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Affaire Norbert Zongo :« Les faits nouveaux » de Robert Ménard

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Norbert Zongo • • jeudi 26 octobre 2006 à 12h23min

Robert Ménard

Le 20 octobre 2006, au cours d’une conférence de presse donnée au centre de presse Norbert ZONGO, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard déclarait : « Nous avons remis au procureur du Faso des éléments nouveaux à même de faire rouvrir le dossier Norbert ZONGO ».

Selon lui, ces éléments nouveaux proviennent d’un pré rapport de la CEI qu’ils auraient édulcoré pour avoir le consensus afin de pouvoir le remettre au Premier ministre.

A vrai dire, les journalistes de la presse nationale et internationale ont été effarés par cette sortie du Secrétaire général de RSF. Alors que l’on s’attendait à un véritable scoop à l’annonce de cette conférence de presse, MENARD n’y fait que servir du verbiage suivant : « ...Selon l’article 189, il faut des éléments nouveaux pour réouvrir le dossier. Il y a un élément nouveau.

Cet élément nouveau, c’est que le rapport que vous avez, (NDLR le rapport de la Commission d’enquête indépendante (CEI) le rapport que vous avez entre les mains, le rapport avec lequel le juge d’instruction a travaillé, ce rapport que vous connaissez et qui a été remis au Premier ministre le 7 mai 1999 n’est pas le bon rapport de la Commission d’enquête indépendante. Ce rapport, il a été bouclé le 3 mai. Le 26 avril, on a écrit un premier rapport.

Ce premier rapport qui est là, on s’était engagé, un certain nombre d’entre nous à ne pas y faire allusion pour deux raisons : D’une part parce qu’on avait donné notre parole de ne pas le faire, et d’autre part parce que, quand ce pré rapport a été écrit et fini le 26 avril, on a eu l’imbécillité les uns et les autres de croire que pour requérir l’unanimité des membres de la commission, il fallait revoir à la baisse, un certain nombre des considérants de ce rapport, et des conclusions du rapport.

On a passé trois semaines à discuter pour trouver un consensus avec des gens qui n’avaient pas l’intention de signer ce rapport et d’ailleurs qui ne l’ont pas signé. On a donc épuré, édulcoré ce rapport d’un certain nombre de points qui étaient essentiels. C’est-à-dire que depuis 8 ans, les gens qui travaillaient sur le rapport remis au Premier ministre n’est pas le bon rapport, mais un rapport édulcoré... » a déclaré Robert MENARD. Cette nouvelle a laissé pantoise toute l’assistance.

Et MENARD de continuer : « Aujourd’hui, parce qu’il y a le non-lieu, j’estime, et je crois ne pas être le seul dans la Commission que la parole que j’avais donnée concernant la première et la seule bonne version de rapport ne tenait plus. Je pense qu’il y a un tel déni de justice aujourd’hui avec le non-lieu que je me sens relevé de l’engagement qui était le mien.

Je vous ai amené les deux versions des conclusions du rapport officiel celui remis au Premier ministre, et le « véritable » rapport. Vous verrez à la lecture à quel point ces deux documents sont radicalement différents »...
Des deux documents remis à la presse, l’on retient qu’ils tiennent sur deux pages et demi, intitulés, passage présents dans la version du 26 avril 1999 du rapport du CEI mais supprimés dans la version publique du 7 mai 1999. Dans ces pages y figurent des parties des auditions de M. François COMPAORE, relatives au vol de numéraires à son domicile (la première page).

La deuxième page quant à elle contient des parties des auditions de Oumarou KANAZOE et intitulée : les contre-vérités d’Oumarou KANAZOE. Passages dans lesquels Oumarou KANAZOE dit avoir rencontré un certain nombre de personnes de l’entourage de Norbert ZONGO pour le convaincre « de mettre un peu d’eau dans son vin par rapport à l’affaire David OUEDRAOGO ». Au cours de la conférence de presse le Secrétaire général de RSF a soutenu également que le terrain international de l’affaire Norbert ZONGO ne sera pas abandonné.

A ce sujet il dira : « Reporters sans frontières va saisir et on est en train de voir, si l’on peut saisir deux instances précisément qui peuvent être saisies aujourd’hui, c’est d’abord la cour africaine des droits de l’homme, qui a été mis en place en juillet dernier. Il n’y a pas de jurisprudence, on va voir si c’est possible. La deuxième juridiction c’est celle qui dépend de la CEDEAO, là il y a une jurisprudence et on va voir avec Me SANKARA, ce qui est possible de faire.

S’il y a un terrain qu’il ne faut pas abandonner, c’est bien le terrain international. Mais il faut le dire, c’est d’abord une affaire burkinabè, et plus elle s’éloigne de Ouaga, moins elle a du poids. Tout ça, c’est trop compliquer et à l’étape actuelle, il est difficile de dire ce qu’on peut faire et ce qu’on va faire... ».

Une chose est sûre la sortie de Robert MENARD le 20 octobre dernier a surpris plus d’un journaliste d’autant qu’elle n’aura rien apporté de nouveau au dossier Norbert ZONGO si ce n’est qu’elle remet au grand jour la pagaille qui a régné au sein de cette CEI.

Ce prétendu « vrai rapport » a-t-il eu l’assentiment des autres membres de la commission ? Pourquoi le document ne porte pas le sceau de la commission d’enquête mais celui de Reporters sans frontières ? Quelle valeur a aujourd’hui ce soit-disant vrai rapport ? Pourquoi avoir remis « un faux rapport » aux autorités ? La commission ne donne t-elle pas raison à ceux qui soutiennent qu’elle a fait un travail bâclé ? Autant de questions auxquelles MENARD n’a pas trouvé de réponse.

Hélas. Comme l’a dit quelqu’un, cette sortie de RSF n’est qu’un coup de pub et cela embrouille davantage les pistes dans l’affaire Norbert ZONGO. Le procureur général et le procureur du Faso n’ont pas tardé à répondre puisque dès le samedi 21 octobre, à leur tour, ils ont rencontré la presse pour donner leurs lectures des « faits nouveaux » apportés par MENARD.

Par Frédéric ILBOUDO
L’Opinion

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