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Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Tiga Cheick Sawadogo • mercredi 31 octobre 2018 à 00h27min
Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

Il n’y a pas que des Burkinabè qui sont jugés dans le dossier du coup d’Etat de septembre 2015. Le seul étranger impliqué est à la barre depuis ce 30 octobre 2018. Sidi Lamine Oumar, malien, membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad est accusé d’incitation à la commission d’attentat à la sureté de l’Etat. Il a nié les faits, arguant que c’est une affaire entre Burkinabè et qu’il ne s’y est mêlé d’aucune manière, même pas dans la promesse d’aider le Général avec des combattants positionnés dans un camp de réfugié à Djibo, comme tente de démontrer la partie accusatrice.

C’est après moult tractations que Sidi Lamine Oumar a commencé sa déposition. Avant, et ce depuis la soirée du 29 octobre, ses avocats avaient estimé que le tribunal militaire devrait se déclarer incompétent à juger leur client. Ils estiment que l’acte qui cite leur client à comparaître, lui attribue des faits de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, pourtant l’arrêt de renvoi le revoie devant le tribunal pour incitation à la commission d’attentat à la sûreté de l’Etat.

Après plusieurs suspensions et des débats interminables, le président Seydou Ouédraogo a tranché, Sidi Lamine Oumar sera jugé par son tribunal. Il est retenu contre lui, l’incitation à la commission d’attentat à la sureté de l’Etat. “Sa comparution ne saurait régulariser un acte nul (...) on se retrouve dans l’embarras, sur quoi nous allons défendre notre client”, se sont plaints les conseils qui ont cependant pris la décision de rester pour la défense des intérêts de leurs clients.

Sidi Lamine Omar est malien de nationalité, née en 1987. Il est arabe, issu d’une grande famille, a-t-il précisé. C’est dans le cadre des négociations inter-maliennes dont l’ancien chef de l’Etat Blaise Compaoré était médiateur qu’il est venu au Burkina Faso. D’ailleurs, la seule personne qu’il dit connaitre au Burkina, c’est le Général Gilbert Diendéré parce qu’il l’appelait pour lui faire le point des négociations.

Le 16 septembre 2015, il était donc à Ouagadougou, chez lui à Tampouy. Pas en compagnie du Colonel Abdou Karim Traoré, également impliqué dans le dossier du coup d’Etat, comme l’indique le procès verbal de son audition à la gendarmerie. En tout cas, il a appris les événements du côté de la Présidence du Faso à travers les médias comme tous les Burkinabè.

Des combattants, une invention des gendarmes ?

L’accusation de Sidi Lamine Oumar se fonde essentiellement sur un appel qu’il a passé au Général Gilbert Diendéré. Entre le 29 et le 30 septembre 2015, précise-t-il alors que le président du CND était déjà à la nonciature, en attendant de se rendre. “Sachez que je vais mourir derrière vous”, avait-il dit au locataire temporaire de l’enclave diplomatique. Il s’agissait selon lui de remonter le moral d’un ami qui était en détresse.

Pourtant, lors de son interrogatoire à la gendarmerie, Sidi Lamine Oumar aurait avoué avoir promis au Général Diendérée 5 à 6 combattants qui sont dans un camp de réfugié à Djibo tout en demandant à son interlocuteur de ne pas déposer les armes s’il est sur de la fidélité de ses hommes. Aux enquêteurs, il aurait aussi dit que c’était juste pour contenter le cerveau du coup d’Etat, lui faire plaisir et surtout pour lui soutirer de l’argent, parce qu’en réalité, il n’a aucun combattant à Djibo.

A la lecture de ce passage par le parquet, l’accusé a farouchement nié. “Cela m’a rendu malade quand j’ai lu ses propos qui me sont attribués. C’est gros. Je ne l’ai jamais, jamais dit. Je ne connais pas Djibo, je n’y suis jamais allé ”, s’est défendu bec et ongle Sidi Lamine Omar.

Il a certes reconnu sa voix dans l’enregistrement sonore lors des enquêtes, mais justement dans ledit enregistrement il n’y a pas un seul passage où il promet des combattants au Général Diendéré. “Je ne sais pas où est-ce que les gendarmes ont eu ça”, a poursuivi l’accusé.

Les appels téléphoniques ont aussi porté sur celui reçu de la part du Colonel Abdou Karim Traoré qui lui demandait de quitter le pays juste après le coup d’Etat manqué. Pourquoi n’avoir pas suivi son conseil ? , a demandé le président du tribunal à l’accusé qui répond que c’est juste parce qu’il n’avait rien à se reprocher.

