Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «C’est bien d’être le meilleur, mais c’est meilleur d’être le plus original.» Youssoupha dans Mon Roi

« A la MACO, on m’a logé avec des folles », Minata Guelwaré, accusée dans le cadre du putsch de 2015

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • mardi 3 juillet 2018 à 11h27min
 « A la MACO, on m’a logé avec des folles », Minata Guelwaré, accusée dans le cadre du putsch de 2015

A l’audience du lundi 3 juillet, trois demandes de libertés provisoires ont été examinées par le président de la Chambre de première instance du tribunal militaire de Ouagadougou. Elles concernent les inculpés, Coulibaly Samuel, Guelwaré Minata et Baguian Abdoul Karim dit « Lato ».

Après l’interrogatoire du sergent Poda Ollo Stanislas, le président du tribunal Seidou Ouédraogo a appelé à la barre à tour de rôle, trois accusés. Tous n’ont qu’un seul souhait même si les raisons sont diverses : la liberté provisoire.

Pour Guelwaré, il s’agit plutôt d’une demande de transfèrement de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA). « A la MACO, on m’a logé avec des folles, des personnes qui ne jouissent pas totalement de leurs facultés mentales. Aussi, quand l’eau coule dans la cellule, on ne peut pas tenir », a-t-elle témoigné. Pour le parquet militaire, Dame Guelwaré était précédemment détenue à la MACA où elle était la seule femmes encore sur les lieux. « Et donné que la maison d’arrêt ne vise pas déshumaniser l’individu », se justifie le parquet, elle a été transférée à la MACO où elle loge avec d’autres femmes.

A défaut d’un transfèrement, l’accusée a souhaité bénéficier d’une liberté provisoire afin de pouvoir effectuer des examens médicaux. « Pour sa santé, je n’étais pas informé. On ne nie pas qu’elle puisse être malade. Mais, aucun document ne nous dit que sa situation de santé est incompatible avec sa situation d’incarcération », a estimé le procureur militaire, qui a rappelé que toutes les fois que l’accusée s’est soigné, elle a bénéficié d’une prise en charge d’au moins 40 000 F CFA. Et ce n’est pas tout, le parquet avouera que des inculpés à la MACA ont même bénéficié de prise en charge pouvant aller jusqu’à 5 millions de francs CFA.

Une partie des dossiers du putsch

Baguian Abdoul Karim dit Lota, lui, est à sa deuxième demande de liberté provisoire. C’est avec des béquilles qu’il s’est présenté à la barre pour justifier sa demande. A l’en croire, il aurait été victime d’une morsure de serpent dans les toilettes de sa cellule à la MACA, le 8 juin. Une morsure qui aurait presque paralysé son pied droit. Il a donc souhaité consulter un neurologue et se soigner par la pharmacopée traditionnelle car, selon ses dires, « le serpent n’a jamais été retrouvé ». De son côté, le Procureur affirme que les examens n’ont révélé aucune trace de venin dans le corps de l’inculpé.

Toutefois, il a rassuré qu’il s’entretiendrait avec le médecin-chef de la MACA pour voir dans quelle mesure amener Baguian Abdoul Karim chez un neurologue en clinique. Qu’à cela ne tienne, il a déclaré la requête de l’accusé infondée. Pour sa défense, ce dernier a déclaré qu’à sa première sortie de la MACA, sept charges pesaient sur lui. Mais cela ne l’a pas empêché d’effectuer des déplacements à l’extérieur du pays et de toujours répondre à l’appel de la justice. « Ma première sortie, c’était en juin. Aujourd’hui, il n’y a que deux charges qui sont retenues contre moi. Pourquoi devrais-je fuir ? », a-t-il interrogé le parquet ?

Enfin la troisième demande de liberté provisoire qui a été jugée inopportune par le parquet militaire du fait du démarrage de l’interrogatoire au fond, est celle du soldat de première classe Coulibaly Samuel. Il avait bénéficié d’une liberté provisoire le 22 août, avant son déploiement en mission au Mali. Mais il a dû rentrer au bercail pour se mettre à la disposition de la justice. « Je ne suis pas allé en mission de moi-même. Mes chefs ont sans doute eu confiance en moi. Si vous me libérez, je serai toujours présent au procès », a-t-il assuré.

La décision du président du tribunal sur ces trois demandes est attendue le mercredi 4 juillet. Quant à la demande de Nanéma Ousséni Faïçal, elle sera examinée ce mardi.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Putsch de septembre 2015 : Minata Guelwaré est décédée
Coup d’Etat de septembre 2015 : Dans l’attente des indemnisations...
AN 5 du putsch de 2015 : « Nos cœurs portent encore les souvenirs douloureux et indélébiles... »
Procès du putsch : Les accusés condamnés solidairement à payer 947 279 507 F CFA à titre de dommages et intérêts aux parties civiles
Procès du putsch du CND : L’audience sur les intérêts civils à nouveau renvoyée au 19 novembre 2019
Procès du putsch : L’audience sur les intérêts civils renvoyée au mardi 29 octobre 2019
Procès du putsch manqué de 2015 : Pour le journaliste Sita Tarbagdo, « les faits sont têtus »
An IV du putsch de septembre 2015 : Déclaration du balai citoyen en cette journée d’unité d’action patriotique
An IV du putsch manqué de septembre 2015 : Des Bobolais prônent la réconciliation nationale
Putsch de septembre 2015 : Quatre ans après, syndicalistes et citoyens se souviennent de la résistance opposée par le peuple
Procès du coup d’Etat : En fuite, Fatou Diendéré et 6 autres écopent de 30 ans de prison ferme
Procès du putsch de 2015 : Fatoumata Diallo, l’épouse du Général Diendéré condamnée à 30 ans de prison fermes
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés