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Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET • samedi 10 août 2019 à 00h25min
Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

Les plaidoiries de la semaine se sont achevées, ce vendredi, 9 août 2019, avec Me Dieudonné Bonkoungou et Me Mireille Barry, avocats du capitaine Dao. Ceux-ci ont ‘’désarticulé’’ les charges contre leur ‘’protégé’’, victime, selon eux, d’un acharnement.

Le capitaine Abdoulaye Dao est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat ; meurtres, coups et blessures volontaires ; incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire.
Dès l’entame, Me Dieudonné Bonkoungou a, comme nombre d’avocats de la défense, dénoncé la procédure appliquée dans ce dossier. Il s’est ensuite insurgé contre les réquisitoires du Parquet militaire qui requiert contre le capitaine, une condamnation de cinq ans de prison ferme et un million de francs d’amende.

« Le Parquet affirme que le capitaine Dao était à la tête du commando qui a fait irruption dans la salle du Conseil des ministres et a procédé à l’arrestation des autorités (début d’après-midi du 16 septembre 2015, ndlr). Pourtant, tous les témoignages et les faits confirment qu’il était à Banfora (localité située à plus de 400 kilomètres de la capitale, ndlr) et n’a regagné Ouagadougou que tard dans la nuit du 16 septembre », a opposé Me Dieudonné Bonkoungou.

Il ajoute que le capitaine a pris le train en marche et les actes qu’il a posés visaient à une sortie de crise. Il révèle aussi que, lorsque le capitaine est rentré de son voyage, il a demandé si la hiérarchie de l’Armée était d’accord. On lui a répondu par l’affirmative, poursuit-il. C’est à partir de ce moment qu’il s’est impliqué, en désignant par la suite, le lieutenant-colonel Mamadou Bamba pour lire la déclaration à la télé.

Me Mireille Barry précisera, plus loin, sur ce point, que le lieutenant-colonel Mamadou Bamba est la énième personne qui avait été désignée pour lire la déclaration. D’où son interrogation de savoir pourquoi tous ceux qui ont proposé les autres (avant Bamba) ne sont pas sur le banc des accusés.

Cliquez ici pour lire aussi Procès du putsch manqué : « On a tenté de nous décapiter… », capitaine Abdoulaye Dao

Me Bonkoungou dit également ne pas comprendre pourquoi son client est accusé d’avoir donné des instructions d’interrompre les signaux des radios, alors qu’un relevé téléphonique ne confirme pas cela. « Le Procureur soutient aussi que le capitaine Dao a donné téléphoniquement des instructions depuis Bobo (85 kilomètres séparent Banfora de Bobo, ndlr) de couper les radios et de désactiver l’Internet. Pourtant, on ne trouve aucune trace de cet appel dans les relevés téléphoniques », titille ensuite l’avocat, retenant qu’il manque une logique, une motivation entre les faits et les réquisitoires du Parquet.

Pour l’avocat, « cette attitude du Parquet porte en elle, les germes de l’arbitraire » ; ce d’autant que « le capitaine Dao ne s’est concerté avec personne, il n’a planifié quelque chose avec personne ». Pour Me Dieudonné Bonkoungou, on force donc pour faire du capitaine, un complice d’infraction d’attentat à la sûreté de l’Etat.

Sur la charge relative aux meurtres, coups et blessures volontaires, l’avocat s’est appuyé sur l’article 67 du code pénal (ancien), en relevant par exemple que jusque-là, le Parquet n’a pu dire qui a été blessé ou tué par capitaine Dao. Sur ce volet, il revient sur la pièce 146 qui contient les déclarations de présumées victimes. Après lecture de plusieurs déclarations, il fait observer qu’aucune ne fait une preuve de cette charge contre capitaine Dao.

Il relève entre autres que par certaines déclarations, des présumées victimes affirment avoir été prises dans un dispositif du RSP le 16 septembre 2015 à 11h (alors que la crise a démarré dans l’après-midi, ndlr) et le 29 septembre 2019 (le RSP a été dissous le 25 septembre et le processus de désarmement était engagé, ndlr). « Des gens qui circulaient librement, qui ont eu un accident de circulation qui a été l’objet d’une constatation de la police, ont déclaré être victimes du RSP. Ils ont été dédommagés par l’Etat et décorés », dévoile Me Bonkoungou, citant un exemple qui a eu lieu au niveau de la station de la zone du bois, à côté de l’école nationale de santé animale.

