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Sommet de N’Djamena : Fin de partie pour les terroristes, exulte Ibrahim Keïta

Accueil > Actualités > Opinions • Par Ibrahim Keïta • jeudi 18 février 2021 à 16h06min
Sommet de N’Djamena : Fin de partie pour les terroristes, exulte Ibrahim Keïta

Le 7e sommet du G5 Sahel qui vient de s’achever ouvre enfin de nouvelles perspectives. A N’Djamena, dans son discours d’ouverture le président tchadien Idriss Deby déclare : « En décidant souverainement de mutualiser nos missions, nos forces et nos ressources afin de faire face résolument aux grands défis qui menacent notre grand espace commun, (…) nous avons pris l’engagement résolu de prendre notre destin entre nos mains, car notre espace a connu une combinaison de calamités à répétition ». Voilà qui est dit !

La solidarité entre les pays du G5 Sahel va donc connaitre un second souffle et les djihadistes qui ruinent nos territoires et nos modes de vie verront rapidement leur rêve de khalifat s’effondrer. C’est la première fois dans l’histoire de notre continent qu’on observe une telle prise de conscience collective qui se traduit par une réelle solidarité sur le terrain. Vaincre l’ennemi commun exige une réponse commune, globale. Parmi les mesures décidées lors de ce sommet, sur le plan sécuritaire il s’agit bien d’empêcher la menace de s’étendre.

Après les coups portés ces derniers mois aux différents groupes djihadistes qu’ils soient du JNIM ou de l’EIGS, il faut désormais achever le travail. La région des trois frontières verra très prochainement l’arrivée d’un bataillon constitué de 1200 soldats tchadiens expérimentés. Il aura pour mission de sécuriser ce territoire et de traquer les djihadistes qui s’y trouvent encore. Au Mali, dans le Macina, l’armée mauritanienne devrait très prochainement venir renforcer les FAMa afin d’éradiquer la katiba d’Amadou Kouffa et permettre aux populations de vivre enfin libre.

Cette démonstration d’unité entre les pays du G5 Sahel rassure également toutes les nations qui nous ont soutenus jusqu’à présent, elle attire même de nouveaux pays à s’engager dans cette lutte. Grâce aux engagements pris par les cinq chefs d’Etat sahéliens, le président français Macron a décidé qu’il ne réduirait pas l’engagement de son armée malgré la pression de l’opinion publique en France.

C’est une preuve de plus de la confiance accordée dans ce G5 Sahel. Il a également réaffirmé que l’objectif était bien de faire « converger les moyens vers la haute hiérarchie » des groupes djihadistes promettant « une action renforcée » pour « essayer d’aller décapiter ces organisations ». De potentielles discussions entre nos gouvernants et les groupes terroristes ne peuvent être acceptées sous peine d’affaiblir un pays comme le Mali encore bien trop fragile.

Cet effort commun pour la lutte anti-terroriste qui s’accompagnera évidement de mesures destinées à réimplanter les administrations dans les zones aujourd’hui délaissées, est bien l’essentiel à retenir de ce sommet. Les succès militaires vont donc se poursuivre et les leaders terroristes voient déjà leur projet mortifère s’éloigner inexorablement. Un sursaut salutaire pour toutes ces populations qui n’aspirent qu’à se débarrasser du joug djihadiste.

Ibrahim Keïta
Page FB : Association des Victimes du Terrorisme au Mali - @HalteTerrorismeauMali
Twitter : @IKeitala

Vos commentaires

  • Le 18 février à 20:51, par @@GOG En réponse à : Sommet de N’Djamena : Fin de partie pour les terroristes, exulte Ibrahim Keïta

    Mon problème c’est l’hypocrisie de nos chefs d’État qui ne posent jamais la question de comment mettre hors d’Etat de nuire de Ihag AG Gali et d’autres leaders djihadistes qui se réfugient en Algérie .Ce Monsieur qui nous tue circule librement en Algérie ,y vie avec sa famille sans inquiétude.Or tant que ce Monsieur sera protégé, tant que sa tête n’est pas décapitée,le terrorisme survivra à tous les plans du G5 Sahel . Pourquoi est -il sous la protection Algérienne, ? N’est-ce pas que ce pays est un complice des djihadistes ?Pourquoi cette animosité de ce pays ?Ne me censurez pas SVP.

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    • Le 19 février à 18:32, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Sommet de N’Djamena : Fin de partie pour les terroristes, exulte Ibrahim Keïta

      Mon cher @GOG, hier nous poursuit aujourd’hui...

      En effet, suite à la chute de Mouammar Khadafi en Libye, nos chers président du G5 se sont mis en tête d’aller "mettre de l’ordre" en Libye et d’y organiser le retour à une vie "normale", dans le même esprit que l’ECOMOG de la CEDEAO faisait la police en Sierra Leone ou au Libéria.

      Il faut dire à leur décharge que le terrorisme n’était pas encore endémique dans ces pays et qu’ils pouvaient rêver à des ambitions de "puissance régionale" interventionniste. La crainte de ce genre "d’aventure" militaire doit d’ailleurs jouer dans les hésitations à financer notre force conjointe.

      L"Algérie s’est opposée fermement à ce projet et depuis lors, ses relations avec les pays du G5 sont froides pour ne pas dire pire.

      Au stade actuel, la méfiance est telle que certains observateurs des pays du G5 soupçonnent ce pays d’avoir au moins "fermé les yeux" pour laisser passer les djihadistes depuis la Libye jusqu’au Mali. Par ailleurs, l’un au moins des groupes armés sévissant au sahel est accusé d’avoir été créé par les services secrets Algériens. Plusieurs chefs djihadistes sont de nationalité Algérienne et font des allers-retours à travers nos frontières poreuses. De qui nourrir tous les soupçons.

      De son coté, l’Algérie a refusé de s’impliquer d’une quelconque façon dans la création et l’opérationnalisation de la force conjointe G5 Sahel, annoncée il est vrai quelques mois à peine après "l’ambition libyenne".

      Au vu de la situation actuelle, en raison de la longue frontière que ces pays partagent et des enjeux, il me semble que c’est aux pays du G5 de faire les efforts diplomatiques pour se rapprocher de l’Algérie et en finir avec cette situation déplorable. C’est d’autant plus ridicule que ce pays qui lui même combat le terrorisme, peut nous être d’un grand secours politique, militaire et même financier.

      Pourtant, cette question ne figurait même pas à l’agenda officiel du dernier sommet, ni du précédent d’ailleurs...
      Nous ne sommes donc pas sortis de l’auberge.

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  • Le 19 février à 17:52, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Sommet de N’Djamena : Fin de partie pour les terroristes, exulte Ibrahim Keïta

    Hum... Voilà un article qui fait preuve d’un "optimisme béat et abusif" pour parler français.

    Le nombre de blessés et tués ne faiblit pas ;
    Les attaques ont lieu dans plus de provinces et localités qu’avant dans les pays concernés ;
    Le nombre de déplacé interne vient de dépasser le million au Burkina ;
    Récemment, les djihadistes ont mené une attaque frontale à l’aide d’un char d’assaut (!)

    Pour ma part, l’optimisme doit donc être mesuré et les déclaration des chefs d’état n’auront de valeur que si elles sont suivies d’actions fortes. Pour cela, quelques goulots d’étranglement doivent être levés, qui malheureusement n’ont pas été officiellement abordés lors de ce sommet :

    1°) Nos assaillant trouvent refuge, collaboration et ressources d’une part à Kidal, et d’autre part dans les montagnes de Kabilie, en Algérie.

    La "sympathie" de nos amis Français pour les mouvements touaregs, MLNA et autres devrait s’accompagner d’une plus grande fermeté pour leurs "fréquentations" douteuses. Mais il est vrai que l’exemple de la Syrie nous a montré les difficultés qu’ils ont à vouloir distinguer "gentils islamistes" et "méchants djihadistes".
    De plus, obtenir le collaboration et l’action ferme de l’Algérie, notamment au niveau de ses frontières, est une condition essentielle pour espérer en finir avec cette hydre. Ce défi est politique donc à la portée des chefs d’états qui l’ignorent pourtant royalement. Il faut négocier avec l’Algérie !

    2°) Les divers trafics et pillages ne sont pas (encore) le mode de financement principal des terroristes. Les pays occidentaux payent des sommes faramineuses pour obtenir la libération de leurs otages. Le chiffre de 100millions d’euros, dont 55millions pour la seule France est avancé pour la période 2008-2013. Cela donne aux terroristes l’équivalent de 5 fois le budget du Burkina par an, donc de quoi s’équiper et recruter massivement.
    Paradoxalement, la France dépense 600millions par an (et plus) dans Barkhane pour en finir avec des djihadistes qu’ils financent aussi par ailleurs ! Kafkaïen...
    Pendant ce temps, nous n’arrivons pas à boucler le financement de la force G5 Sahel, et nos états délaissent les priorités de développement pour financer l’effort de guerre.

    Peut être que la libération de la dernière otage Française va enfin donner une fenêtre favorable.
    En outre, le changement de présidence aux USA et donc la perspective d’un financement Onusien pour la force G5 Sahel, longtemps bloqué par Donald Trump, permet d’espérer... modérément. Car avec la Covid-19, les priorités sont ailleurs.

    Nous avons les hommes et la volonté, mais il faudrait que nos amis arrêtent de financer nos ennemis qui sont aussi les leurs et nous financent, nous !

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