur leur population dans leurs zones administratives »
« Le gouvernement devrait donner plus de moyen aux coutumiers pour faire les sacrifices nécessaires en la matière afin de laver le pays des crimes de sang. »
« Il faut que le gouvernement travail à ce qu’une ethnie ne se sente pas dominée par une autre dans l’usage des langues. »

« Il faudra faire la part des choses, c’est-à-dire utiliser le français pour ceux qui la comprennent et les langues ethniques pour chaque communauté linguistique pour mieux faire passer le message. »

« Il serait important que les élus locaux soient impliqués. »

Aussi, nous relevons qu’au Burkina Faso, les Chefs coutumiers ne s’expriment qu’en langue nationale devant leur peuple. Ce volet culturel devrait être pris au sérieux pour éviter d’exclure des personnes. En effet, la réconciliation nationale concerne tout le monde. A ce titre personne ne doit être exclu. Car, d’une manière ou d’une autre, chaque burkinabè est concerné par cette situation.

Nous invitons ainsi le gouvernement à tenir compte des spécificités de chaque ethnie. La pomme de discorde pourrait venir de l’utilisation des langues nationales. C’est une question sensible. Si l’Etat ne règle pas cette question, la réconciliation risque de poser plus de problèmes que de solutions. Car de nos jours, la stigmatisation est devenue un phénomène courant. Pour ce faire, l’Etat doit rester vigilant et prudent dans sa démarche pour permettre la cohésion nationale.

Conclusion

En définitive, retenons que le processus de réconciliation nationale prévu au Burkina Faso devra tenir compte des langues nationales. En effet, les résultats obtenus à travers une enquête de terrain montrent que les avis sont partagés sur le choix de la langue.

D’après nos sources, en plus des langues vernaculaires, chaque burkinabè parle au moins une autre langue. Ces langues sont généralement les trois langues nationales véhiculaires (mooré, dioula, fulfuldé) et le français. Cependant quant à la question de l’utilisation des langues nationales dans le processus de la réconciliation nationale, des résistances se font sentir.

En effet, chaque ethnie à tendance à se replier sur ses valeurs pour ne pas se faire dominer par les autres. A ce titre, 52% des enquêtés pensent qu’il est nécessaire que ce grand évènement qui concerne tout le pays se déroule dans les langues vernaculaires de chaque ethnie. Car, un pan de la société se sentira isolé ou discriminé si cette situation se déroule dans une langue uniquement ou bien dans quelques langues seulement. Toute chose qui contribuera à provoquer l’effet contraire recherché c’est-à-dire, l’effritement de la cohésion sociale.

En guise de solution à cette situation, nous avons invité le gouvernement à définir une politique claire en matière de langue dans le processus de réconciliation. Nous estimons que l’union sacrée des filles et des fils du pays commande que la réconciliation se déroule dans chaque langue ethnique. C’est le prix à payer si l’on veut atteindre tous les burkinabè dans leur diversité culturelle.

Docteur BATIONO Zomenassir Armand

Institut des Sciences des Sociétés (INSS)/ Burkina Faso

zomenassir@yahoo.fr


Références bibliographiques

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|. Mis en ligne le 06 novembre 2012. URL : http://journals.openedition.org/mots/19891 : consulté le 16/01/2018.
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2011, 1993

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Yoda Lalbila Aristide, 2010. « Traduction et plurilinguisme au Burkina Faso ». Revue Hermès
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Vos commentaires

  • Le 14 septembre à 21:29, par Gambo En réponse à : La réconciliation nationale au Burkina Faso : les enjeux linguistiques

    Merci. Effectiment la justice est rendu en langue d’emprunt. Le colonisateur avait recruter des interprètes administratifs et judiciaire pour traduire pendant les audiences. Mais depuis l’indépendance ce corps à été négligé. La fonction publique continue sous forme des agents temporaires où contratuels. Sans formation ni plan de carrière, les interprètes finissent par changer de corps et de profession. Moi-même je viens de ce corps.

    Répondre à ce message

  • Le 15 septembre à 09:01, par kwiliga En réponse à : La réconciliation nationale au Burkina Faso : les enjeux linguistiques

    "Il estime que même quand vous avez le Baccalauréat, quand le juge prononce le verdict, vous avez besoin de quelqu’un pour traduire"
    Hum, n’estimez-vous pas que votre article par sa longueur et sa complexité est particulièrement indigeste, notamment dans ce format ?
    Ou peut-être cela provient-il du fait qu’il soit intégralement rédigé en français ?

    Répondre à ce message

  • Le 15 septembre à 11:41, par Marc Labor En réponse à : La réconciliation nationale au Burkina Faso : les enjeux linguistiques

    Je comprends bien l’appel à cette problématique universelle qui veut que deux interlocuteurs parlent la même langue chaque fois que c’est possible, qu’il s’agisse de la justice ou d’autres choses.

    Mais je suis par ailleurs un ancien chef d’entreprise qui est sensibilisé à voir ce que l’on peut faire concrètement et à ne pas égarer ses équipes en les lançant dans des problèmes insolubles.

    Supposons que l’on adopte une organisation de la justice dans toutes les langues locales. Il faudra d’abord former des juristes et des greffiers dans chacune de ces langues, qu’ils soit nommés aux bons endroits et qu’ils disposent des quelques milliers de pages des textes et de la jurisprudence nécessaire, toujours dans la langue locale pouvoir en lire un extrait aux autres participants.

    Autrement dit c’est une tâche gigantesque et probablement impossible. Et si on essayait de s’y atteler cela prendrait tellement de moyens humains précieux pour le développement du pays que ce serait probablement un gigantesque gâchis avec très peu de chances d’arriver à l’objectif convenu.

    Je pense que nous avons donc suffisamment de problèmes importants dans notre pays pour ne pas disperser nos forces dans des combats probablement impossibles. Nous avons la chance de disposer du français et de toute sa littérature juridique. Une proportion croissante de la population le comprend, et de toute façon il serait beaucoup moins compliqué de prendre des interprètes que de bâtir l’énorme machine que je viens d’évoquer

    Répondre à ce message

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