LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : “Le lion et la panthère sont inoffensifs ; en revanche, les poules et les canards sont des animaux très dangereux, disait un ver de terre à ses enfants” Bertrand Russel

Vie associative des femmes de Gorom-Gorom : l’union Modjèrè contre vent et désert

Publié le mercredi 29 octobre 2003 à 06h55min

PARTAGER :                          

L’union des groupements des femmes de Gorom-Gorom dénommée Modjèrè est composée de sept (07) groupements. Au total Modjèrè comprend cent soixante-neuf adhérentes. Mais quelles sont les activités et les difficultés de ce groupement ? Que vise-t-il et qu’est-ce qui justifie la fusion de ces associations. Que pense alors la coordinatrice des groupements et associations de femmes ?

L’élevage, notamment l’embouche, la vente des tourteaux, avec en projet, une mini-laiterie, telles sont les activités de l’union des groupements de Gorom-Gorom. Ce sont particulièrement les groupements Souri, Nongtaaba, Indam, Djodoma, Barkè, Poygole et Potal. Toutefois, la présidente de l’union, Mme Adama Maïga a précisé que l’union ne dispose pas encore de siège. Et pire encore, les cotisations des membres ne suffisent pas pour couvrir tous les besoins. "Nous avons besoin de faire des voyages d’étude pour nous professionnaliser.

Et malgré l’appui du Fonds d’appui aux activités renumératrices des femmes (FAARF), nous faisons appel à toutes les bonnes volontés pour nous soutenir". Mme Maïga a également révélé que les femmes de l’union ont reçu des formations pour la fabrication du savon et pour la teinture. Mais il reste à faire de cela une réalité. Aussi, l’union est-elle à la recherche de soutien pour la construction d’un centre sur un terrain déjà acquis.

Aux côtés de l’union de groupements, une petite association islamique féminine vient de voir le jour. Elle a été reconnue le 17 février 2003. Son objectif est de former les filles et les femmes sur les règles islamiques, les différentes prières, comportement à adopter vis-à-vis de son époux. Bref, il s’agit de les amener à vivre en bonne musulmanes.

Outre l’aspect islamique, cette association dirigée par Mme Traoré née Djougal Abdoulaye sensibilise les populations sur le VIH, l’excision, le mariage forcé ou précoce. L’association s’occupe également des petites orphelines dont elle prend la charge.

Origine de l’association islamique

"Nous étions dans une communauté d’hommes au départ. parce que ce sont eux qui ont créé et géré l’association depuis onze (11) ans. Mais cette année nous, les femmes, avons décidé de nous séparer d’eux, pour mieux nous occuper des femmes". Toutefois, la présidente reconnaît que les femmes n’ont pas confiance en elles-mêmes. Depuis la séparation d’avec les hommes, beaucoup de femmes ont perdu espoir et même pour les réunir, c’est un calvaire.

Beaucoup d’entre elles n’arrivent pas à payer la cotisation mensuelle qui est de cent (100) FCFA par personne contre les frais d’adhésion de mille (1000) FCFA. C’est la raison pour laquelle, la caisse ne fonctionne pas. Pourtant, leur ambition est de construire un centre "Madrassa" au profit de toutes les femmes. "Mon vœu le plus cher est que notre association soit connue et soutenue par toutes les bonnes volontés, a insisté la présidente.

Le point de vue de la coordonnatrice

Pour la coordonnatrice des groupements et associations de femmes de Gorom-Gorom, Mme Fatoumata Maïga, le milieu féminin est assez compliqué, les femmes étant toujours difficiles. Avant, chaque groupement faisait son travail sans tenir compte de l’autre. C’était vraiment difficile de réagir. Et même maintenant qu’il y a une coordination, il y a parfois des problèmes. Parce que la coordination compte dix (10) membres tandis qu’il y a plus de cinquante (50) groupements et associations. Ceux qui n’ont pas de membres dans la coordination sont souvent réticents à notre appel. Mais c’est une réticence voilée, par exemple elles ne viennent pas aux réunions sous-prétexte qu’elles n’ont pas été informées. Mais au moins 80% des groupements participent à nos activités.

Des blocages à la bonne marche de la coordination

"Nous ne pouvons pas nous déplacer, faute de moyens. De plus, c’est par le biais de l’administration que nous pouvons envoyer des messages aux groupements (téléphone-courriers)". En outre, le manque de parcelle est un obstacle à la bonne marche de nos activités. Car au niveau des points d’eau, ce sont les hommes qui possèdent la terre. A moins de collaborer avec eux, c’est difficile que les femmes aient des parcelles personnelles, alors que nous voulons être autonomes, parce que notre objectif est d’unir les femmes pour leur développement. Les cultures maraîchères font partie de nos activités principales, en plus de l’embouche et du petit commerce.

Le geste de la ministre Gisèle Guigma

Après les tournées dans les quarante-cinq provinces, la ministre de la Promotion de la femmes a entrepris un plaidoyer pour un mieux-être des femmes. Toutefois celles-ci ne reçoivent les dons qu’en fonction de leurs besoins. Aussi, Mme Guigma avait-elle envoyé, il y a deux ans, un moulin à grain aux femmes de Gorom-Gorom. Pour les aider à mieux s’en servir pour le bien de toutes. Elle leur a dit, "le ministère de la Promotion de la femme est là pour toutes les femmes.

Mais, en vous offrant ce moulin, nous avons pensé à celles qui écrasent le mil avec leurs mains ou qui font de très longue distance pour aller écraser leurs céréales. Dans cette logique, elle a précisé que le ministère a reçu plus de mille (1000) demandes alors qu’elle n’a que quatre-vingt deux (82) moulins à offrir.

Ailleurs, ce sont des motopompes qui ont été attribuées aux femmes qui utilisaient péniblement des arrosoirs. Pour donner plus de visibilité à ses actions, Mme Guigma a précisé que : "Nous ne donnons pas le matériel là où il peut être source de conflit ou de rivalité. Non, ce n’est pas de la concurrence. Nous voulons simplement soulager la misère humaine. Il ne faut donc pas que chaque groupement ou association s’attende à avoir un moulin ou une motopompe". Sur ce, Mme Guigma a invité les femmes à s’entraider et à lutter pour vaincre la pauvreté, main dans la main.

Aimée Florentine KABORE
Sidwaya

PARTAGER :                              
 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique