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Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • mardi 24 janvier 2017 à 10h20min
Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

Après le procès des militaires qui étaient poursuivis dans le cadre du projet d’attaque de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), le parquet du tribunal militaire était face à la presse ce 23 janvier 2017. Le commissaire du gouvernement et ses collaborateurs ont fait le point du procès « Ministère public contre Madi Ouédraogo et 28 autres ». Dans l’ensemble, le procès s’est bien déroulé selon Alioune Zanré qui a saisi aussi l’occasion pour dénoncer « certaines informations erronées volontairement distillées ».

« Ce procès à notre sens s’est bien déroulé malgré quelques incidents de procédures inhérents au déroulement normal d’un procès criminel », a introduit le commissaire du gouvernement.

Cependant, Alioune Zanré et ses camarades ont organisé cette conférence de presse pour lever toute équivoque sur un certain nombre d’interrogations sur le déroulement de la procédure ; ainsi que sur un certain nombre d’informations erronées volontairement distillées.

Parmi ces interrogations, la non comparution du Caporal Claude Ido, beaucoup cité par les accusés et en mission onusienne. Il serait un témoin clé selon la défense. Mais pour le commissaire du gouvernement, selon le code de justice militaire, avant l’ouverture des débats, l’inculpé ou son conseil doit notifier au commissaire du gouvernement, par simple notification au greffe, la liste des témoins qu’il désire faire entendre.

Cela n’a pas été fait. « Malheureusement, il n’y a qu’un seul avocat qui a écrit au commissaire du gouvernement le vendredi, alors que l’audience se tenait mardi, pour demander la comparution d’un lieutenant Nana et un autre, pas Ido Claude », a dit Alioune Zanré qui déclare que c’est seulement lors du procès que le nom de Claude Ido a été entendu.

De la non comparution des deux généraux…

Pendant le procès également, le caporal Madi a déclaré qu’un coup d’Etat était ourdi par l’ancien premier ministre Yacouba Isaac Zida et que les généraux Gilbert Diendéré et Pingrenooma Zagré, chef d’Etat-major général des armées à l’époque étaient au courant. La défense avait donc demandé la comparution de ces deux témoins. Mais le président du tribunal, Seydou Ouédraogo n’avait pas jugé utile de les entendre, usant de ses pouvoirs discrétionnaires. Le parquet note qu’il ne s’est pas opposé à la requête de la défense de faire venir les deux généraux.

D’ailleurs, le parquet note que ce procès portait sur le projet d’attaque de la MACA, et pas sur autre chose. S’il y a effectivement eu un projet de coup d’Etat nourri par l’ancien premier ministre, le tribunal n’était pas saisi pour cette cause.

Mais, Alioune Zanré ajoute que c’est possible qu’il y ait eu un coup d’Etat en gestation, mais avorté. Si plus tard, ‘’suffisamment de preuves’’ sont réunies, il n’est pas exclu que cette information fasse l’objet d’investigation. En tout cas, l’élément vidéo remis par l’accusation au président lors du procès et mettant en scène les chefs militaires, n’a rien à voir avec un coup d’Etat déjoué. C’était plutôt une réunion à l’époque où le torchon brulait entre le RSP et l’ancien premier ministre, sous la transition. Foi des conférenciers.

Les prévenus ont-ils été violentés ?

« Négatif », a répondu le Lieutenant-colonel Sam Djiguiba Ouédraogo, commandant le groupement de la gendarmerie départementale de Ouagadougou. C’est lui qui a dirigé les enquêtes. Selon le gendarme, les prévenus ont été bien traités durant l’enquête. Ils ont été nourris et logés dans de bonnes conditions (personne n’a été en cellule). « Nous avons fait appel à un service de prestation alimentaire privé. Ils avaient droit à trois repas par jour, petit déjeuner, déjeuner et diner. Ce sont des gens égarés, mais ce ne sont pas des ennemis, ce ne sont pas des animaux. Je persiste, et je signe qu’ils ont été bien logés et nourris. Le montant de leur alimentation n’est pas moins de 1 million 700 », a-t-il déclaré.

Sur la procédure de l’interrogatoire également, il rassure que cela a été fait suivant les règles. Ce sont des commandants de brigade, expérimentés dans les techniques d’audition qui ont mené la procédure sous son autorité. « Personne n’a été forcé, sous menaces, injures, ou coups, à déclarer ou à signer. Quand on finit, une lecture est faite ». Quand l’accusé n’est pas d’accord avec un mot, une phrase, un paragraphe, c’est repris avant que les deux parties ne signent dans le carnet de déclaration, a poursuivi le lieutenant-colonel.

