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Procès du putsch du CND : L’ancien président, Jean-Baptiste Ouédraogo, révèle l’existence d’un document complémentaire à la charte de la Transition

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Publié le lundi 11 mars 2019 à 11h15min

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Procès du putsch du CND : L’ancien président, Jean-Baptiste Ouédraogo, révèle l’existence d’un document complémentaire à la charte de la Transition

L’ancien président du Burkina Faso, Jean Baptiste Ouédraogo, s’est présenté à la barre du tribunal militaire de Ouagadougou ce lundi 11 mars 2019 pour livrer son témoignage sur les événements du putsch de septembre 2015.

Se considérant comme un témoin privilégié du coup d’Etat de septembre 2015, et en raison de « l’importance historique du procès », Jean-Baptiste Ouédraogo, 77 ans, a tenu à livrer une déclaration liminaire avant de répondre aux questions du tribunal.

Dans cette déclaration, l’ancien président a prêché la réconciliation et invité les Burkinabè à exorciser les vieux démons et « à pardonner non du bout des lèvres mais du fond du cœur ». « Nous avons le devoir de nous réconcilier et nous le pouvons avec l’aide de Dieu. Il n’y a pas d’autre issue », a déclaré le témoin.

Il a rappelé au tribunal l’importance pour lui que ce procès ne soit pas celui de l’Armée, un procès qui la dépouillerait en la dénudant publiquement. « Laissons encore cachées toutes les révélations qui participent à la déstructuration de l’Armée... Évitons de démoraliser nos valeureux soldats, seuls gages de notre sécurité. Laissons le passé au passé et tournons-nous vers l’avenir en ne pensant pas à nous mêmes, mais en pensant à nos enfants, à nos petits enfants », a déclaré Jean Baptiste Ouédraogo avant de demander une nouvelle fois au peuple burkinabè de proscrire « l’apologie de la violence et la rhétorique de la division ».

Même s’il a exhorté le tribunal à ne rien laisser dans l’ombre, le témoin a demandé sa clémence notamment pour ceux qui ont été contraints d’exécuter des ordres militaires. « Mais, clarifie-t-il, clémence ne signifie pas exclusion ou déni de justice à l’égard des victimes et leurs ayant droit ».

JBO révèle l’existence d’un document complémentaire à la charte de la Transition

Selon l’ancien président, Jean Baptiste Ouédraogo, les événements des 16 septembre et jours suivants ont bien une histoire qui peut aider à la manifestation de la vérité. Il est revenu sur les trois crises qui ont précédé le coup d’Etat.

A la première crise, celle du 30 décembre 2014, son concours a été sollicité notamment pour la gestion des cadres de et des primes de l’ex-RSP. Il dit avoir échangé d’une part avec le Général Gilbert Diendéré, le Colonel-major Boureima Kiéré et le lieutenant-colonel Céleste Coulibaly mutés à d’autres fonctions, et d’autre part l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida et son ministre de la sécurité de l’époque, le Colonel Auguste-Denise Barry.

Le 4 février 2015, survient la deuxième crise qui contraint Yacouba Isaac Zida à se réfugier chez le Mogho Naaba. Une fois de plus, l’ancien président est sollicité par le Général Gilbert Diendéré pour la résolution de la crise. A l’issue d’une rencontre, il a été décidé que le Président Michel Kafando convoque la hiérarchie militaire, que le Général Diendéré aille calmer les éléments du RSP. Quand à lui, il devait se rendre chez le Mogho Naaba pour rassurer le Premier ministre et le convaincre de regagner sa résidence sécurisée par les soins du Général Diendéré. Yacouba Isaac Zida quitta finalement les lieux mais pour se rendre à la place de la Nation où il rencontra des organisations de la société civile.

Le 28 juin 2015 survient une autre crise : celle du vrai-faux complot de projet d’arrestation de Zida par les éléments du RSP à son retour de Taiwan. C’est suite à cela que le cadre de concertation des sages a été régularisé et a rencontré le 13 juillet, le Général Diendéré et le Premier ministre Zida pour enterrer la hache de guerre. Chacun était accompagné de sa délégation. Quelques jour après cette rencontre, le Président Kafando a procédé à un léger remaniement ministériel alors que le RSP (tout comme la hiérarchie militaire) voulait le départ de tous les militaires du gouvernement.

A la barre, le témoin a fait des révélations sur l’existence d’un accord complémentaire à la charte de la Transition, classé confidentiel, et qui lui a été lu par le Colonel Auguste Denise Barry. Ce document n’a pas été annexé à la charte, qui n’avait pourtant pas prévu la présence de militaires dans le gouvernement. Dans ce document complémentaire, il est mentionné que le gouvernement doit être dirigé par un Premier ministre, nommé par le Président du Faso sur proposition des Forces de défense et de sécurité ». L’ancien président dit avoir interrogé des acteurs qui ne reconnaissent pas avoir travaillé à l’élaboration d’un tel accord. « J’ai partagé ce document avec un autre membre du Cadre de concertation des sages et deux autres personnalités de la transition. Et nous avons décidé de taire cela pour ne pas mettre de l’huile sur le feu de la Transition ».

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