Invoquant Dieu et sa croyance religieuse qui lui interdisent tout mensonge, Sidi Lamine Oumar dit être juste un bouc émissaire dans cette affaire qui implique des Burkinabè entre eux. Il estime qu’à travers lui, on veut juste enfoncer le Général Gilbert Diendéré. “Dieu va nous juger, Il sait que je ne suis pas un menteur. Même si cela doit me couter la vie, je ne vais pas mentir. Avec Dieu personne ne va échapper demain”, a insisté l’accusé. Et le parquet de lui répondre qu’en attendant Dieu, les hommes doivent s’expliquer entre eux, pour savoir qui a fait quoi dans cette affaire de coup d’Etat.

L’interrogatoire du malien a été suspendu à 13h, pour permettre aux soldats d’assister à l’enterrement de leur camarade mort dans un accident de la circulation. L’audition du seul accusé étranger reprendra le 2 novembre 2018.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 31 octobre 2018 à 09:03, par Pousga En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Quand vous hébergez une vipère ça se termine toujours comme çà. Comment se fait-il que tu ne connaisse que le Gal GD et ne pas connaître le médiateur adjoint Ministre des affaires étranges le Gal Djibi ? Ton affaire n’est pas claire ;

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  • Le 31 octobre 2018 à 10:42, par OUEDRAOGO Hamadou En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Tu connais DIEU, toi. ou croit tu avoir le monopole de la connaissance de DIEU. Ayant ensanglanté votre pays, causé la désolation partout, tu viens nous parler de DIEU. Pauvre menteur et effectivement après le tribunal Burkinabé, tu rencontrera la justice divine qui, certes ne te posera pas des questions mais te fera subir les châtiments cités dans le saint coran que tu lis en l’envers chaque jour. Infâme.

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  • Le 31 octobre 2018 à 12:54, par wilibali En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Mr Sidi Lamine OUMAR a dit aux enquêteurs que la conversation qu’il a eu avec le général DIENDERE était" pour le contenter, lui faire plaisir et surtout lui soutirer de l’argent car en réalité il n’a aucun combattant à Djibo". voilà une attitude indigne d’un religieux. Que Mr OUMAR ne cherche pas à distraire les gens, surtout pas en évoquant Dieu et sa croyance religieuse qui lui interdisent de mentir. qu’il assume ce qu’il a fait en acte et en parole.

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  • Le 31 octobre 2018 à 13:50, par Dedegueba Sanon En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Donc il y a arabes au Mali ? La différence entre touareg et arabe c’est quoi ?
    Si c’est un arabe de la même famille que les Saoud, qui viennent de charcuter un journaliste en Turquie, nous sommes mal barrés en mensonges et en sadisme. C’est vrai que Saoud rime avec sadisme ?

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  • Le 31 octobre 2018 à 19:46, par Ka En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Voilà encore un menteur qui prend nos juges militaires pour des imbéciles et incapables de comprendre qu’un arabe du Mali est l’âme du diable dont le rôle est de manipuler pour détruire.

    Monsieur l’arabe qui joue l’autruche pour sauver sa peau, dit moi que c’est seulement Gilbert Diendéré que tu connais au Burkina, et nous tes voisins a Tampouy ? Puisque tu dis chez toi à Tampouy ! Quitte dans ce jeu dangereux de faux croyant pour berner le monde. Soit réellement un vrai musulman, et dire la vérité qui fera progressé notre justice et sa crédibilité. Vos mensonges, vos flatteries, vos flagorneries devant les juges militaire, qui mènent à accepter sans sourciller ce qui est inacceptable et désastreux pour notre justice qui veut être équitable, il est temps que vous tous les menteurs devant les juges d’arrêter votre cinéma.

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  • Le 31 octobre 2018 à 23:45, par War En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Voila quelqu’un qui ment pour soutirer de l’argent mais qui jure devant dieu qu’il n’est pas un menteur et ne sait pas mentir.Monsieur le menteur changer de strategie.

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  • Le 1er novembre 2018 à 01:41, par Cheikh En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Humm ! On peut donc supposer que lui aussi il a ses partisans parmi les djihadistes qui s’acharnent contre le pays ! Puisqu’ils croient à tout prix pouvoir le libérer.

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  • Le 1er novembre 2018 à 03:39, par mobutu En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    En réalité le Burkina tient un terroriste et le Service de renseignement a intérêt à prendre au sérieux ce que dit ce serpent. Il parle de Djibo et effectivement Djibo est á sang. Il dit qu’il voulait extorquer de l’ argent à Djindieré, hors c’ est exactement ce que font les preneurs d’otages. Ce type doit meme être la tête de proue des attaques terroristes

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  • Le 5 novembre 2018 à 23:55, par jeunedame seret En réponse à : Procès du putsch : Sidi Lamine Oumar, un membre de l’Azawad à la barre

    Voilà encore un autre gamaatair qui titube ; il va tout avouer sous pression de retour à la barre seul. La seule difficulté de ce procès ce sont les avocats. Si on pouvait juger tout le monde sans avocat, il y aurait la vérité publiée facilement par ce virus arabe malien et autres interpellés.

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