Ainsi donc, les accusés qui ont déclaré à la barre, avoir passé 72h sans manger ; ou avoir été contraints à signer les procès-verbaux, ne feraient que de la pure délation, selon les animateurs de la conférence de presse.

De l’authenticité de la bande sonore…

C’était l’une des pièces maitresses du dossier. La défense qui a dénoncé cet enregistrement ‘’fantôme’’ dont elle ne connait pas la provenance a demandé son retrait, ce d’autant plus que c’est la retranscription dudit enregistrement et non l’élément sonore qui a été versé dans le dossier.

Mais le commissaire du gouvernement a rassuré de l’authenticité de l’enregistrement. La source est venue dénoncer ses camarades après la réunion du 16. Elle « est d’abord venue se plaindre à la justice militaire, je vous le dis en toute honnête. L’affaire est partie de chez nous. Le tribunal a orienté la source. Il est reparti à la réunion du 19, il a enregistré les preuves. C’est ainsi que nous avons saisi qui de droit pour déclencher la procédure qui donne l’assurance que c’est vrai. Je puis vous donner l’assurance que c’est totalement vrai, je vous le jure », a confessé le commissaire du gouvernement.

Il poursuivra qu’à partir du moment où le participant à une des réunions a eu le courage de dénoncer ses camardes, il est absout, conformément à la loi. C’est d’ailleurs le caporal Madi Ouédraogo qui lors de son audition a ‘’balancé’’ tous ceux quoi ont pris part à la réunion, a indiqué le directeur de l’enquête, avant que le commissaire du gouvernement n’ajoute : « quand vous êtes membre de la bande et que vous venez dénoncer, la loi vous absout avant l’action ».

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 24 janvier 2017 à 10:47, par Ka En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet lève les équivoques et dénonce les informations erronées

    Comme prévu par le peuple et les sondages, ce premier jugement reste un test pour voir la crédibilité et la sincérité d’une justice Burkinabé déjà entachée de corruption et des ordres par ceux qui sont au commande de l’appareil de l’état. Surtout la qualification de la justice a deux vitesse qui reste confirmée par le refus d’un juge de faire témoigner les deux généraux. Rachetez-vous auprès d’un peuple meurtrie et assoiffé d’une justice juste, pour les jugements qui vont suivre, car les 17 millions du peuple Burkinabé vous regardent avec attention. Sans une justice juste et équitable dont les criminels qu’il soit gradé ou responsable d’une institution payent leurs crimes pour soulager les familles des victimes, une classe donnée comme quelques juges corrompus de notre pays, ne pourra pas maintenir sa domination sur un peuple averti.

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  • Le 24 janvier 2017 à 12:41, par Yako En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Mr Ka,ne confondez pas 17 millions de justiciables avec 17 millions de justiciers.Le peuple ne rend pas justice,la justice est rendue en son nom ! C’est comme ça dans les pays normaux .

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    • Le 24 janvier 2017 à 21:50, par Ka En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

      En principe les critiques stériles ne méritent plus aucune réponse de Ka, surtout ceux qui prennent mon pseudo ‘’KA, KAS, AK, Ka asociale’’ pour me nuire et de se faire lire. Mais ayant vu le jour avant toi au pays des hommes intègres, je peux te dire qu’il est ainsi dans ce pays depuis sa création, ‘’’la justice ancestrale a celle du modernisme, il y a toujours eu une similitude. C’est pourquoi j’y crois à l’alternance politique du Burkina avec sa jeunesse qui a dit que rien ne sera plus comme avant : Parmi cette jeunesse, mes enfants, mes nièces et mes neveux dont j’ai élevé, et toutes et tous croient au changement, surtout à la justice actuelle qui mine la réconciliation nationale, le développement, et l’émergence du pays que nous aimons tous. Yako, sauf les imbéciles qui refusent l’alternance politique et le changement avec la jeunesse. Tous changes avec le temps, surtout les gouvernants avec leurs régimes, pour laisser la place à la jeunesse, comme Maurice Yameogo, Sangoulé Lamizana, Zerbo, JB Ouédraogo, Blaise Compaoré, et un jour Roch Kaboré. C’est le destin de tous les pays de ce monde, et aussi de ses peuples : Ce sont à nous de dire la vérité à la jeunesse pour que les imparfaits soient rectifiés pour faire avancer le pays. Le temps passe, les hommes changent, et le monde tourne sans arrêt. Qui que tu sois, accepte l’alternance politique du Burkina avec sa jeunesse, une jeunesse qui à versé son sang dans l’espoir d’un vrais changement. Ne plantez pas des couteaux derrières les dos de nos gouvernants, comme vos ruses de déstabiliser le pouvoir actuel, mais rectifiez leurs mauvais tirs avec vos messages, surtout avec des critiques fondées suivies des argumentations solides qui ne les laisseront pas dormir dans les bureaux.

