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Procès du putsch manqué : « Je n’ai pas eu accès à l’argent », dixit Fatoumata Diawara

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Marcus Kouaman • vendredi 26 octobre 2018 à 23h28min
Procès du putsch manqué : « Je n’ai pas eu accès à l’argent », dixit Fatoumata Diawara

Poursuivie pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et de trahison, Fatoumata Diawara est la seconde femme à passer à la barre du Tribunal militaire. Elle a plaidé non-coupable et nié certaines parties des procès-verbaux qui lui ont été exposés, ce vendredi 26 octobre 2018.

Gérante de société de profession, Fatoumata Diawara, compagne du fils du général Gilbert Diendéré au moment des faits, ne voit pas en quoi elle est complice d’attentat à la sûreté de l’Etat et de trahison. D’autant plus qu’elle n’a pas été sur le terrain des opérations durant cette tentative de coup d’Etat. Le parquet militaire n’est pas de cet avis et fait lecture de la retranscription d’enregistrements téléphoniques et de SMS qui accablent l’accusée.

Au moins une centaine de pages contenant des conversations entre dame Diawara et des interlocuteurs comme le général Djibril Bassolé, le général Gilbert Diendéré, le colonel Zakaria Koné de la Côte d’Ivoire.
Selon le parquet militaire, lors d’un échange téléphonique le 29 septembre 2015, l’accusée aurait demandé au général Bassolé la somme de 20 millions de F CFA pour donner aux soldats, afin qu’ils se battent. « Je reconnais avoir demandé de l’argent au général Bassolé », lance la cliente de Me Roger Yamba et de Me Abdoul Latif Dabo.
Elle réfute avoir tenu les propos tels que rapportés par le parquet militaire. Elle conclut en disant : « Je n’ai pas eu accès à l’argent, je n’ai pas reçu, je n’ai pas donné ».

« Tout cela c’est du caracolage [sic], du copier-coller, et je souhaiterais avoir devant moi celui qui a fait cela », lance-t-elle. Il faut noter que bien avant la lecture des extraits de conversations, les avocats de l’accusée ont soulevé une exception que le président du tribunal a actée.

Pour Me Yamba et Me Dabo, il n’est pas question que ces enregistrements (qui n’ont pas été contradictoirement débattus en phase d’instruction et qui ont subitement apparu devant la Chambre de contrôle de l’instruction) soient opposables à leur cliente. Ils demandent que ces pièces soient écartées de la procédure, surtout que leur cliente n’en a pas eu connaissance.

Le parquet, tout comme la partie civile, trouve que ces questions ont déjà été débattues, donc ne peuvent pas revenir devant cette juridiction de jugement. D’autant plus que l’accusée a refusé d’écouter ces enregistrements devant la Chambre de contrôle de l’instruction (CCI). Fatoumata Diawara explique qu’effectivement elle a refusé d’écouter ces enregistrements, car elle était déçue de l’attitude du juge de la CCI.

Lorsqu’elle s’y est présentée, l’attitude de ce dernier, avec celle des avocats des parties civiles, laissait entrevoir qu’elle était condamnée d’avance. Ajouté aux rires moqueurs du juge, elle ne pouvait que se renfermer et vouloir rentrer rapidement chez elle. Des affirmations que le parquet militaire ne cautionne pas, puisque ayant aussi assisté à cette phase de la procédure.

C’est toujours avec les questions du parquet militaire sur les appels et les SMS de l’accusée qu’est intervenue la suspension à 12h30. A la reprise de l’audience, à 14h, Me Dieudonné Bonkoungou, l’un des avocats de la défense, prend la parole au nom de ses confrères de la défense et des parties civiles, pour demander la suspension de l’audience.
Me Awa Sawadogo a perdu son frère et l’enterrement était prévu pour l’après-midi. Donc il était de bon droit d’aller la soutenir dans cette épreuve. Après avoir requis l’avis du parquet, qui était favorable, le président a suspendu l’audience. Elle reprendra le lundi à 9h.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

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