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Célébration de l’Indépendance : Sya à J -5

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso • • dimanche 5 décembre 2010 à 23h35min

Longtemps annoncée, toujours attendue, souvent avec beaucoup d’impatience, la fête du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina est enfin là. Un grand évènement en perspective, au regard du programme d’activités élaboré par le Comité national d’organisation, de la présence annoncée de fortes délégations étrangères au nombre desquelles des chefs d’Etat, et enfin des investissements colossaux faits par le gouvernement pour le succès de la manifestation.

Désignée pour abriter cette commémoration, Bobo- Dioulasso est en train de changer de look, au regard bien sûr des nombreuses infrastructures réalisées dans le cadre de ce cinquantenaire. Travaux de bitumage ; construction d’un monument et de logements ; réhabilitation d’infrastructures ; éclairage public ; aménagement paysager, embellissement, etc. A quelques jours du lancement officiel des activités et de l’arrivée des délégations nationales et étrangères, nous avons effectué un tour sur les différents chantiers. Constat.

Le top de départ, presque simultané, des différents travaux de construction d’infrastructures dans le cadre des préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance avait laissé de nombreux Bobolais dans le doute. Certains se demandaient encore si les entreprises en charge des travaux seraient dans les délais, compte tenu de l’immensité de certains ouvrages et de la diversité des projets à réaliser.

Parmi différents chantiers entrant dans le cadre du cinquantenaire et qui ont vu le jour après le lancement officiel des travaux par le chef de l’Etat, Blaise Compaoré, le 19 mars 2010 au stade Wobi, les infrastructures de logement. Deux sites ont été dégagés pour ce faire. D’abord, la Cité des forces vives, située dans la périphérie nord de la ville sur l’axe Bobo-Faramana. Près de six cents villas devraient être réalisées dans cet espace viabilisé par la SONATUR.

Mais à la date du 1er décembre, c’est environ 350 propriétaires qui s’apprêtent à remettre les clés de leur appartement à la commission Hébergement du Cinquantenaire. Sur le chantier que nous avons visité en effet, des villas complètement achevées et entièrement équipées n’attendent plus que leurs premiers occupants. Pendant ce temps, d’autres s’affairaient encore au débarquement et à l’installation du mobilier (lits, tables à manger, fauteuils, rideaux, etc.).

Plusieurs autres bâtiments au cours de notre passage, en fin de semaine dernière, étaient en phase de finition avec les dernières tâches relatives au carrelage, à la peinture, à l’étanchéité, à la vitrerie, etc. Engagés dans une course contre la montre, ces ouvriers ou même ces rares propriétaires que nous avons trouvés sur place se refusaient à nous accorder la moindre minute pour une quelconque interview. Même si certains faisaient l’effort de répondre brièvement à nos questions.

Notre enquête sur le site allait nous conduire cette fois vers cette troisième catégorie de chantier où les travaux ne semblaient qu’à leur début. Des villas inachevées et même abandonnées qu’on peut voir en plusieurs endroits, encastrées souvent entre de rutilants duplexes. Ces constructions, malheureusement, sont hors délai et il faudra encore plusieurs semaines pour voir la fin des travaux.

Des chantiers inachevés

Ce qui n’est pas pour plaire au comité d’organisation, qui dénonce le non-respect des cahiers des charges par certains promoteurs. « Nous avons posé des conditions avant l’attribution de ces parcelles. Chacun a pris connaissance du cahier des charges et ceux qui ne sont pas dans les délais seront obligés de payer leur parcelle au prix de la Sonatur. Pour nous, il était seulement question de nous remettre les clés de la maison au plus tard le 15 novembre.

Même que ce délai a été prolongé de quelques jours, mais on se rend compte que des villas ne peuvent pas être livrées », a déclaré le gouverneur de la région des Hauts-Bassins et président du comité régional d’organisation. Sur le chantier pourtant, certains dénoncent les nombreux problèmes, indépendants de leur volonté, qui ont émaillé la conduite des travaux.