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  • Le 24 janvier 2017 à 13:36, par Liberté En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Laissez Zanré faire sa chose. Il s’agit de pouvoir "travailler facilement avec le Président" ! Madi a dit sa part de vérité et il a convaincu les esprits lucides : c’est un complot du camp Zida frustré d’avoir échoué à conserver le pouvoir via des assassinats. Un projet d’attaque de la MACA sans un gradé comme le cerveau est une farce. Mais ce qui est interressant dans tout ça c’est que c’est Zida qui mène toujours le jeu.

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  • Le 24 janvier 2017 à 13:58, par grand En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    bonjour.Merci à la justice militaire pour ses informations. Comment manger 3 fois par jour et avec prestataire privé et malgré tout vous mentez..Faisons attention mes freres à la desinformation des uns et des autres.
    Nous sommes prompt à critiquer alors faisons preuve de prudence.

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  • Le 24 janvier 2017 à 14:11, par Romson En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Comme on le dit si bien : "qui s excuse s accuse". La justice militaire a compris que le peuple doute que justice ait été rendue. Selon vos explications le principal témoin est venu voir le tribunal militaire pour dénoncer une opération en préparation. C est ainsi que le tribunal militaire lui a confié la mission d aller enregistrer les conversations comme preuve. Et c est ce qu il a fait. Cette information corrobore avec les propos de Madi selon lesquels l’ordre du jour de la réunion a été modifié par le principal témoin. On voit bien que la thèse du complot est évidente. Moi je me pose ces 2 questions : Pourquoi avoir envoyé le principal témoin en mission tout en sachant que son témoignage est capital pour l éclosion de la vérité ? Pourquoi utiliser un pouvoir discrétionaire pour empêcher le témoignage des généraux alors que leurs témoignages auraient donné plus de crédit à ce procès ?

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  • Le 24 janvier 2017 à 15:07, par sidwaya sorgho gomis En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Mon œil !

    La justice militaire est comme sa consœur "civile". Que valent les "jurements" d’un commissaire du gouvernement après le verdict du procès ?

    C’était beaucoup plus simple et beaucoup plus transparent de faire entendre l’enregistrement sonore original par les avocats des accusés pendant le procès.

    Au lieu d’éclairer le public sur ce qui s’est réellement passé dans cette affaire d’attaque de la MACA, le procès a obscurci davantage la situation.

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  • Le 24 janvier 2017 à 15:26, par Dedegueba SANON En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Y-a-t-il des soldats et des sous officiers dans la composition du tribunal militaire ?
    J’ai le sentiment qu’il est un peu trop facile de juger cette fraction de l’armée.
    Les têtes couronnées de la grande muette, en cas de deli, sont plus difficiles à juger on dirait ?
    Au fait que devient la taupe du CND ? Je veux parler du Colonel PARE ?

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  • Le 24 janvier 2017 à 20:00, par warzat En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    On a compris que de fausses informations étaient servies à tout va. Merci pour être resté droit dans vos bottes et d’apporter le démenti maintenant et non à chaud. Du reste, le passé récent et actuel, vous donne raison pour avoir refilé la patate chaude’’SORO Guillaume’’ à la justice de son pays, et ce malgré les écrits de faux pseudo patriotes de courte vue, se mêlant de tout sans diplomatie. Bon vent à vous, faites l’effort d’être juste, ce sont des frères qui ont fauté, notre pardon à tous les attend. Aimons nous les uns les autres.

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  • Le 25 janvier 2017 à 09:03, par Pathe Diallo En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Un procès totalement baclé qui ne révèle rien du tout à part la volonté des autorités d’aller vite, de comdamner des gens pour calmer le peuple ! Même pour un juriste débutant il est clair qu’il y a des témoins clés dont la comparution était inévitable si on veut tout savoir. Ensuite, des enregistrements sonores non identifiés par un expert neutre et qui n’ont jamais été mis à la disposition de la défence. Dans tout procès et quel que soit le système judiciaire les preuves doivent être communiquées par les parties à temps et permettre à chaque partie de les contester, c’est une règle élémentaire du Droit Pénal ! Il n’y a pas de doute que si les condamnés font appel et finissent par porter le dossier au niveau des juridictions sous régionales ou régionales, l’Etat burkinabe sera une fois de plus condamné.

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  • Le 25 janvier 2017 à 15:44, par Sidpawalmdé En réponse à : Procès du projet d’attaque de la MACA : Le parquet dénonce les informations erronées

    Quoi !!! 1 million 700 pour nourrir des gens qui pensent qu’à nous tuer !!! Tchurr, pardon utiliser plutôt l’argent du contribuable pour développer le pays.

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