Me Mireille Barry qui a focalisé ses moyens de défense sur l’incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire a aussi soutenu, dès l’entrée, qu’il y a un acharnement contre capitaine Dao ; acharnement du Parquet, acharnement de la partie civile. Elle explique que le capitaine n’a organisé aucune patrouille des éléments RSP.

Par contre, précise-t-elle, il a organisé et mis en place un dispositif d’accueil des Chefs d’Etat et missions de la CEDEAO. Me Barry relève également qu’il ressort des notes du Parquet que c’est le capitaine Dao qui a libéré le président Michel Kafando, à l’insu de son supérieur. Alors, s’interroge-t-elle, pourquoi le capitaine n’a-t-il pas été décoré pour ce fait positif, plutôt transformé en acte négatif contre lui ?

L’avocate recommande donc que la justice ne se fasse pas à la tête du client. Après avoir scruté les réquisitoires du Parquet, Me Barry note que cette charge n’est non plus constituée et doit, de ce fait, être abandonnée. Car, pour elle, des perceptions ne peuvent pas être des preuves. Aussi note-t-elle qu’il n’y a que des charges contre son client, alors que celles-ci ne sont pas des preuves. Me Barry déplore que le capitaine Dao n’ait jamais bénéficié d’une présomption d’innocence, mais plutôt fut chargé de présomption de culpabilité.

« Depuis Bobo, il était déjà déclaré coupable », dénonce Me Mireille Barry, qui ajoute en outre qu’on attribue à M. Dao, des faits de réunions (à Ouagadougou) auxquelles il n’a pourtant pas participé.
La plaidoirie se poursuit mardi, 13 août 2019 à partir de 9h.

Lire aussi Auditions du putsch de 2015 : « On n’a même plus besoin d’un procès », Me Bertin Kiénou

OLO/JTB
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 10 août à 09:34, par Jeune Premier En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

    « ce capitaine devait etre condamne autant que son mentor (Diendere ) a vie »

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    • Le 10 août à 16:08, par Nabiiga En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

      @ Jeune Premier. Je suis totalement d’accord avec toi. 5 ans ferme avec un peitre million franc ? C’est incomprehensible. C’est lui qui a désigné le Colonel Bamba. Ah bon, comment fonctionnait-il le RSP ? Les sous-officiers commandaient les officiers ? Je comprends pourquoi le RSP n’était vraiment pas un corps militaire mais un groupe de gens qui n’oeuvrait que pour des primes. Il doit être condamné que son Diendéré : à vie. Oui

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    • Le 10 août à 18:41, par Timbila En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

      Je d’avis avec vous. Si on prend un train en marche c’est que l’on n’ignore pas la destination. En ce moment il faut tout simplement assumer en homme qui possède des couilles sinon c’est de la lâcheté pure et ce projet nous a montré que ces individus qui faisaient la pluie et le beau temps ne portent que des jupes parce que finalement on veut nous dire que personne n’a diriger ce coup, personne n’a fait usage d’armes à feu et les les gens sont morts naturellement.
      Pathétique.

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  • Le 10 août à 10:16, par caca En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

    Caca se lance dans cette contre attaque des avocats de la défense dans le procès du putsch manqué. Une analyse objective montre bien que le parquet militaire a fait des erreurs. A lire la plaidoirie des avocats de défense, on voit bien l’incapacité de justice burkinabè à faire la lumière sur des sujets sensibles de la nation. En voulant protéger certains membres de la hiérarchie militaire, les enquêtes cachent une vérité concernant les vrais coupables du putsch.
    Ceux qui n’aiment pas les avocats de la défense diront que ceux-ci sont de vrais manipulateurs et tronquent la vérité. Hors, les avocats de la défense doivent défendre les accusés sans la moindre erreur que la loi autorise. Surtout en pénal, s’il y a la possibilité de réduire la sanction, seul les avocats de la défense peuvent faire espérer l’espérance de vivre l’accusé.
    Ceux qui ont été les témoins du putsch et qui ont risqués leurs vies peuvent ne rien comprendre une procédure judiciaire, et c’est normal. Même le juge ne comprend rien parfois ce qui se passe dans une défense pour renverser l’accusation.
    Ici, ce n’est pas les preuves de la culpabilité des accusés qui manque, mais la manière dont le parquet militaire à négliger la procédure judiciaire. Les enquêtes ne sont pas aller jusqu’au bout crient déjà les avocats de la défense. Ils disent également que les droits élémentaires pour une justice équitable des accusés ont été négligés. Ils ont aussi soutenus l’argument que les accusés n’ont pas bénéficié la présomption d’innocence, et ils ont fait la démonstration avec force et passion pour contrer les preuves de la partie civile.
    Le parquet militaire a raté sa vocation déjà et se trouve dans une difficulté qui ne pas la moindre. Toute la procédure se trouve avant même la fin du procès ce que le milieu appelle un imbroglio judiciaire.
    Déjà dans ce imbroglio judiciaire, je me demande la conclusion du tribunal qui est aussi dans l’obligation se rendre une justice équitable en respectant le droit des accusés selon nos lois. C’est pour dire que ce tribunal qui politique ne pourra pas rendre justice équitable a apaiser le cœur des proches de victimes et ce procès va également perdurer avec les appels de la défense. N’est ce pas là où la codel proposait la justice transitionnelle comme un soins palliatif que les ignorants du code civil ont refusés ?