Pour Ladji Diané Batiémoko, « le début des chantiers a surtout coïncidé avec la saison pluvieuse. Moi personnellement, j’ai fait reprendre le coulage du béton à trois reprises parce que j’ai toujours été victime des dégâts occasionnés par la pluie. Un autre problème et pas des moindres, c’est la pénurie de ciment que nous avons subie pendant une longue période. Le produit est réapparu encore plus cher et cela a provoqué des grincements de dents chez des propriétaires.

A un moment donné, la plupart des chantiers étaient bloqués ou tournaient simplement au ralenti ; et maintenant, on se voit obligé d’accélérer les travaux pour être dans les délais. Le travail de maçonnerie obéit pourtant à des règles. Je crois qu’il faut tenir compte de tout ça pour offrir des infrastructures de qualité ».

Considérée comme l’un des projets phares du Cinquantenaire dans la ville de Sya, la Cité des forces vives a mobilisé plusieurs centaines d’ouvriers, toutes catégories confondues. Mais seulement, les relations n’ont pas toujours été au beau fixe entre employés et employeurs. Et ceci pourrait aussi être l’une des causes du retard accusé dans l’exécution de certains ouvrages.

Sur son chantier à mi-parcours, Paul Tira nous apprend que l’entreprise pour laquelle il travaille a toujours opté pour le paiement hebdomadaire et même mensuel des ouvriers. « Je ne comprends pas pourquoi les gens refusent de travailler dans ces conditions et exigent des traitements journaliers. Chaque fin de mois, l’entreprise procède généralement au traitement salarial du personnel, y compris les ouvriers que nous engageons sur les différents chantiers. Nous n’avons pas été compris à Bobo et c’est ce qui explique le fait que nous n’avons pas pu conduire ce projet à terme », nous a-t-il confié.

A écouter certains ouvriers cependant, de nombreux responsables en charge des travaux ne tiennent pas toujours leurs engagements. « Souvent nous travaillons des jours et des jours et pour nous faire payer, c’est tout un problème. Plusieurs entreprises ont disparu ici sans verser le moindre sous aux ouvriers qu’elles ont engagés. Maintenant les gens restent prudents et exigent leur argent au jour le jour », nous apprend un groupe de travailleurs. Même si le taux de réalisation, en ce qui concerne les infrastructures d’accueil, reste encore en deçà des prévisions, on peut dire que la question de logement n’est plus une préoccupation pour le comité d’organisation.

Car, en plus des 350 villas de la Cité des forces vives, des 10 000 lits répertoriés dans les hôtels et autres sites d’hébergement de la ville, s’ajoutent désormais 12 autres villas de grands standings avec des annexes, et destinés aux chefs d’Etat et leurs délégations qui effectueront le déplacement de Bobo ce week-end. Sis à Lafiabougou, à proximité du pied-à-terre du président du Faso, ces logements de types présidentiels sont en phase de finition. Des ouvriers qui s’y activent jours et nuits espèrent au moins, nous dit-on, assurer l’essentiel avant l’arrivée des hôtes.

Bobo dans ses habits neufs

Au moment où nous quittions les lieux vendredi dernier, il y avait encore du travail à faire en matière d’installation de sanitaires, d’équipement, d’embellissement (jardinage), de bitumage des ruelles et de biens d’autres travaux.

« Il n’est plus possible pour nous de faire le pavage ou de planter des fleurs pour embellir ses villas. Mais je crois savoir que des dispositions sont prises pour aménager les espaces intérieurs afin d’éviter la poussière et autres désagréments », nous dit un ouvrier qui a requis l’anonymat. Car, à la cité présidentielle, les consignes étaient bien strictes et personne n’était habilité à nous recevoir, encore moins à nous donner la moindre information sur l’état d’avancement des travaux.

Le moins que l’on puisse dire est que la semaine qui commence s’annonce décisive pour le comité d’organisation, mais aussi pour la ville de Sya qui est en train de faire sa toilette. Le bitumage, l’éclairage et l’embellissement de trois principales artères de Sya (avenue de la Nation, avenue de la Liberté et avenue Sakidi-Sanou à Dioulasso-Ba) constituent des signes annonciateurs d’une grande fête.

