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Procès du putsch du CND : Des témoins déchargent le sergent Nobila Sawadogo et le sergent-chef Médard Boué

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Marcus Kouaman • lundi 18 mars 2019 à 00h55min
Procès du putsch du CND : Des témoins déchargent le sergent Nobila Sawadogo et le sergent-chef Médard Boué

Six témoins étaient à la barre du tribunal militaire ce vendredi 15 mars 2019. Ces témoins à décharge pour les accusés Nobila Sawadogo (sergent) et Médar Boué (sergent-chef), ont relaté ce qu’ils ont vécu durant les évènements du coup d’Etat manqué de septembre 2015.

Des témoins à décharge pour deux accusés étaient à la barre ce vendredi 15 mars 2019. Les trois premiers que sont Salam Sawadogo (commerçant), Rufine Sawadogo/Ouédraogo (commerçante) et le sergent Jean Yonli (ex-RSP) ont témoigné en faveur du sergent Nobila Sawadogo. On reproche à ce dernier d’avoir participé à la prise d’otage des autorités et d’être allé chercher le général Gilbert Diendéré chez lui le mercredi 16 septembre 2015.

Lors de son passage à la barre, celui qui montait la garde à la villa Alaska (palais présidentiel) a précisé qu’il n’était même pas au palais de Kosyam au moment des évènements ; il était au marché en train de payer des fournitures scolaires pour envoyer au village pour la rentrée scolaire.

D’après son récit, ce n’est que le 17 septembre 2015 qu’il a rejoint la sécurité rapprochée du général Diendéré sur instruction de ses chefs. C’est en somme ce que Rufine Sawadogo/Ouédraogo, celle-là même qui lui aurait vendu les fournitures, est venue confirmer à la barre. Un témoignage que le parquet militaire a demandé de prendre avec des pincettes, car la vendeuse de fournitures est une supportrice de celui qui est accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat.

Le sergent Jean Yonli montait la garde avec l’accusé au garage de la villa Alaska. C’est dans cette villa que le président de la Transition a été retenu. Selon son récit, le 16 septembre 2015, son collègue Sawadogo l’a joint au téléphone pour savoir ce qui se passait au camp.

C’est ainsi qu’il lui a fait savoir que l’adjudant-chef major Eloi Badiel a demandé à tout le monde de rejoindre le camp. Comment le soldat a su que le major Badiel demandait à tous les éléments de rejoindre le camp ? Le sergent Yonli répond qu’il a entendu son supérieur s’adresser à des gens et par mesure de prudence, il a répercuté cela au sergent Nobila Sawadogo. Il était environ 15h30. Ce n’est que vers 17h que ce dernier est venu au poste de garde se changer et ressortir.

Trois témoins à décharge pour le sergent-chef Médard Boué sont également passés à la barre. Il s’agit respectivement de l’adjudant-chef major Yahaya Guiré (gendarme et chef de service de la femme de l’accusé), du capitane Moïse Kaboré (aide de camp du président sénégalais lors de sa visite) et d’Arsène Bouyo (étudiant et petit-frère de l’accusé).

Pour le chef de service de l’épouse de l’accusé, le 17 septembre 2015, il était au bureau, à la 3e région de gendarmerie (camp Paspanga), lorsque son subalterne lui tend son portable pour communiquer avec son mari, afin de le dissuader de se mêler des évènements en cours au Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Ce que le major Guiré a fait.

Après cette date, il n’a plus eu de nouvelles de l’accusé jusqu’au 22 septembre 2015. A cette date, le sergent-chef Boué est passé au camp Paspanga avant de se rendre au camp Guillaume-Ouédraogo pour se faire enrôler. Lors de son passage à la barre, l’accusé a fait comprendre qu’il était suivi et que ses frères d’armes ont même visité son domicile. Tout simplement parce qu’il s’est démarqué des évènements. Surveillé, il a pu s’échapper du camp Naaba-Koom II pour se réfugier en lieu sûr avant de rejoindre le camp Guillaume-Ouédraogo.

L’audience prendra un autre tournant ce lundi 18 mars 2019. Avant de suspendre, le président du tribunal Seidou Ouédraogo a annoncé que l’expert en informatique, Younoussa Sanfo, passé à la barre pour dire ce qu’il en est de son expertise. Laquelle expertise est décriée par les accusés et leurs avocats.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

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