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  • Le 10 août à 12:38, par Pascal En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

    Il faut des sanctions exemplaires. Courage à la justice.
    Le peuple vous regarde

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  • Le 10 août à 19:29, par sidbala En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

    Mon capitaine seul le temps résoudre les problèmes, tous les manipulateurs tels les ZIDA et autres qui ont tramé pour déstabiliser le système sécuritaire que vous les vrais hommes du RSP ont travaillé a mettre en place, payeront de toutes les façons.

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  • Le 10 août à 19:59, par Sarko En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

    Pauvres avocats ,c’est pas de votre faute . Vous voulez mériter vos honoraires et pour cela on vous comprend. Votre Dao est blanc comme neige .

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  • Le 12 août à 12:08, par caca En réponse à : Procès du putsch du CND : Le capitaine Dao victime d’un acharnement, selon Me Barry

    Je m’étonne que certains internautes ignorants de la qualité judiciaire déversent leur dévolus haineux aux avocats de la défense en bafouant la présomption d’innocence des accusés. Dans une procédure judiciaire pour une justice indépendante et fondée sur le droit élémentaire des droit humains, l’accusé bénéficie toujours un accompagnement digne de l’humanité à cette même justice qui l’accuse des infractions et le poursuit afin de comprendre son comportement et les gestes immoraux conduisant à ses actions.
    Personne connaissant l’histoire des coups d’État de notre peut en se réjouir de la manière dont les autorités croient à cette évolution démocratique de la cause des droits humains. C’est la première fois que les responsables militaires d’un putsch manqué trainent toujours dans nos prisons en préventive et attendent leur jugement selon la loi pénale. Malgré un tel progrès significatif, on peut également être étonné sur un certain fait que les avocats de la défense reprochent au parquet militaire qui poursuit les putschistes.
    Si les avocats de la partie civile et du parquet militaire ont un devoir en plaidant des sanctions exemplaires aux putschistes, cependant, les avocats de la défense ont le même devoir en contrevérité d’affaiblir la force des arguments du parquet dans ses accusés et celui de la partie civile.
    Dans ce cas espèce, nous voyons bien une défense de qualité voulue également par la loi plaidée au cours de ce procès. Notamment dans le dossier de certains accusés, les avocats de la défense, qu’ils viennent de l’étranger ou du pays ont bien défendu leur client dans la mesure que la loi burkinabè leur accordait la liberté dans l’expression. Dans ce contexte, nous pouvons que dire nos félicitations au tribunal cette confiance renouvelée. Nous analysons que dans ce contexte, la défense a soulevé un certains points qui risque d’attacher la procédure d’une justice équitable. Selon la défense, les droits élémentaires des accusés ont été négligés par le parquet militaire, et l’enquête qui devait apporter toute la lumière sur un certains nombres de meurtres ne connaîtront jamais la vérité. L’État a déjà consacré un budget important pour ce procès, et espère dans ce cas espèce réconcilié les burkinabè. Ce procès qui se trouve dans phase finale mérite des observation objectives de part des gens crédibles et non des passions de haine.Ayons le courage d’apporter des critiques réfléchie que de semer des troubles dans la conscience de certains burkinabè fragilisés depuis les événement d’octobre 2014. Je ne vois aucun mal dans la défense qui demande au tribunal l’acquittement du général Diendéré et ses coaccusés en se basant un certains nombre de manquement du parquet militaire qui peut profiter l’intéressé.
    Chers internautes, restons dans le sujet du putsch et apportons nos analyses sans les injures. Ceux-ci pourraient montrer notre volonté de vivre ensemble et serait également un signe de maturité.

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