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SAMU : Le projet est-il abandonné ou bloqué ? Une analyse du sujet s’avère indispensable

Accueil > Actualités > Opinions • • lundi 19 juillet 2021 à 18h30min
SAMU : Le projet est-il abandonné ou bloqué ? Une analyse du sujet s’avère indispensable

Le Service d’Aide (Assistance) Médicale d’Urgences (SAMU) au Burkina Faso.

A la conquête du pouvoir du Président RMCK, l’un des objectifs de son programme politique en matière de santé était la création du SAMU. En effet, à l’instar des pays industrialisés et de certains pays africains et ouest-africains, en l’occurrence le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, le BF avait pour ambition de créer un SAMU afin d’améliorer l’organisation, la gestion et la PEC des urgences en santé.

Pour ce faire, le pays s’était doté d’une stratégie pour rendre opérationnel cet instrument qui devrait contribuer à réduire la morbidité et la mortalité des populations. C’est ainsi qu’en 2016 débuta la formation des ressources humaines, médecins et infirmiers. Aussi, cette formation qui est à sa cinquième promotion a déjà mis sur le terrain, environ une cinquante de compétences, médecins et infirmiers.

De même, une direction de la logistique pour les urgences médicales (DLUM) fut créée. En plus, un bâtiment fut dédié et refectionné au compte de cette nouvelle structure. Également, un marché de commande d’environ quarante cinq ambulances type SAMU fut décrété en Conseil de Ministre en 2019. Ces ambulances ont été acquises courant 2020, mais la plupart sont toujours garées sur le futur site de la structure au côté Nord-Est du CHU-YO, sise à l’ex DRH du dit ministère, tandis que d’autres auraient été réaffectées à certains hôpitaux..

Par ailleurs, on apprit que les textes réglementaires et juridiques devrant régir la structure SAMU avaient été transmis en octobre 2020 au premier ministère pour adoption en CM. Mais des informations récentes, ce dossier aurait été rejeté, repris et transmis à nouveau.

De ce qui précède ; s’il est vrai que les procédures réglementaires sont indispensables, il en reste que le Président actuel est au troisième quart de ses deux mandats constitutionnels. C’est ainsi, qu’on pourrait légitimement se demander qu’est ce qui fait la dystocie de la naissance du SAMU ? Le projet est il complément enterré ou est il expressément bloqué ?
Le citoyen lambda ne saurait trouver des réponses appropriées à cette question. Cependant, on pourrait cependant se permettre d’une analyse selon deux scénari.

Le premier serait que l’éléphant tant attendu n’arrivera pas avec un "pied cassé" mais ne paraîtra même plus parce qu’il souffrait déjà de ses organes vitaux. En ce sens, le SAMU serait un abortum, puisque sa mise en place résulte d’un conflit entre certains bronzes du système.

A en croire certaines indiscrétions, il semblerait que le début de la formation en 2017 du personnel urgentiste (médecins et infirmiers), avait suscité un conflit parmi les grands maîtres du domaine, dont certains de Ouagadougou et d’autres de Bobo Dioulasso. En effet, il semblerait que les mis en cause ne s’étaient pas accordés sur la stratégie et le contenu de la formation.
A l’issue de ce conflit, les seconds auraient vraisemblablement remporté et la formation se déroule actuellement à Bobo. Toutefois, il reste à savoir s’ils sont les hommes forts du moment pour influencer sur la mise en place du SAMU.

Le deuxième cas de figure qui serait résiduel à ce conflit de paternité est à l’instar des passages de la Bible où "des jeunes filles gardant leur bougie allumée, attendent très tardivement l’arrivée de leurs fiancés".

Puisque selon toujours des indiscrétions, une autre formation des urgentistes ; indépendamment de celle de Bobo Dioulasso, se déroulerait à Ouagadougou et mettrait très bientôt ses premières compétences sur le terrain. Le projet SAMU serait il donc mis en veille en attente de ces nouvelles futures compétences ? Wait and see.

En tout état de cause, le dossier SAMU ressemblerait au "dossier CAMEG - 2016 au point qu’il suscite tant d’interrogations que d’incompréhensions.
Or sans être spécialiste aguerri du plaine, le SAMU constituerait une alternative pour sauver de nombreuses vies dans le contexte actuel marqué par l’émergence, la fréquence et la gravité des maladies transmissibles et non transmissibles, des blessés d’accidents de la voie publique, des catastrophes et terroristes.
Que dire du personnel formé, en perte des compétences acquises ; du local refectionné qui est en dégradation progressive ; ou des ambulances sur cale depuis bientôt un an ; tout ça sur le dos des bénéficiaires du SAMU que sont les contribuables.

La naissance du SAMU trouvera t il ces ressources dont il besoin encore disponibles et toujours opérationnelles ?
Cette inquiétude devrait être là priorité de ce nouveau actuel gouvernement, via son Ministre de la Santé. Elle devrait interpeller le bon sens représentants de notre peuple, dont le rôle est le contrôle de l’action gouvernementale.

Par GNADA Barkié Wilfried, infirmier spécialiste en soins d’urgence.
Tél 70 11 08 77/ 78 78 90 40.

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