Mais, c’est surtout le déversement d’une nouvelle couche de bitume enrobée, suivi de la matérialisation tout le long du grand boulevard qui retient beaucoup l’attention de la population. Notamment dans son prolongement vers l’Ouest où sont en train d’être installées les tribunes et où se dérouleront les moments forts de la grande parade du 11-Décembre. Le bitumage de la route de Faramana, allant du boulevard jusqu’au poste de police, n’est pas à négliger. Et ce, d’autant plus qu’il devra permettre de rallier facilement la Cité des forces vives au centre-ville de Bobo.

Le monument du cinquantenaire, l’hôtel administratif, le marché de fruits et l’aéroport international de Bobo sont également des infrastructures qui ont été réalisées ou réhabilitées dans le cadre du cinquantenaire et qui ouvriront officiellement leurs portes au cours de la semaine. Pour le comité d’organisation, les choses sérieuses semblent avoir déjà commencé et les jours qui nous séparent du 11-Décembre seront déterminants pour faire de cette commémoration un moment inoubliable pour les Burkinabè et les milliers d’invités attendus à Sya.

Jonas Apollinaire Kaboré

L’Observateur Paalga

Vos commentaires

  • Le 6 décembre 2010 à 10:22, par cool En réponse à : Célébration de l’Indépendance : Sya à J -5

    Moi personnellement rien de tout ça ne m’étonne ! Ces retards montrent encore un fois un manque de rigueur, d’anticipation et de prévoyance de la part de tous les acteurs de ce projet. Encore des gens qui n’ont pas fait leur boulot comme d’habitude. C’est dommage qu’on soit toujours dans l’à peu près pour des choses aussi simples.
    Au delà de ces festivités là même ! il n y a aucun débat de prévu pour que les burkinabè puisse discuter des 50 ans de pseudo indépendance ! Nous passeront comme toujours à côté de l’essentiel, noyé dans des discours et des festivités.
    Pauvre de nous !!!!!!!!

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    • Le 6 décembre 2010 à 17:52 En réponse à : Célébration de l’Indépendance : Sya à J -5

      cher(e) Cool, vous avez tout dit mais je vois que vous êtes un "homme d’espoir" et c’est ce que veut notre président.

      Vous voulez qu’il y ait des débats sur les 50 ans de ce pays ???? Haaa vous RÊVEZ !!!

      Au MALI, au TCHAD, etc... des débats ont eu lieu EN DIRECT sur RFI. c’était CHAUD mais c’était FANTASTIQUE. Les gens se sont parlés face à face....

      Ici au FASO, chose IMPOSSIBLE. RFI l’a longtemps annoncé mais RIEN DU TOUT.

      A moins qu’on ne dise : SEULEMENT et UNIQUEMENT la période 1960 (ou depuis 1900 si vous voulez) au 31 JUILLET 1983 celui qui se trompe de date c’est CENSURE. Et GARE à RFI si jamais.... N’GAO.

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  • Le 6 décembre 2010 à 18:27 En réponse à : Célébration de l’Indépendance : Sya à J -5

    Comme d’habitude, c’est le désordre dans le travail. Pas mal de chantiers resteront inachevée. Et, à propos, que devient les finitions de l’aéroport de Ouaga qui n’avancent plus depuis plusieurs mois ? De qui se moque t’on ? Pas du tout honorable pour un pays qui veut devenir émergent !
    Avec la crise ivoirienne, est-ce souhaitable de fêter ce 11 décembre à Bobo les 50 ans d’indépendance du Burkina si le pays venait à s’embraser.
    Enfin, je considère qu’on gaspille énormément d’argents pour cette fête qui aurait été plus utile pour développer ou créer des PME ou des industries dans ce pays qui en manque cruellement. A croire que nous sommes que des cigales et non des fourmis dans ce pays... et, après, on fera encore la manche à l’international pour quelques subsides !

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