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Du rang du chef de file de l’opposition dans le protocole d’Etat

Accueil > Actualités > Opinions • • mardi 8 juin 2004 à 07h37min

Le débat qui se mène actuellement sur la lettre d’information du président de l’Assemblée nationale au président de l’ADF-RDA sur le fait qu’il soit le chef de file de l’opposition, est un débat insensé du moment où il ne devrait pas avoir lieu :

1 - Il ne devrait pas avoir lieu parce que la référence à la désignation du chef de file de l’opposition, c’est d’abord et avant tout "les dernières élections législatives", c’est-à-dire les élections législatives du 5 mai 2002 où l’ADF-RDA est le deuxième parti, après le CDP majoritaire, et le premier parti avant tous les autres partis de l’opposition, pour avoir eu 17 députés ou 17 élus.

Relisons sans cesse ce que dit la loi 007-2000/AN du 25 avril 2000 en son article 12 :

"Le chef de file de l’opposition est le premier responsable du parti de l’opposition ayant le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale.

En cas d’égalité de sièges, le chef de file de l’opposition est le premier responsable du parti ayant totalisé le plus grand nombre de suffrages exprimés aux dernières élections législatives", (souligné par moi).

Le nomadisme politique qui a été constaté avec le départ de 7 députés ou de "7 élus ADF-RDA" au parti UNDD, après le débarquement de maître Hermann Yaméogo de la tête de ce parti, est un phénomène qu’on ne doit même pas prendre en compte ici car, si cela devrait être le cas, on changerait à tout moment, le chef de file de l’opposition au gré des humeurs ou des intérêts des députés ou des élus.

L’UNDD n’ayant pas pris part aux dernières élections législatives, c’est le détournement des sièges acquis par l’ADF-RDA à son profit que l’on doit plutôt condamner pour une moralisation de la vie politique nationale. Sinon, comment peut-on tolérer que des gens qui ont été élus "éléphants" se transforment en "lions" ou en "chacals" ? trahissant ainsi le choix et la volonté du peuple.

C’est cette trahison du peuple et du parti que l’ex-président de l’ADF-RDA, maître Hermann Yaméogo, voulait éviter à l’approche des élections législatives du 5 mai 2002, lorsqu’il a fait signer un engagement à tous les postulants à la candidature à la députation. Engagement selon lequel personne ne devrait trahir le parti de l’ADF-RDA une fois élu député sous la bannière de celui-ci.

Qu’a-t-il fait de ces engagements signés en son temps par tous les candidats ADF-RDA, lui-même y compris ? Le peuple a de la mémoire !

2 - Le débat ne devrait pas avoir lieu parce que la lettre du président de l’Assemblée nationale n’est qu’une lettre d’information, pour lever tout équivoque, de ce que la loi dispose, et non un décret de nomination du chef de file de l’opposition !

D’ailleurs, le décret qui doit être pris au terme de la loi désignant le chef de file de l’opposition est un décret qui doit définir le rang du chef de file de l’opposition dans le protocole d’Etat, c’est-à-dire la place qu’il doit occuper lors des cérémonies et subsidiairement de quels autres avantages matériels ce rang lui conférera ?

Article 13 de la loi 007-2000/AN du 25 avril 2000 :

"Le chef de file de l’opposition prend place dans le protocole d’Etat lors des cérémonies et des réceptions officielles".

C’est donc un décret qui relève de l’exécutif qui doit être pris pour préciser cette disposition ci-dessus, et le président de l’Assemblée nationale n’a pas pris de décret et n’a donc pas outrepassé ses prérogatives (comme le soutient maître Sankara Bénéwendé sur les antennes de la Radiodiffusion nationale du Burkina, le vendredi 4 juin 2004 à l’édition de 13 heures) en informant maître Gilbert Noël Ouédraogo de sa qualité de chef de file de l’opposition, qualité que lui confère la loi.

Alors, que le décret qui définit le rang du chef de file de l’opposition dans le protocole d’Etat vienne pour qu’on en finisse ! Décret qu’Hermann Yaméogo de l’ADF-RDA en son temps, avait réclamée en vain.

3 - Le débat ne devrait pas finalement exister parce que la détermination d’un parti en tant que parti d’opposition ou parti de la mouvance présidentielle et..., que sais-je encore, est une question qui relève de la souveraineté de chaque parti qui élabore ses tactiques et ses stratégies pour la conquête du pouvoir d’Etat. Ce ne sont pas les champions de la "démocratie consensuelle" ou de "l’opposition participative" qui me contrediront, eux qui ont intégré les différents gouvernements de l’ODP/MT-CDP qu’ils ont souvent baptisés de "gouvernement d’union" de "gouvernement de protocole" ou de "gouvernement intelligent".

Un conseil aux opposants dits "vrais" :

Ils gagneraient à travailler dans la mobilisation des masses laborieuses pour leur cause afin de gagner des élections, comme le leur a conseillé son "éminence" Halidou Ouédraogo du "pays réel", au lieu de rabâcher les oreilles des paisibles citoyens de Ouagadougou sur des faux problèmes qu’ils soulèvent à tout moment, au motif qu’ils sont des "juristes" et que c’est eux-seuls qui savent lire les textes.

A bon entendeur, salut !

Ouagadougou, le 5 juin 2004

Issiaka Barrou TOURE

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